Un Pont trop loin (1977) : le test complet du DVD

A Bridge Too Far

Édition Collector

Réalisé par Richard Attenborough
Avec Dirk Bogarde, James Caan et Michael Caine

Édité par MGM / United Artists

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Le 10/10/2003
Critique

Le film relate le plus grand désastre subi par les forces alliées pendant la seconde guerre mondiale lors de l’exécution de l’opération Market Garden, décidée par le général Montgomery dans l’euphorie du débarquement.

L’objectif était de prendre le contrôle de sept ponts en Hollande de façon à couper toute communication entre l’Allemagne et ses troupes déployées sur le front occidental. Ainsi la guerre serait terminée avant Noël !

C’est ainsi que le 17 septembre 1944 35.000 hommes furent parachutés derrière les lignes ennemies.

L’opération, mal préparée et gênée par une météo défavorable, fut un lamentable fiasco dont le prix humain fut terrible : 10.000 soldats furent tués ou grièvement blessés, bien plus que pendant le débarquement en Normandie !

Le producteur Joseph E. Levine confia la réalisation de cet énorme projet (ce fut alors le film le plus cher jamais tourné : 36 millions de $ !) à l’acteur britannique Richard Attenborough bien qu’il n’ait réalisé que deux films à petit budget qui n’avaient pas remporté un grand succès.

Le résultat est à la hauteur des ambitions. Le film résiste à la comparaison avec les meilleurs du genre, tous disponibles en DVD, tels que Le jour le plus long (The longest day, 1962), Il faut sauver le soldat Ryan (Saving private Ryan, 1998), sans oublier la magnifique série pour le petit écran Frères d’armes (Band of brothers, 2001). Il a en commun avec l’excellent film de Sam Peckinpah, La croix de fer (Iron cross, 1977) et avec Band of brothers, de montrer la guerre sous son sale côté avec toutes ses horreurs, sans complaisance.

Le scénario de William Goldman est une adaptation de l’ouvrage de Cornelius Ryan (mort d’un cancer seulement deux mois après sa parution) mettant en situation une bonne douzaine de personnages principaux dans un contexte très fidèle à la réalité historique. Jamais on ne perd le fil du récit en dépit de sa complexité.

Les impressionnantes scènes d’opérations militaires (le parachutage, la construction d’un pont flottant, la traversée d’un fleuve dans des embarcations de toile sous le feu de l’artillerie allemande, les combats de rue d’Arhem) sont filmés comme des documentaires. S’insèrent dans cette toile de fond des scènes plus anecdotiques, servies par un montage très efficace, distillant suspense, émotion, voire humour. Il faut aussi saluer la qualité des dialogues et de la musique de John Addison, mise en valeur par le remixage en DD 5.1.

En conclusion aucune place laissée à l’ennui tout au long des 169 minutes de ce film !

Généralités - 4,5 / 5

Les menus, dont la plupart sont animés et sonorisés, se caractérisent par leur grande sobriété graphique, dans les tons ocres de la jaquette.

Le film est divisé en 32 chapitres, répartis sur 8 pages, avec vignettes animées.

On apprécie le choix de deux langues (anglais ou français) pour les menus, la possibilité de changer de langue et de sous-titres à la volée. Même confort pour les sous-titres des suppléments, disponibles en quatre langues et des plus discrets : ils n’empiètent légèrement sur l’image que lorsqu’ils sont sur deux lignes.

On n’en voudra donc juste un peu, mais pas trop, à MGM d’avoir omis de sous-titrer la bande-annonce.

Bonus - 5,0 / 5

Plus d’une heure de bonus sur le 2e DVD, sous la forme de trois documentaires intéressants en VOST au format 1.33:1 et son mono. A noter que les sous-titres ne sont jamais imposés et sont interchangeables à la volée.

Bande-annonce (3’07” – VO)
Aucun sous-titre disponible. En revanche, elle est présentée au format 2.35:1 anamorphique.

Commentaire audio du scénariste William Goldman (VO, avec ou sans sous-titres dans 12 langues)

Les héros du ciel (43’)
Fait d’interviews, notamment du scénariste, d’archives filmées, d’extraits du film, ce documentaire raconté par Burt Reynolds insiste sur la détermination de Joseph Levine à mener son projet à son terme en investissant personnellement 10 millions de $. Le souci d’authenticité a été une obsession : des DC3 en état de voler et des chars allemands ont été trouvés chez des collectionneurs. Les avions ont été « multipliés » par les effets spéciaux de l’époque (photos collés sur une plaque de verre insérée dans le champ de la caméra). Certains des chars étaient des répliques en plastique sous lesquelles se cachaient des… coccinelles !

Une bataille à distance : souvenir de l’opération Market Garden (16’59”)
Les anciens parachutistes disent qu’ils constituaient un corps d’élite ; pour preuve le supplément de solde de 50 $ qu’ils recevaient tous les mois ! Encore chargée d’émotion, 56 ans après, l’évocation d’un copain brutalement fauché sous leurs yeux, mais toujours présent dans leur mémoire. Le narrateur est James Coburn.

Le réalisateur Richard Attenborough se remémore (18’05”)
Richard Attenborough se souvient avoir dit à Joseph Levine que le scénario était pratiquement impossible à filmer et qu’il doutait être à la hauteur du défi à relever. Il se souvient du long et sévère entraînement auquel ont été soumis tous les figurants pour que, devant la caméra, ils puissent se comporter comme de vrais soldats…

Galerie de photos : diaporama de photos de plateau (36”)

Image - 3,5 / 5

L’image remasterisée est propre et les défauts de compression à peine discernables.

En revanche, le manque de contraste est patent, notamment dans les plans larges en extérieur où la photo apparaît comme recouvert d’un très léger voile. Les noirs, également, tirent un peu sur le gris.

Néanmoins, un bon travail de restauration.

Son - 4,0 / 5

La bande son a été remixée en Dolby Digital 5.1 pour les deux versions (originale en anglais et doublée en français) de cette édition, qui se substitue à la précédente en 2.0 DPL.

Le résultat est assez spectaculaire, même si le sub-woofer n’est que modérément sollicité. La spatialisation n’est pas toujours très cohérente, en particulier dans les scènes de dialogues. Le son est propre, sauf quelques saturations.

Dans l’ensemble, pas de différence entre la version originale et la version doublée. Mais, curieusement, la version originale offre un son nettement plus présent dans quelques scènes, notamment celle de la construction du pont flottant, à 1 h 38.

Malgré ces petits défauts, le résultat est remarquable !

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Panasonic TX-36PG50F 16/9 86 cm
  • Philips 957
  • Denon AVR 2802
  • Avant : Cabasse Goëlette. Centre : Sony SS-CN15. Arrière : Sony SS-SR15. Caisson de graves Pioneer S

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