The King of New York (1990) : le test complet du 4K UHD

King of New York

Édition Prestige limitée - 4K Ultra HD + Blu-ray + goodies

Réalisé par Abel Ferrara
Avec Christopher Walken, David Caruso et Laurence Fishburne

Édité par Carlotta Films

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Le 17/11/2021
Critique

La première édition 4K UHD d’un des chefs-d’oeuvre d’Abel Ferrara vient enrichir la collection des Éditions Prestige de Carlotta Films.

The King of New York

Frank White, une figure du crime organisé de New York, sort de prison. Il affiche aussitôt ses ambitions : imposer sa suprématie aux autres gangs et influer sur la politique de la ville en proposant de financer la construction d’un hôpital pour les déshérités. La pègre et la police n’entendent pas lui faciliter la tâche…

The King of New York(King of New York), sorti en 1990, met en images un scénario de Nicholas St. John, fidèle complice d’Abel Ferrara pendant 20 ans, depuis son premier long métrage tourné en 1976 (complètement oublié, mais dont le titre ne laisse aucun doute sur son contenu : 9 Lives of a Wet Pussy), jusqu’à Nos funérailles (The Funeral, 1996). Des dialogues percutants et particulièrement bien écrits soutiennent un récit crédible, chronologique, dont la construction se soumet à la règle des trois unités du drame classique.

Si on me donne deux ans, je ferai de grandes choses

The King of New York a, pour moi, donné son meilleur rôle à Christopher Walken. Présent dans presque tous les plans, il est, tour à tour, un charmeur à l’irrésistible sourire, un manipulateur chafouin, un tueur au regard froid d’un oiseau de proie. Alors qu’il est seul, à 85’, un gros plan surprenant montre son visage empreint de tristesse, révélant la fragilité, jusque-là insoupçonnable, du personnage. Peut-être pense-t-il à ce moment-là qu’il n’aura pas la chance de réaliser son rêve…

Lui donnent la réplique des acteurs encore assez peu connus en 1990 : Laurence Fishburne dans l’interprétation haute en couleurs d’une grosse brute à la démarche chaloupée, Steve Buscemi, dit « Test tube », infaillible dans l’analyse de la pureté de la drogue et, dans le rôle des flics, David Caruso et Wesley Snipes, tous deux favorables à l’emploi de la manière forte, alors que Victor Argo, acteur aux cent films, flic de la vieille école, prône le respect des procédures.

The King of New York

The King of New York ajoute à un bon scénario, à d’excellents dialogues, à un casting de première classe, la photographie de Bojan Bazelli, magnifiquement éclairée, dans les extérieurs comme dans les intérieurs, avec des temps forts : la scène filmée dans un cinéma en pleine projection du Nosferatu, une symphonie de l’horreur de Murnau (Nosferatu, eine Symphonie des Grauens, 1921) ou les longues séquences de nuit, sous la pluie, près des piles du Brooklyn Bridge.

L’efficacité des scènes d’action, souvent très violentes (justifiant l’interdiction aux moins de 16 ans), est accentuée par un montage nerveux, comme celui de cette courte scène de la fin de l’enlèvement de Frank par la police, à 42’, ou du sanglant règlement de comptes à Chinatown. La poursuite en voiture dans les rues de New York mérite de figurer dans les anthologies, auprès de celle de Bullitt (Peter Yates, 1968) dans les rues de San Francisco.

Cette réédition de The King of New York devient le volume 16 de la collection Les Éditions Prestige Limitées, lancée par Carlotta Films en juin 2018 avec De Palma, un passionnant documentaire sur l’auteur de Carrie et Scarface réalisé en 2015 par Noah Baumbach et Jake Paltrow et Cinq et la peau, un bel hommage à Pierre Rissient, salué par le Prix curiosité décerné par le jury Blu-ray/DVD du Syndicat Français de la Critique de Cinéma et des films de télévision.

The King of New York

Généralités - 3,5 / 5

The King of New York (103 minutes) et ses suppléments (55 minutes) tiennent sur un disque 4K UHD et sur un Blu-ray BD-50, les deux avec le même contenu, logés, comme tous les autres titres de la collection, dans un solide boîtier de carton.

Le menu fixe et musical propose le film dans sa version originale, en anglais, avec sous-titres optionnels, et le choix entre deux formats audio, DTS-HD Master Audio 5.1 ou 2.0 stéréo, ainsi que dans un doublage en français DTS-HD MA 2.0.

À l’intérieur du boîtier, six lobby cards (17 x 13 cm), un pin’s (ou épinglette) doré et émaillé et une réduction au format 53 x 28 cm de l’affiche française avec le titre « The King of New York ». Serait-ce une règle d’ajouter l’article quand il ne figure pas dans le titre original alors qu’il est le plus souvent supprimé dans le titre français, par exemple pour The Abyss, The Alamo, devenus Abyss, Alamo.

The King of New York

Bonus - 3,5 / 5

Sont repris les deux compléments exclusifs produits par Carlotta Films pour l’édition Blu-ray de 2012.

Possession (28’, en anglais, sous-titré). Abel Ferrara rappelle que le personnage de Frank White a été inspiré par des figures du crime organisé de New York, d’ascendance italienne, John Gotti et Joey Gallo qui, après avoir amassé une fortune avec le trafic du crack, se pavanaient dans des clubs luxueux et des limousines allongées. Un pitch sur deux pages a suffi pour convaincre Nicholas St. John d’écrire le scénario. Le budget de 6 à 7 millions de dollars a, notamment, permis à Bojan Bazelli de peaufiner les éclairages. La platitude de certaines questions de Nicole Brenez, auteur de deux ouvrages sur Abel Ferrara, dont Abel Ferrara, Le mal mais sans fleurs (Cahiers du Cinéma, 2008), nous laisse un peu sur notre faim.

Entretien avec Augusto Caminito, producteur du film (20’, en français). Le producteur italien, scénariste à ses heures, a laissé à Abel Ferrara une plus grande liberté que celle que lui auraient concédée des producteurs américains. Il a été impressionné par le professionnalisme de l’équipe du film et la maîtrise d’Abel Ferrara qu’il a pu tester en passant beaucoup de temps avec lui sur le moniteur vidéo. Le film a été entièrement tourné à New York, certaines scènes sans autorisation administrative, « à l’italienne ». Le film n’a pas connu, à sa sortie aux USA et en Italie, le succès espéré. Mais la rentabilité de l’investissement a finalement été assurée par sa diffusion télévisée et les éditions vidéo.

Bandes-annonces du film : quatre, d’une durée cumulée de 7 minutes.

Spots TV (1’).

The King of New York

Image - 5,0 / 5

L’image de l’édition Blu-ray de 2012 (1080p, AVC) méritait tous les superlatifs avec un surprenant piqué, sans lissage artificiel, assurant une parfaite lisibilité et une exceptionnelle profondeur de champ, y compris dans les nombreux plans tournés la nuit, sous une pluie battante.

La remasterisation HEVC, Dolby Vision, HDR-10, après numérisation 4K du négatif original, opérée par Arrow Films, avec l’approbation d’Abel Ferrara et du chef-opérateur Bojan Bazelli, a permis de tirer le meilleur profit du 4K UHD pour affirmer encore la définition, affiner les couleurs, accentuer la profondeur des noirs.

The King of New York

Son - 5,0 / 5

Le remixage DTS-HD Master Audio 5.1 (le film est sorti en salles en Dolby SR) de la version originale, concentré sur les enceintes frontales, procure néanmoins pour certaines scènes d’action en extérieur, une bonne immersion dans l’ambiance, cohérente à défaut d’être spectaculaire. Une alternative DTS-HD MA stéréo est proposée pour les installations sans décodage multicanal.

Les dialogues sont agréablement priorisés dans un bon équilibre avec l’illustration musicale qui associe la quiétude de l’adagio de L’Automne des Quatre saisons d’Antonio Vivaldi aux interjections du rap de Schoolly D. et à la partition originale de Joe Delia, compositeur choisi par Abel Ferrara pour une grande partie de ses films.

Le doublage en français, un peu étriqué, avec un effet immersif nécessairement limité et des dialogues peu naturels, un peu mats et placés trop en avant, n’a pas été pris en compte pour l’attribution de la note.

Crédits images : © 1989 MEDIASET / CAPRICORNE FILM. Tous droits réservés.

Configuration de test
  • Vidéo projecteur SONY VPL-VW790ES
  • Sony UBP-X800M2
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

5,0
5
2
4
0
3
0
2
0
1
0

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Philippe Gautreau
Le 18 novembre 2021
Avec un solide scénario, d’excellents dialogues, un casting de première classe, et une photographie inspirée et valorisée par un premier transfert 4K UHD, ce grand film d’Abel Ferrara, sublimé par l’interprétation de Christopher Walken, trouve une place méritée dans la collection Les Éditions Prestige Limitées, lancée par Carlotta Films en 2018.
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Aliocha
Le 6 septembre 2021
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