Toto et ses soeurs (2014) : le test complet du DVD

Toto si surorile lui

Réalisé par Alexander Nanau

Édité par jhr Films

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Le 16/06/2016
Critique

Toto et ses soeurs

Dans une cité ghetto de Bucarest où sont concentrés des Roms, Totonel dit « Toto », 10 ans, et ses deux soeurs Ana, 17 ans, et Andreea, 14 ans, partagent seuls un minuscule appartement. Seuls, pas tout à fait : leur mère purgeant une peine de prison pour trafic de drogue, les trois enfants sont confiés à la garde de leur oncle Ilie qui apparaît, de temps à autre, pour se shooter avec des amis. Les enfants finiront par être placés à l’orphelinat.

Toto et ses soeurs, sorti en 2014, primé à Angers, Cannes (Prix France Culture), Londres, Budapest, Leipzig, Munich, Zurich… est le troisième film du documentariste allemand Alexander Nanau, après Peter Zadek met en scène Peer Gynt (2006, disponible en Allemagne) et The World According to Ion B. (2009, couronné par un Emmy award) sur l’histoire d’un SDF devenu un artiste célèbre avec ses collages.

Sollicité par son producteur pour la réalisation d’un documentaire sur la communauté rom, Alexander Nanau, né en Roumanie qu’il a quittée à 11 ans pour l’Allemagne, a choisi le regard d’enfants sur leur monde : une cité ghetto aux rues défoncées et trottoirs-dépotoirs entre de petites barres d’immeubles aux façades lépreuses.

La caméra, qui a suivi la fratrie pendant quatorze mois, semble s’être fait oublier, le réalisateur ayant effectué seul ou assisté de deux technicien la plupart des prises de vue. Certaines scènes, apparaissant à la projection au format vidéo 4/3, ont même été filmées à l’aide de petites caméras par les enfants, dont une confrontation particulièrement émouvante entre Andreea, la cadette, et Ana, l’aînée retombée dans la drogue après une cure de désintoxication.

Filmé par une caméra portée (mais stable), essentiellement en plans fixes, avec prise de son directe, Toto et ses soeurs a été monté dans l’ordre chronologique. Le choix du format 2.35:1 peut paraître curieux mais a permis, dans l’espace exigu du petit appartement, de faire entrer plusieurs personnages dans le cadre.

Une question s’impose au visionnage, sur le genre de l’oeuvre : est-ce un documentaire ou une fiction ? Dans l’entretien et le débat proposés en bonus, le réalisateur coupe court à la discussion : il est, pour lui, difficile de distinguer les deux genres.

Son approche est celle du «  cinéma direct  » : créer un climat de confiance avec les enfants, laisser les événements se dérouler, sans intervenir. Ainsi, le réalisateur (tout comme sa caméra) devient rapidement invisible : il n’apparaît jamais, ne pose pas de questions, ne donne aucune instruction.

Toto et ses soeurs

Technique - 8 / 10

Édité par la jeune société de distribution jhr Films, Toto et ses soeurs (93’) et une heure de bonus tiennent sur un DVD-9 logé dans un fin digipack (6 mm). Le menu animé et musical propose le film dans sa version originale (Dolby Digital stéréo) avec sous-titres français malheureusement incrustés dans l’image alors qu’ils auraient été plus lisibles sur la bande noire.

On trouve avec le disque un livret illustré de 8 pages contenant trois articles : un intéressant entretien avec le réalisateur sur sa rencontre avec la fratrie, les options de tournage et de montage, suivi d’une déclaration de Laurent Cantet, alors membre du jury du festival d’Angers, qui voit dans le documentaire « un hommage magnifique à la force de vie de ces deux ados ». Pour finir, la fiche technique et une courte biographie d’Alexander Nanau.

Trois suppléments vidéo :

Un entretien avec Alexander Nanau (10’, en anglais sous-titré). Il raconte la genèse du projet, son choix de filmer des enfants jusqu’à leur prise de conscience de l’existence d’un monde meilleur que celui où le hasard de leur naissance les a placés. Jamais plus de trois personnes sur les lieux de tournage (réalisateur-cameraman, preneur de son et éclairagiste) et parfois une seule. Il fut facile d’obtenir la confiance des enfants, flattés qu’on s’intéresse à eux.

Débat France Culture avec Antoine Guillot (44’, en anglais, avec traduction simultanée). Le réalisateur répond aux questions de l’animateur et de spectateurs après la projection au festival de Cannes en 2015. Il y a dans ce document certaines redites avec le premier bonus. Mais s’y ajoutent des informations sur le penchant précoce d’Alexander Nanau pour le cinéma qui préférait, en cachette de ses parents, le visionnage de cassettes VHS aux devoirs à la maison. Pour lui, le cinéma participe à l’expérience de la vie en permettant au spectateur de s’identifier à des personnages divers. On l’interroge aussi sur le sort des trois enfants, trois ans après la fin du tournage : Andreea vit avec son petit ami et Totonel, toujours à l’orphelinat, assidu à l’école, continue à participer à des compétitions de hip hop. Ana est retournée en prison pour le vol d’un téléphone pendant sa liberté surveillée. Le film, bien reçu en Roumanie, aidera peut-être certains à porter un regard plus bienveillant sur les Roms…

Pour finir, trois scènes coupées d’une durée totale de 6 minutes.

On trouve également un flyer avec un code promo qui permet de visionner le documentaire d’Alexander Nanau The World According to Ion B. gratuitement sur UniversCine.

L’image (2.35:1) numérique est d’une bonne qualité, propre et bien définie, lumineuse dans les scènes de jour avec des couleurs naturelles.

Le son Dolby Digital stéréo est clair, avec un bon équilibre entre ambiance et dialogues, une assez bonne ampleur, mais une séparation limitée des deux canaux.

Toto et ses soeurs

Crédits images : © Strada Film

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
8 / 10
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Philippe Gautreau
Le 17 juin 2016
Le documentariste Alexander Nanau a suivi pendant plus d’un an trois enfants du ghetto rom de Bucarest. Il a réussi à faire oublier la présence de la caméra et à nous faire partager leur vie. Une convaincante démonstration de « cinéma direct », plusieurs fois primée.

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