Réalisé par Brett Ratner
Avec
Anthony Hopkins, Edward Norton et Ralph Fiennes
Édité par Universal Pictures Home Entertainment
Après avoir failli perdre la vie en arrêtant le psychiatre
cannibale Hannibal Lecter (Anthony Hopkins), le détective-
médium Will Graham (Edward norton) quitte le FBI pour aller
profiter d’une retraite paisible (et méritée ???) avec sa
petite famille. C’était sans compter Jack Crawford (Harvey
Keitel), son ancien patron, qui l’appelle au secours pour
coincer un tueur en série (un quoi ?) ayant déjà massacré
deux familles entières.
Contrairement aux autres thrillers psychologiques, dans ce
film, il y a de l’humanité dans les personnages. Bien sûr,
ils sont capables de choses inhumaines, mais ce sont des
êtres réels, des êtres vivants. Je voulais montrer qu’ils
n’étaient pas monstrueux dès leur naissance, qu’il résidait
toujours une part d’humanité enfouie au fond d’eux.
Ces propos de Brett Ratner caractérisent assez bien l’esprit
du film tel qu’il l’a conçu. On aurait bien sûr pu s’attendre
à une déferlante d’images « chocs », volontairement
traumatisantes. Mais non, la richesse du film s’est révélée
dans l’implication de ses personnages et l’intensité du
suspense.
N’oublions cependant pas Le Silence des agneaux et
Hannibal qui laissent une empreinte bien profonde et
donnent une saveur particulière à ce premier épisode de la
trilogie.
Il faut par ailleurs se rendre à l’évidence : le public aime
Hannibal Lecter Anthony Hopkins car il est terrifiant,
charismatique, cultivé et qu’il tue sans hésiter les
personnes que le public veut voir mourir. La preuve : fort de
son expérience dans la sitcom et surtout les « Rush Hour »,
Ratner offre à notre cannibale préféré les plans fixes idéaux
pour donner libre court à sa gestuelle.
Je souhaite maintenant aborder les comparaisons « Dragon
Rouge » avec de Michael Mann datant
de 1985. Les deux films n’ont rien à voir si ce n’est la
volonté de la part des deux réalisateurs de faire une
adaptation du roman de Thomas Harris. Il est vrai
qu’aujourd’hui il est de bon ton de regretter les choses qui
ont été faites « au bon vieux temps » avec les traditionnels
« c’est pu c’que c’était avant ».
J’ai personnellement bien aimé mais
quel rapport avec la trilogie (pour l’instant…) Hannibal
quand on constate que Lecter s’appelle Lektor ? Et les
ambiances bien spécifiques du Le Silence des agneaux, où
sont-elles chez Mann ? Il est vrai que son film a été tourné
avant celui de Demme, mais il serait tout de même temps de
bien placer sa confiture cinématographique dans le bon pot…
Un disque simple comme son mot l’indique, même si la présence des commentaires audio enrichissent l’ensemble. Des menus splendides, mais toutefois moins achevés que ceux du Zone 1.
Le premier commentaire audio sur ce disque réunit
Brett Ratner et son scénariste Ted Tally. Sous la forme d’une
conversation plus que difficilement audible (on vous
mitraille de mots à la 12.7), il reste amusant et retrace le
travail des acteurs au travers quelques analyses et anecdotes.
Qui c’est qui devrait tourner sa langue sept fois dans sa
bouche ? (mais c’est mieux pour nous qu’il ne le fasse pas) :
Brett Ratner qui nous parle de temps à autre de son Superman.
En deux, mention spéciale pour le commentaire audio de la
musique. Sympa : on peut presque apprécier le score
musical grâce au quasi-mutisme de Danny Elfman lors de son
commentaire audio !
Le tout est sous-titré en français.
Des couleurs bien chaudes et saturées juste ce qu’il faut
pour une image cependant moins bonne que celle du Zone 1.
La présence d’une piste DTS et de deux pistes DD 5.1 (en plus
des deux commentaires audio - contre une seule DD 5.1 et une
DD 2.0 sur le disque américain) n’y est certainement pas
étrangère.
De plus, la compression souffre par endroits de quelques
vacillements et certains plans larges sont légèrement bruités.
Une piste DTS qui se révèle un tout petit peu plus dynamique
que ses concurrentes en DD 5.1. Il faut dire que celles-ci
dernières sont tout bonnement incroyables : les 6 canaux sont
tous et merveilleusement exploités (d’où la nécessité du
salon obscur et de l’ampli bien chaud). Subtil et profond :
voilà deux mots qui caractérisent bien le son de ce film.
On regrette cependant (j’ai déjà entendu cela quelque part,
mais où ??…) le doublage parfois plus que douteux de
certaines voix (Fiennes par exemple).