La Panthère noire (1977) : le test complet du DVD

The Black Panther

Réalisé par Ian Merrick
Avec Donald Sumpter, Debbie Farrington et Marjorie Yates

Édité par UFO Distribution

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Le 23/06/2016
Critique

La Panthère noire

La Panthère noire relate l’histoire vraie de Donald Neilson, ennemi public n°1, braqueur, meurtrier et auteur d’un rapt qui choqua l’Angleterre dans le milieu des années 70…

C’est un film choc, une oeuvre coup de poing, un chef-d’oeuvre oublié du cinéma noir britannique et quasi-invisible depuis sa sortie il y a presque 40 ans. Interdit lors de sa sortie, le premier long métrage de Ian Merrick, écrit par Michael Armstrong (La Marque du diable, La Maison de l’épouvante), réalisé en totale indépendance avec un budget limité, dresse le portrait impitoyable d’un terrifiant tueur en série. La Panthère noire n’a rien à envier à d’autres films de prestige et reconnus tels que La Loi du milieu de Mike Hodges (1971) et The Offence de Sidney Lumet (1972).

Polar anxiogène, La Panthère noire plonge d’emblée le spectateur au début des années 1970, dans le Nord de l’Angleterre, dans une atmosphère moite, et pour cause puisque nous nous retrouvons en plein brouillard, au milieu des bois. Un homme, Donald Neilson, s’affaire. Il court. En s’arrêtant, nous découvrons qu’il est lesté de pierres. C’est un entraînement militaire, sa veste et son pantalon treillis ne laissent aucun doute. Sur lui, il dissimule couteau et lames de rasoir. Il a construit un abri de fortune à partir de branches, capture un lièvre, l’éviscère, le fait cuire au-dessus de son feu de camp et le mange. Le lendemain, il reprend sa voiture garée plus loin, et rentre chez lui. Il est marié et père d’une fille adolescente. Rigide, froid, il leur parle comme à des soldats et leur donne des ordres, les rabaisse. La femme ne dit rien, mais les regards qu’elle et sa fille se renvoient en disent long, elles savent que quelque chose ne tourne pas rond chez lui, mais préfèrent ne rien dire et subir.

Ian Merrick instaure un climat social, politique, économique, avec une économie de dialogues, grâce à sa mise en scène sèche, épurée et frontale, quasi-documentaire dans des décors d’une tristesse absolue, éthérés, comme dissous. L’interprétation de Donald Sumpter, vu dans le Millénium - Les hommes qui n’aimaient pas les femmes de David Fincher et plus récemment dans le rôle de Mestre Luwin dans la série Game of Thrones (Le Trône de Fer), est extraordinaire et glaçante. Dans ce qui apparaît comme étant le rôle de sa vie, Le comédien parvient à donner une dimension humaine et pathétique à cet homme profondément inquiétant, véritable monstre, un pauvre type complètement déconnecté de la réalité, qui tue et met au point l’enlèvement d’une jeune héritière, séquestrée au fond d’un réservoir d’eau, qu’il libérera en échange d’une rançon. La caméra ne le lâche quasiment jamais et adopte son point de vue. Dans son antre, chez lui, où il s’entraîne en faisant des tractions et des pompes, subsistent quelques bribes de son passé. Des grenades, un arsenal, des coupures de presse, des photographies. Donald Neilson (1936-2011) est un ancien soldat de l’armée britannique, rendu à la vie civile après quelques opérations postcoloniales. Il devient «  La Panthère noire  », commet d’abord quelques menus larcins dans des bureaux de poste et petites épiceries, se prend parfois les pieds dans le tapis, et en vient au meurtre presque par accident, sous l’effet de la panique. Donald Neilson est devenu l’ennemi public n°1. Ambitieux, il se jette alors dans un projet d’enlèvement, mais l’affaire va se révéler trop grosse pour lui et Neilson va véritablement sombrer dans la démence et atteindre le point de non-retour.

Chaînon manquant entre L’L’Etrangleur de Boston de Richard Fleischer (1968), les films d’Alan Clarke et le mythique Schizophrenia de Gerald Kargl réalisé en 1983, La Panthère noire demeure un film très violent. Victime d’une levée de boucliers brandis par la presse et les autorités à sa sortie, malgré ou à cause de sa fidélité aux véritables événements et témoignages, le film fut interdit en 1978, aussi bien en Grande-Bretagne que dans le reste du monde. En 2016, il est donc temps de le réhabiliter, de le connaître, de le faire connaître, d’en parler, car nous nous trouvons probablement devant un des plus grands et éprouvants films britanniques des années 1970, ni plus ni moins. Mais attention, âmes sensibles s’abstenir !

La Panthère noire

Généralités - 3,5 / 5

Le test du DVD de La Panthère noire, disponible chez UFO, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé et musical.

Bonus - 2,0 / 5

Afin d’en savoir un peu plus sur La Panthère noire, l’éditeur nous livre un entretien avec François Guérif, critique de cinéma, éditeur et directeur de la collection Rivages/Noir (17’). Bien que passionné et connaissant bien le genre policier britannique, Guérif avoue d’emblée n’avoir jamais entendu parler de ce film avant son édition en DVD ! Il évoque ensuite les conditions qui ont empêché La Panthère noire de sortir sur les écrans, l’apparition du nouveau polar anglais au début des années 70, puis en vient au film qui nous intéresse en croisant le fond avec la forme, tout en indiquant qu’il n’a jamais ressenti un tel malaise devant ce genre de personnage au cinéma.

L’éditeur joint également un livret de 16 pages (non reçu) qui contient un entretien avec le réalisateur Ian Merrick et son scénariste Michael Armstrong.


La Panthère noire

Image - 3,5 / 5

La propreté de la copie frappe d’emblée, et malgré quelques fourmillements et rayures verticales constatables sur les séquences sombres, le grain est joliment préservé et l’image trouve un équilibre après le générique. Les contrastes sont plutôt fermes, le piqué souvent acéré sur les séquences diurnes malgré le brouillard omniprésent, la copie est stable et les seuls tremblements qui demeurent ne sont dus qu’aux conditions des prises de vues avec une caméra qui colle au personnage lors de son entraînement. La colorimétrie est froide, quelques tons se révèlent surannés et les noirs demeurent poreux et tirent sur le vert. Alors certes l’image peut paraître vaporeuse, trouble, avec un grain important, mais La Panthère noire a vraisemblablement été tourné avec une pellicule ultrasensible afin de restituer la lumière ambiante et les partis pris esthétiques sont donc bien restitués.

Son - 4,0 / 5

Les versions anglaise et française sont proposées en Mono d’origine. Malgré les dialogues limités, le doublage est réussi, même si les ambiances sont plus riches et précises sur la version originale. Si les deux mixages sont très propres, la piste anglaise propose une restitution plus claire des dialogues, la musique lancinante du compositeur Richard Arnell est nettement plus marquante en VO qu’en VF. Quelques silences, particulièrement glaçants témoignent de l’absence d’un souffle ou de craquements intempestifs.

Les sous-titres sont imposés sur la version originale et le changement de langue impossible à la volée.

La Panthère noire

Crédits images : © UFO Distribution

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm

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