Alfred Hitchcock présente - Les inédits - Saison 2, vol. 2, épisodes 17 à 32 : le test complet du DVD

The Alfred Hitchcock Hour

1964. Réalisé par Herschel Daugherty
Avec Alfred Hitchcock, Anne Baxter et George Segal

Édité par Elephant Films

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Le 02/11/2018
Critique

Alfred Hitchcock présente - Les inédits - Saison 2, vol. 2

Ces 3 dernières saisons de 1962 à 1965 sont nommées Alfred Hitchcock présente : les Inédits (The Alfred Hitchcock Hour) en raison de la durée d’une heure des 93 téléfilms qui la composent (concernant leur appellation américaine), en raison aussi du fait que la majorité était inédite en France jusqu’à présent. L’ensemble est passionnant, historiquement comme esthétiquement.

Voici la critique de l’intégralité des épisodes 17 à 32 de cette saison 2.

SAISON 2, VOLUME 2 (février 1964 à juillet 1964)

2.17- The Jar (14 février 1964 VOSTF) de Norman Lloyd, scénario de James Bridges d’après une nouvelle de Ray Bradbury, avec Pat Buttram, Colin W. Paxton, William Marshall, Jane Darwell, etc. La nouvelle adaptée de Bradbury appartient à son recueil Le Pays d’octobre (éditions Denoël, collection Présence du futur). Musique de cet épisode composée par Bernard Herrmann. En 1986, le cinéaste Tim Burton en réalisa un remake pour la nouvelle série Alfred Hitchcock présente. La première partie de la version 1964 est intéressante, surprenante, excitante à tous points de vue. La seconde partie est décevante, la chute presque attendue. Il faudrait relire la nouvelle de Bradbury pour prendre la mesure exacte de cet épisode. Tel quel, c’est plutôt l’environnement psychologique et sociologique sudiste, faulknérien, qui demeure intéressant, notamment la dimension érotique inspirée sans doute un peu par le Baby Doll de Tenessee Williams, tel que le cinéaste Elia Kazan l’avait adapté.

2.18 - Final Escape (VOSTF) de William Witney, scénario de John Resko d’après une histoire de T.H. Cannan Jr. et Randall Hood, avec Edd Byrne, Stephen McNally, Robert Keith, Nicolas Colasanto, etc. Un évadé récidiviste se retrouve dans un bagne dirigé par un sadique intelligent. Il se pourrait pourtant qu’il en ressorte les pieds devant mais vivant, à condition de supporter d’être caché dans un cercueil. Solidement réalisé par un vétéran qui fut un des artisans historique du « sérial » américain et dont la filmographie possède une savoureuse section fantastique. Edd Byrnes avait été la vedette d’une saison TV connue à l’époque : 77 Sunset Strip, mettant en scène des détectives privés durant 6 saisons. il est entouré par des acteurs plus matures dont l’excellent Stephen McNally (Violent Saturday (Les Inconnus dans la ville</>) 1955 de Richard Fleischer) qui avait été, dans sa jeunesse, avocat, inversant donc la proposition de Starring the Defense (épisode n° 2.07) examiné un peu plus haut. Chute particulièrement cruelle, frôlant le fantastique par son aspect macabre. Un des meilleurs épisodes de la saison 2.

2.19 - Murder Case (VOSTF) de John Brahm, scénario de James Bridges, R. Levinson et W. Link, avec John Cassavettes, Gena Rowlands, Murray Matheson, Ben Wright, etc. Scénario classique (mettant en scène une actrice de théâtre souhaitant tuer son époux diamantaire anglais avec l’aide de son amant américain) mis en scène par un héritier de l’expressionnisme, qui donne l’occasion à Cassavettes et son épouse Gena d’accomplir une des performances dramaturgiques dont ils avaient alors le secret et qu’ils exploitent ici comme ils l’exploitèrent sur une dizaine de titres cinéma, parfois expérimental, souvent réalisés par Cassavettes lui-même. Mais par-delà cet aspect ici purement historique (notable aussi parce qu’ils y jouent vraiment très bien un couple criminel) c’est plutôt la chute étonnante, originale et très bien amenée, qu’on retiendra. John Brahm est plus sage que dans ses films fantastiques des années 1945 mais il maîtrise ici le suspense avec une rigueur glacée qu’on peut qualifier, pour le coup, d’hitchcockienne.

2.20 - Anyone for Murder ? (VOSTF) de Leo Penn, scénario de Arthur A. Ross d’après une histoire de Jack Ritchie, avec Barry Nelson, Patricia Breslin, Richard Dawson, Edward Andrews, etc. Un psychologue passe une annonce laissant penser qu’il offre les services d’un tueur à gages, afin d’étudier les pulsions meurtrières en temps réel. L’amant de sa femme est son premier client sérieux mais tous deux ignorent encore qui est qui. Ne pas confondre Leo Penn et Arthur Penn qui furent contemporain. « No relation » comme on dit en anglais. Celui-ci est un homme de cinéma, celui-là davantage un homme de séries télévisions : il a pratiquement contribué à toutes les séries TV connues en France dans les années 1960-1970. Patricia Breslin domine - érotiquement - une histoire au point de départ excitant mais dont la suite s’avère invraisemblable et artificielle.

2.21 - Beast in View (VOSTF) de Joseph M. Newman, scénario de James Bridges d’après une histoire de Margareth Milar, avec Richard Kyley, Kevin McCarthy, Kathleen Nolan, Brenda Forbes, Georges Furth, etc. Thème du scénario : la persécution d’une femme par une autre qui serait psychotique. Les dix dernières minutes sont chargées de tous les tics syntaxiques du cinéma psychédélique expérimental des années 1965 lorsque le délire de l’héroïne est « visualisé » subjectivement sur un miroir filmé par la caméra. Effets stylistiques novateurs dans le cadre d’une telle série télévisée et qui ne dépareillent pas trop la relative rigueur de la mise en scène, confrontée à un scénario oscillant entre rigueur et invraisemblance. Kevin McCarthy avait été le héros, presque dix ans plus tôt, du Invasion of the Body Snatchers (L’Invasion des profanateurs de sépultures) de Don Siegel.

2.22 - Behind the Locked Door (VOSTF) de Robert Douglas, scénario de Joel Murcott d’après une histoire de Henry Slesar, avec Gloria Swanson, James McArthur, Lynn Loring, Whit Bissel, etc. Gloria Swanson, la star de Sunset Boulevard (Boulevard du crépuscule) dont une photo ornait la couverture du premier numéro des Cahiers du cinéma fondés par André Bazin, apporte un vent de folie bienvenue sur l’épisode, notamment sa fin, expressionniste et macabre. Elle est opposée à Lynn Loring, très jeune, dans le rôle de sa fille, héroïne digne d’Edgar Poe dans la mesure où sa beauté lui est fatale. Bien écrit, bien joué mais mis en scène honnêtement, sans plus. Musique de cet épisode composée par Bernard Herrmann.

Alfred Hitchcock présente - Les inédits - Saison 2, vol. 2


2.23 - A Matter of Murder (VOSTF) de David Lowell Rich, scénario de Boris Sobelman, avec Telly Savalas, Darren McGavin, Pat Crowley, Patrick McVey, etc. Un gang de voleurs de voitures de luxe en vole une… qui contient un cadavre dans le coffre. Les propriétaires du véhicule et le gang rivalisent d’astuce pour égarer la police dans son enquête. Une comédie policière macabre, invraisemblable mais très savoureuse et menée à vive allure. L’acteur Telly Savalas joue de petits rôles pour des cinéastes des années 1960 aussi divers que Robert Aldrich (Les 12 salopards), Jack Lee Thompson (Les Nerfs à vif) et devient vedette dix ans plus tard d’une série TV où il interprète Kojak, un détective privé comme dans le film de Lee Thompson mais filmé en couleurs et la fameuse sucette en plus. Il est ici particulièrement vulgaire mais communique son habituelle énergie à son personnage.

2.24 - The Gentleman Caller (VOSTF) de Joseph M. Newman, scénario de James Bridges d’après une histoire de Veronica Parker Jones, avec Roddy Mc Dowall, Ruth McDevitt, Diane Sayer, Naomi Stevens, etc. Un voleur meurtrier rencontre une vieille dame qui n’est pas riche mais un peu excentrique et veuve. Il décide de l’utiliser pour blanchir l’argent de son dernier vol, avec l’aide d’une complice. Son plan prévoit de la tuer mais il n’aboutira pas… de justesse ! L’acteur Roddy Mc Dowall est la vedette de cet épisode : il sera le singe Cornélius dans la série cinéma 1968-1975 de La Planète des singes et le médium terrifié de La Maison des damnés en 1971. Il incarne ici un personnage sadique et diabolique, très inhabituel dans sa filmographie. Habile dosage de comédie et de suspense, très bien mis en scène.

2.25 - The Ordeal of Mrs. Snow (VOSTF) de Robert Stevens, scénario de Alvin Sargent d’après une histoire de Hugh Wheeler (alias « Patrick Quentin »), avec Jessica Walter, Patricia Collinge, Don Chastain, George Macready, etc. Une vieille dame riche est escroquée puis presque assassinée par l’époux de sa nièce qui découvre la vérité et la sauve au dernier moment. Bien écrit, suspense rebondissant constamment. Et très bien joué, notamment par la belle Jessica Walter qui incarnera 7 ans plus tard Evelyn, la psychopathe harcelant Eastwood dans Play Misty For Me (Un Frisson dans la nuit) (1971) de Clint Eastwood. Mise en scène fonctionnelle.

2.26 - Ten Minutes from Now (VOSTF) de A. Kjellin, scénario de Arthur A. Ross d’après une histoire de Jack Ritchie, avec Donnelly Rhodes, Lou Jacobi, Lonny Chapman, Neile Adams, etc. Une curiosité : le scénario semble prendre pour thème la paranoïa d’un artiste révolté mais, au dernier moment, tout bascule vers autre chose. Bien écrit et bien interprété mais invraisemblable et artificiel d’un bout à l’autre : un exercice de style destiné à démontrer une virtuosité qui tourne à vide.

2.27 - The Sign of Satan (VOSTF) de Robert Douglas, scénario de Barré Lyndon d’après une histoire de Robert Bloch, avec Christopher Lee, Gia Scala, Gilbert Green, Adam Roarke, etc. Un studio d’Hollywood, impressionné par sa prestation dans ce qui semble être un film amateur sataniste, fait venir d’Europe le comédien Karl Jorla mais… la secte existe réellement et se manifeste dangereusement. Démentiel scénario écrit spécialement pour l’acteur anglais Christopher Lee (1922-2015), devenu une star dès 1957-1958 grâce à The Curse of Frankenstein (Frankenstein s’est échappé) et à Dracula (Horror of Dracula / Le Cauchemar de Dracula) réalisés tous deux par Terence Fisher. Sans oublier une vision d’Hollywood par elle-même, en partie découverte à travers les yeux d’un acteur étranger : la mise en abîme sociologique n’est pas sans intérêt. Malheureusement la mise en scène est fonctionnelle, peu inspirée, voire franchement médiocre à certains instants. Pour les fans du comédien d’une part, de la Hammer film d’autre part, un épisode historiquement passionnant, un « must have » visible pour la première fois en France en vidéo et en VOSTF ! Certains plans du « film amateur » sataniste font fugitivement penser, pour diverses raisons, dans la filmographie de Lee antérieure à l’année de cet épisode et ayant donc pu l’inspirer, à deux titres en particulier : City of the Dead / Horror Hotel (1960) d’une part, Ercole all centro della terra (Hercule contre les vampires) (1961) d’autre part. Ils annoncent un peu, à l’inverse, certains éléments de Les Vierges de Satan (The Devil Rides Out / The Devil’s Bride) (1967) de Terence Fisher dans lequel Lee sera tout à fait remarquable.

2.28 - Who Needs an Enemy ? (VOSTF) de Harry Morgan, scénario de Arthur A. Ross d’après une histoire de Henry Slesar avec Steven Hill, Joanna Moore, Richard Anderson, Dee Carroll, etc. Artificiel et invraisemblable mais l’ensemble est bien joué et traité sous la forme d’une sorte de cauchemar éveillé au rythme assez haletant. A voir surtout pour Joanna Moore, fausse blonde pulpeuse à la voix sexy.

Alfred Hitchcock présente - Les inédits - Saison 2, vol. 2

2.29 - Bed of Roses (VOSTF) de Philip Leacock, scénario de James Bridges d’après une histoire de Emily Neff, avec Patrick O’Neal, Torin Thatcher, Kathie Browne, George Lindsey, etc. Du chantage considéré comme un art vraiment très dangereux. Et une chute cruelle, immorale que Hitchcock, comme à son habitude de producteur télévisé prudent, croit devoir atténuer par un commentaire moralisateur rédigé ad hoc. Excellente interprétation qui emporte en beauté tout ce que le sujet peut avoir d’artificiel et de mécanique. L’acteur Torin Thatcher a joué pour Billy Wilder et Henry King mais c’est peut-être son rôle de sorcier dans le film de Nathan Juran Le 7ème voyage de Sinbad qui demeure le plus mémorable. Patrick O’Neal a lui aussi tourné pour d’importants cinéastes (John Huston, Otto Preminger, Sidney Pollack) mais les connaisseurs se souviennent qu’il fut, deux ans après cet épisode, la vedette de l’unique film fantastique d’horreur et d’épouvante de sa filmographie cinéma, à savoir La Chambre des horreurs de Hy Averback.

2.30 - The Second Verdict (VOSTF) de Lewis Teague, scénario de Henry Slesar et Alfred Hayes d’après une histoire de H. Slesar, avec Martin Landau, John Marley, Nancy Kovack, Harold J. Stone, Sharon Farrell, Frank Gorshin, etc. Un psychopathe accusé d’avoir tué un livreur qui courtisait son épouse, est innocenté par son avocat mais lui avoue par bravade, une heure plus tard alors qu’il est monté dans son bureau pour lui régler ses honoraires, qu’il a effectivement commis le meurtre. L’avocat décide de réagir, engendrant une réaction en chaîne imprévue. Signé par le futur cinéaste du thriller violent Philadelphia Security et, d’après Stephen King, du film fantastique Cujo ! Casting intéressant : Martin Landau (Mission : impossible, Ed Wood), John Marley (Faces, Le Mort-vivant, Le Parrain), Nancy Kovack au sommet de sa beauté (Jason et les Argonautes) en fille sexy et riche se moquant du droit et de la morale s’ils contredisent ses désirs alors que son père (Harold J. Stone, comme toujours excellent) dirige un cabinet d’avocats, Sharon Farrell intéressante en idiote sexy, devenant la victime masochiste d’un psychopathe, lui-même très bien interprété par un acteur moins connu que les précédents mais qui mérite qu’on se souvienne de lui : Frank Gorshin.

2.31 - Isabel (VOSTF) de A. Kjellin, scénario de Henry Slesar et William Faye d’après un roman de S.B. Hough (alias « Rex Gordon » lorsqu’il signe des romans de S.-F.), avec Bradford Dillman, Barbara Barrie, Edmond Ryan, Les Tremayne, etc. Une directrice d’école célibataire accuse un jeune homme de viol et le fait condamner à la prison. Une fois libéré, il revient en ville, commet un vol, ouvre avec l’argent une boutique de disques. Il pardonne à la directrice qu’il séduit puis qu’il épouse. Un inspecteur de police doute de sa sincérité et pense qu’il veut ainsi la tuer plus aisément, pour se venger. L’acteur Bradford Dillman a joué aussi bien, dans sa longue carrière, un criminel nietzschéen (Le Génie du mal) pour Richard Fleischer, saint François d’Assise (version hagiographique signée Michael Curtiz), un biologiste devenant le père d’une nouvelle génération de cafards monstrueux initiant la fin du monde (Les Insectes de feu) pour Jeannot Swarcz produit par William Castle, un solitaire misanthrope tentant de sauver sa petite fille des dents de rasoir des piranhas (dans le film homonyme de Joe Dante). Suspense très bien écrit et mis en scène, chute finale originale.

2.32 - Body in the Barn (3 juillet 1964 VOSTF) de Joseph M. Newman, scénario de Harold Swanton d’après une histoire originale de Margareth Manners, avec Lilian Gish, Kent Smith, Maggie MacNamara, Peter Lind Hayes, etc. Un accident détermine une femme âgée et malade à considérer sa voisine comme la meurtrière… d’un mari seulement absent et qui pourrait être, en revanche, un meurtrier par procuration, ayant utilisé ses propres discours pour induire la police en erreur ! Lilian Gish fut une star du cinéma muet notamment dans les films les plus importants de D.W. Griffith mais elle a donné au parlant quelques rôles non moins mémorables (elle fut par exemple la dame énergique, charitable, courageuse qui recueille et protège les enfants et adolescents pauvres abandonnés pendant la grande crise de 1929, dans La Nuit du chasseur). Musique de cet épisode composée par Bernard Herrmann. Kent Smith fut un bon second rôle chez Nicolas Ray en 1958 (Party Girl (Traquenard)) mais il avait aussi été en 1942 un excellent premier rôle chez Jacques Tourneur dans Cat People (La Féline) où son personnage se nommait (détail curieux d’histoire du cinéma) « Oliver Reed » : il était donc homonyme de l’acteur qui interprétera le loup-garou du Curse of the Werewolf (La Nuit du loup-garou) (1961), l’un des chefs-d’oeuvre de Terence Fisher. Scénario intelligent, maintenant un suspense sans faille jusqu’au dénouement.

Alfred Hitchcock présente - Les inédits - Saison 2, vol. 2

Généralités - 4,0 / 5

1 coffret DVD Pal zone 2 Elephant, édité le 23 mars 2016. Durée totale : 800 minutes ou 13H20 comprenant 4 DVD-9 + 1 DVD-5. Image 1.37 N&B, son VOSTF et VF d’époque mono. Suppléments : présentation de la série et des épisodes par Jean-François Rauger, livret illustré signé Jean Douchet, galerie photos, bandes annonces.

Bonus - 5,0 / 5

Outre un livret illustré constituant un commode aide-mémoire (20 pages) et une mignonne galerie photos N&B et quelques bandes-annonces, Jean-François Rauger a assuré la caution cinéphilique de l’entreprise en présentant la série d’une part, la saison d’autre part (entre 10 et 20 minutes selon les cas) et en permettant que 4 chapitres de son livre, L’Oeil domestique, Alfred Hitchcock et la télévision (éditions Rouge profond, l’éditeur qui édite déjà les 3 premiers tomes d’une intégrale revue et augmentée de la revue Midi-Minuit Fantastique) soient utilisés par les livrets illustrés qui présentent (très succinctement) chaque épisode. On y apprend, par exemple, que Shamley productions, société fondée en 1955 aux USA par Hitchcock pour la production de cette série, reprend le nom d’un village du Sud de Londres où son épouse et lui avaient acheté une maison de campagne en 1928.

Lancée sur la chaîne de TV américaine CBS le dimanche 2 octobre 1955 à 21H30 sous le titre Alfred Hitchcock presents, accompagnée de la célèbre petite mélodie Marche funèbre d’une marionnette composée en 1872 par Charles Gounod, cette série TV dura 7 saisons de 39 histoires (268 histoires au total car la quatrième saison ne comportait que 36 histoires au lieu de 39) constituant chacune un moyen métrage autonome durant environ 25 ou 26 minutes, en général tourné en 3 jours. En 1957, une saison concurrente nommée Suspicion fut lancée par la chaîne NBC : Shamley production et Hitchcock en produisirent également les épisodes, Hitchcock en tourna même un lui-même mais ils étaient présentés par l’acteur Dennis O’Keefe. Quant à la série CBS originale, elle changea de nom en 1962 et devint The Alfred Hitchcock Hour parce que la durée des épisodes augmenta, passant à environ 50 ou 52 minutes (selon les différentes durées vidéo PAL ou NTSC, selon aussi qu’il s’agit de DVD ou de BRD). Ils furent en général tournés en 6 jours. Cette nouvelle série comporta 3 saisons successives. Selon qu’on calcule en partant de 1955 ou en partant de 1962, on peut les numéroter 8, 9, 10 ou bien 1, 2, 3. La série de ces 3 saisons The Alfred Hitchcock Hour fut connue en France sous le titre générique de… Suspicion qu’il ne faut surtout pas confondre avec la série NBC. Ce sont ces 3 dernières saisons 1962 à 1965 qui constituent l’intégrale de ce coffret The Alfred Hitchcock Hour ((saison 1 = 32 histoires) + (saison 2 = 32 histoires) + (saison 3 = 29 histoires) = donc, au total, 93 histoires).

Comme c’était son habitude depuis 1955, Alfred Hitchcock présentait et commentait in fine ces histoires. Ces présentations et commentaires qu’il n’avait pas le temps de rédiger lui-même, étaient écrits par un certain James B. Allardice. Ils constituent aujourd’hui, à mon avis, le point souvent faible de la série : je ne partage donc pas l’avis élogieux de Jean-François Rauger en ce qui les concerne, à de rares exceptions près que je signale dans les notices critiques. Hitchcok signa lui-même la mise en scène d’une vingtaine d’histoires (notamment la toute première de la première saison en 1955 : Revenge) entre 1955 et 1962 inclus. La majorité de ses contributions personnelles dure donc 26 minutes mais certaines durent aussi 52 minutes : elles avaient été éditées en coffret par Universal mais malheureusement pas classées dans l’ordre historique chronologique de production. Elephant restitue chacun de ces épisodes à sa place chronologique correcte au sein de l’intégralité enfin rééditée.

On se souvient que Psycho(Psychose) (USA 1960) d’Alfred Hitchcock avait été tourné dans des conditions assez proches de celles d’un moyen métrage de cette série, au point qu’on peut le considérer aujourd’hui rétrospectivement comme une sorte de porte-étendard. Le cinéphile francophone qui admire Psychose ne pouvait que souhaiter découvrir la totalité de sa série matricielle. Son examen révèle qu’elle entretient des liens parfois encore plus étroits qu’on pouvait le penser avec ce chef-d’oeuvre.

Image - 4,0 / 5

L’ensemble est au format original 1.37 N&B compatible 4/3 : les copies sont parfaitement nettoyées, les numérisations soignées, seules d’éventuelles poussières négatives ou positives subsistent sur un ou deux plans. Le bruit vidéo se manifeste parfois aussi sur des marches d’escaliers ou des stores mais il est, en règle générale, assez bien contrôlé bien qu’il ne s’agisse que de DVD standards. Une suggestion : à présent que l’intégralité de la série est disponible en DVD standard, il faudrait songer, en raison de son importance, à préparer une édition BRD Full HD et même à une édition BRD UHD 4K.

Son - 4,0 / 5

Le son est du mono 2.0 parfaitement nettoyé lui aussi, qu’il s’agisse des VOSTF ou des VF. Quelques erreurs ou coquilles, parfois des fautes de syntaxe ou un vocabulaire argotique récent substitué à l’argot original américain de l’époque, peuvent être relevés dans les STF mais, sur une telle quantité de disque, c’est presque inévitable : l’ensemble est cependant assez bien traduit, en règle générale. Les VF, lorsqu’elles existent, sont soignées pour l’époque, aux normes cinéma et souvent très savoureuses.

Crédits images : © Eléphant Films

Configuration de test
  • Téléviseur 4K LG Oled C7T 65" Dolby Vision
  • Panasonic BD60
  • Ampli Sony

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