The Lost Moment (1947) : le test complet du DVD

Édition Spéciale

Réalisé par Martin Gabel
Avec Robert Cummings, Susan Hayward et Agnes Moorehead

Édité par Sidonis Calysta

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Le 29/06/2015
Critique

Photo The Lost Moment

Un éditeur de New York, Louis Venable, est venu à Venise dans l’espoir d’acquérir les lettres d’amour que Jeffrey Ashton, un poète mystérieusement disparu, a écrites à Juliana Bordereau, aujourd’hui plus que centenaire. Louis Venable se fait passer pour un écrivain et loue une chambre dans le palais de Juliana. Mais sa petite-nièce Tina fait tout pour s’opposer à l’éditeur.

The Lost Moment (1947) est l’unique film réalisé par Martin Gabel, un acteur qui tint des seconds rôles à la télévision et au cinéma, notamment dans M le maudit (1951) de Joseph Losey, récemment testé, dans Marnie (1964) d’Alfred Hitchcock et dans Spéciale Première (The Front Page, 1974) de Billy Wilder. Il monta aussi sur les planches dans la troupe du Mercury Theater dirigée par Orson Welles.

La cohabitation avec Orson Welles a-t-elle stimulé son ambition ? Quelle a été l’influence du directeur de la photo, Hal Mohr, oscarisé pour Le Songe d’une nuit d’été de William Dieterle, et Max Reinhardt (1935, qui mériterait une édition en France) et pour Le Fantôme de l’opéra (Arthur Lubin, 1943) ? Quelle fut la part du scénariste Leonardo Bercovici, qui allait se retrouver sur la liste noire de McCarthy ?

Les mérites sont certainement partagés, mais The Lost Moment marque par ses qualités formelles, par l’élégance des mouvements de caméra et la beauté de ses cadrages.

Il réussit également à recréer l’atmosphère troublante des romans et nouvelles de Henry James qui inspirèrent une bonne centaine d’adaptations pour les écrans, grands ou petits. The Lost Moment est tiré de la nouvelle The Aspern Papers, une variation sur la relation amoureuse entretenue par le poète Shelley et la demi-soeur de son épouse Mary Shelley, l’auteur en 1816 de Frankenstein qui allait devoir patienter près de cent ans pour commencer à hanter les salles de cinéma.

The Lost Moment est dans la veine fantastique de l’oeuvre de Henry James, celle par exemple de la nouvelle Le Tour d’écrou (The Turn of the Screw) qui nous valut un impérissable chef-d’oeuvre du cinéma, Les Innocents, réalisé par Jack Clayton en 1961.

C’est aussi une occasion de profiter du talent de Susan Hayward, une des plus belles actrices de Hollywood.

Jusque-là absent des bacs, The Lost Moment sera une agréable découverte pour la plupart des cinéphiles.

Photo The Lost Moment

Technique - 8 / 10

Test effectué sur check disc. Le disque est vendu dans un keep case glissé dans un fourreau. Un beau menu animé et musical pour une interactivité limitée : le film n’est proposé que dans sa version originale et avec sous-titres français imposés, placés un peu trop haut sur l’image et trop gros.

Nous n’avons pas eu droit à l’édition Blu-ray disponible aux USA.

En supplément, deux présentations du film, assez complémentaires :

Celle de Patrick Brion, assidu collaborateur des éditions Sidonis Calysta (9’), passe en revue la carrière de Martin Gable et insiste sur la contribution de Walter Wanger, l’ambitieux producteur du film et de quelques chefs-d’oeuvre dont La Reine Christine de Rouben Mamoulian (1933) et de deux grands films de Fritz Lang, La Rue rouge (1945) et Le Secret derrière la porte (1947).

Vient ensuite la présentation de François Guérif (10’) qui parle un peu plus du film, de la photo de Hal Mohr, du scénario qui tend à transformer la nouvelle de Henry James en drame romantique et du personnage troublant de Tina, morte parmi les vivants et vivante parmi les morts.

Pour finir, une galerie de 12 photos.

L’image (1.33:1, noir et blanc) a été soigneusement restaurée. On oublie facilement quelques petits défauts mineurs, une égratignure ici, trop de douceur dans une scène sombre là, pour apprécier un fin dégradé de gris, des blancs lumineux, des noirs denses et une bonne stabilité.

Le son Dolby Digital 1.0 a été débarrassé des bruits parasites dus aux détériorations infligées au film. Reste un souffle assez présent, mais pas trop gênant. Les dialogues sont clairement restitués. La musique aussi, avec quelques saturations dans les passages forte.

Photo The Lost Moment

Crédits images : © Sidonis Calysta

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
8 / 10
Avis

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Philippe Gautreau
Le 11 juin 2015
Ce curieux film noir, jusque-là inédit sur DVD, tant pour l’étrangeté de son scénario, mêlé de fantastique, que pour sa beauté formelle, vaut largement d’être découvert.

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