Miss Fisher enquête - Saison 1 (2012) : le test complet du DVD

Miss Fisher's Murder Mysteries

Réalisé par Tony Tilse
Avec Essie Davis, Nathan Page et Hugo Johnstone-Burt

Édité par Koba Films

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Le 10/09/2013
Critique

En plein coeur des années folles, à Melbourne, Miss Fisher, jeune femme riche et pleine de charme, décide de devenir détective privé pour s’occuper et aider la police à élucider les crimes les plus mystérieux. Ce qui n’est pas sans agacer l’inspecteur Robinson. Aux rythmes effrénés des clubs de jazz, elle s’amuse à faire tourner la tête des hommes… et à inquiéter les meurtriers !

Phryne Fisher (prononcer Fra-i-ni), l’héroïne de la série Miss Fisher enquête est en Australie l’alter ego en jupons de Sherlock Holmes ou d’Hercule Poirot. En jupons, pas toujours… Phryne, en femme émancipée des années 20, coiffure à la garçonne et chapeau cloche, troque souvent la robe pour le pantalon, porte un revolver, sait piloter un avion et lancer le poignard, poursuit les criminels jusque sur les faîtes des immeubles. Célibataire endurcie, elle rate pourtant peu d’occasions de sacrifier sans chichis sa vertu aux plaisirs charnels.

Si les intrigues policières écrites par la romancière Kerry Greenwood ne renouvellent pas vraiment le genre, le soin apporté à l’écriture des dialogues, à la reconstitution des années folles, à la direction des acteurs et à la photographie, assure la réussite de cette première adaptation pour la télévision.

Impossible de trouver la moindre faute de goût dans le choix des immeubles et des intérieurs où l’art déco se mêle à l’art nouveau, dans le choix du mobilier, des costumes, en particulier ceux de l’héroïne, des accessoires, des plus imposants comme l’orgueilleuse (et française !) Hispano Suiza construite en 1919 jusqu’aux plus modestes (révélés dans les suppléments à l’occasion d’une visite guidée de la cuisine).

Essie Davis incarne Phryne Fisher avec un dynamisme qui ne paraît jamais forcé. Face à elle l’inspecteur Jack Robinson, d’abord exaspéré par le sans-gêne de Phryne, la première arrivée sur les scènes de crime, fourrant son nez partout, découvrant avant tous les autres les indices essentiels, finit par accepter de bonne grâce son aide et même par tomber sous son charme. Tomber, mais sans succomber ! Ses principes l’en empêchent : il est un homme marié, bien que sa femme l’ait abandonné depuis des lustres pour retourner dans sa famille en Angleterre.

Cette relation amoureuse contrariée par des interdits moraux concerne également deux autres personnages de Miss Fisher enquête, délicatement interprétés : Dot, la gouvernante de Phryne et Hugh, le policier en uniforme qui seconde Jack. Il est protestant, elle est catholique ! Les deux intrigues amoureuses, subtilement épiées par la caméra, contribuent efficacement au charme de la série.

La maîtrise du photographe Roger Lanser, révélé dès sa collaboration avec Kenneth Branagh pour trois films remarqués, Peter’s Friends, Beaucoup de bruit pour rien et A Midwinter’s Tale, s’exerce dans des environnements très divers, de jour comme de nuit, dans des intérieurs cossus comme dans l’univers du cirque, en extérieur comme dans l’éclairage artificiel des cabarets.

Miss Fisher enquête est une plaisante découverte et un plaisir qui sera renouvelé puisqu’à l’heure précise où s’écrivent ses lignes la diffusion de la saison 2 sur la chaîne ABC1 part pour 13 nouveaux épisodes.

Technique - 9 / 10

Le test a été effectué sur un check disc. Le graphisme du menu et du générique est dans le style art déco (à l’image du portrait de l’héroïne qui s’affiche sur le coffret) sur fond d’airs de jazz des années folles, qui illustrent aussi toute la série.

À côté de la version originale, plus subtile (et la seule à pouvoir confronter l’accent british de Phryne à l’accent « aussie » parfois appuyé des autres protagonistes), un doublage en français. Les deux versions sont au même format DD 2.0 stéréo. Dommage que la France soit exclue de la distribution sur Blu-ray, disponible dans les pays anglo-saxons.

Des suppléments assez généreux ont été logés sur le DVD 4 :

Les acteurs, d’abord, parlent de leurs personnages, Essie Davis en tête (2’09”), puis Nathan Page/Jack Robinson (2’31”), Hugo Johnstone-Burt, l’interprète du constable Hugh (1’49”) et Ashley Cummings, attendrissante dans son incarnation de Dot (2’04”).

Plus intéressants, les propos de l’équipe artistique, avec Kerry Greenwood, l’auteur de la série de romans Phryne Fisher Historical Mysteries (2’36”), puis avec les productrices Fiona Eagger et Deb Cox (2’11”), avec Tony Tilse, le réalisateur des premiers épisodes (2’54”), avec Kerry Greenwood qui nous fait percevoir le soin porté aux décors et aux accessoires qui font revivre les années 20 (3’37”), enfin avec Marion Boyce, responsable des costumes (2’02”).

Pour finir, l’envers du décor, avec le train à vapeur (1’28”), les effets spéciaux (2’16”), la voiture icône des années 20 (2’05”), le maquillage (1’57”) et les décors extérieurs (4’11”) avec une revue des sites emblématiques de Melbourne, le quartier de Ripponlea, L’Hôtel Windsor, la Como House, Labassa Manor…

Comme dans toutes les éditions Koba Films, il y a aussi l’Espace Découverte, qui contient les teasers de trois autres séries policières : Agatha Christie avec Peter Ustinov, Faye Dunaway et David Suchet, puis Inspecteur Barnaby et le Commissaire Montalbano, récemment critiquées.

L’image est propre et précise, avec des couleurs aux tons délicats d’aquarelle et de bons contrastes. Un petit défaut relevé dans les scènes en faible lumière : les noirs tendent à se boucher (voir, par exemple, épisode 2, de 6’42” à 16’33”).

Le son, bien qu’on puisse regretter l’absence du 5.1, est précis, dynamique, avec un large spectre. Il procure une image aérée dont donnera une bonne illustration la scène de l’épisode 5, de 12’20” à 15’10”.

Crédits images : © Koba Films

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
9 / 10
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Philippe Gautreau
Le 10 septembre 2013
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