Wolf Hall (Dans l'ombre des Tudors) : le test complet du DVD

Wolf Hall

2015. Réalisé par Peter Kosminsky
Avec Mark Rylance, Damian Lewis et Claire Foy

Édité par ARTE ÉDITIONS

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Le 23/02/2016
Critique

Wolf Hall

Henry VIII a disgracié en 1529 le cardinal et Lord Chancellor Wolsey parce qu’il n’avait pas réussi à obtenir du Vatican l’annulation de son mariage avec Catherine d’Aragon qui ne lui a pas donné d’héritier mâle. Henry VIII charge Thomas Cromwell, un proche de Wolsey, de faire voter par le Parlement le Supremacy Act : le roi sera désormais le chef de l’Église d’Angleterre, qui rejette toute allégeance à Rome. Et Thomas Cromwell devient le conseiller privé de la couronne…

Wolf Hall, coproduit par la BBC et ARTE France, est l’adaptation par le scénariste Peter Staughan de deux romans historiques de Hilary Mantel, Wolf Hall (2009) et Bring Up the Bodies (2012) qui formeront bientôt, avec The Mirror and the Light, une trilogie sur la vie de Thomas Cromwell.

Le scénario se concentre sur son rôle de Privy Councillor in Spirituals, poste qui faisait de lui le second personnage le plus puissant du royaume, auquel il accède en 1529. Est passée sous silence l’incroyable ascension de Cromwell, le fils d’un forgeron.

On nous dit dans les suppléments que le scénario est, pour l’essentiel, fidèle à l’oeuvre originale. Il donne toutefois de Thomas Cromwell une image surtout bienveillante, éloignée de celle conservée par l’histoire, celle d’un homme impitoyable envers tous ceux qui s’opposaient à la couronne, ce que démontrera, à partir de 1538, l’écrasement des communautés restées fidèles à Rome.

Ceci dit, Wolf Hall mérite sa place parmi les meilleures séries britanniques à costumes. Alors que Les Tudors (4 saisons, de 2007 à 2010) brillait de mille feux, Wolf Hall opte pour la sobriété, dans le choix de l’intrigue, des décors, des costumes et dans sa palette de couleurs, discrètes et assombries.

Wolf Hall doit beaucoup au talent et au style épuré de Peter Kominsky, venu à la télévision et au cinéma par le documentaire en 1987 avec The Falklands War: The Untold Story, avant d’enchaîner plusieurs réussites dans la fiction, avec la minisérie Warriors (1999), puis Laurier blanc (White Oleander, 2002) et The Promise (Le serment), une autre minisérie sortie en 2011.

Wolf Hall frappe aussi par la composition des cadres et, surtout par leur éclairage qui nous vaut d’admirables séquences en clair-obscur, à la lueur des bougies, dont l’artisan est le chef opérateur Gavin Finney.

Et il faut aussi souligner une remarquable distribution. Mark Rylance, dans le rôle de Thomas Cromwell, donne une leçon d’interprétation en réussissant à faire passer, avec une étonnante sobriété et peu de dialogues, la complexité et les émotions de son personnage. À ses côtés, un beau parterre avec Jonathan Pryce, dans le rôle du cardinal Wolsey, Damian Lewis dans celui de Henry VIII et, surtout, Claire Foy, parfaite dans son interprétation d’Ann Boleyn.

Wolf Hall est, sans aucun doute, l’une des meilleures évocations pour l’écran du règne des Tudors qui marqua l’aube d’une nouvelle ère dans l’histoire de l’Angleterre.

Wolf Hall

Généralités - 3,5 / 5

Les six épisodes d’une heure de Wolf Hall tiennent sur deux DVD-9 sérigraphiés, logés dans un keep-case, glissé dans un étui. Le portait en pied de Cromwell et de Henry VIII, repris sur l’étui, donne une juste idée du style épuré de la série.

Le menu animé et musical propose le choix entre version originale, avec sous-titres optionnels un peu trop haut placés, et un doublage en français, les deux au format Dolby Digital 2.0 stéréo. Un défaut dans les fonctionnalités du disque : le choix de la version originale ne reste pas en mémoire et le doublage en français s’impose au passage à l’épisode suivant.

Sous-titres pour malentendants.

Wolf Hall

Bonus - 2,5 / 5

Entretien avec le réalisateur (4’). Peter Kominsky estime que la première responsabilité du réalisateur est de veiller à la qualité du scénario et de la distribution. Tout le reste découle, naturellement. Il souligne le souci de rester fidèle au roman de Hilary Mantel.

Suivent des entretiens avec les acteurs (13’). Mark Rylance, Mark Gatiss, Jonathan Pryce, Damian Lewis et Claire Foy. Ils se succèdent pour parler de leur personnage et vanter les mérites du scénariste et du réalisateur, sans apporter grand-chose à la découverte de la série.

Puis vient Secrets de fabrication de Wolf Hall (21’), composé de trois volets : L’adaptation pour l’écran, Les personnages et la politique, La direction artistique. C’est une suite de commentaires sur les personnages avec de nombreuses redites et, pire encore, un copier/coller de quelques parties d’entretiens déjà vues, notamment avec Peter Kosminsky et Jonathan Pryce.

Pour finir, des scènes coupées (10’).

Tous ces bonus sont en version originale avec sous-titres français optionnels.

Wolf Hall

Image - 4,0 / 5

L’image (1.78:1), d’une texture fine, dans des teintes atténuées, dans des tonalités chaudes, est d’une austère élégance, avec de magnifiques clairs-obscurs sous l’éclairage de chandeliers. Toutefois, la lisibilité de certaines séquences en basse lumière est altérée par une insuffisance des contrastes et une porosité des noirs.

Wolf Hall

Son - 4,5 / 5

Le son Dolby Digital stéréo (la BBC traîne toujours les pieds dans l’utilisation du format multicanal) assure une parfaite clarté des dialogues (un peu trop mats et en avant dans le doublage en français). L’agréable accompagnement musical avec de petits ensembles à cordes et un luth a été finement enregistré.

Wolf Hall

Crédits images : © Company Pictures/Playground Entertainment for BBC 2015/Giles Keyte

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

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Philippe Gautreau
Le 24 février 2016
Wolf Hall est une évocation tout en retenue du conseiller de Henry VIII, Thomas Cromwell, alors au plus fort de son influence sur le cours de l'histoire de l'Angleterre. Les Tudors ont inspiré de nombreux films et séries. Mais Wolf Hall est probablement la plus aboutie, la plus belle.

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