Va, Toto ! : le test complet du DVD

2017. Réalisé par Pierre Creton
Avec et Sabine Haudepin

Édité par jhr Films

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Le 29/03/2018
Critique

Va, Toto !

Vattetot-sur-mer, en Normandie. Après une battue au sanglier, Madeleine, 77 ans, recueille un marcassin orphelin, Toto, qu’elle élève au biberon. Vincent quitte la Normandie pour le nord de l’Inde où il est fasciné par les macaques. Joseph nourrit une vingtaine de chats et, depuis qu’il doit dormir avec une machine à pression positive continue, raconte les rêves qu’il fait toutes les nuits. Pierre Creton va entrer, avec sa caméra, dans l’intimité de ses amis, Madeleine, Vincent et Joseph…

Va Toto !, entre documentaire et fiction, déballe sur l’écran, des petits moments de vie, piochés l’un après l’autre, un peu au hasard. Un des trois personnages renvoie à un quatrième, puis à un cinquième…

Des personnages tout ce qu’il y a d’ordinaire… Enfin, pas vraiment. Madeleine, par exemple, est capable de nommer toutes les plantes de son jardin et de les classer par règne, division, classe, ordre, famille, genre et espèce ! Et elle n’a pas oublié, après soixante-dix ans, le « non ! » libérateur qu’elle a opposé à son père quand elle avait 18 ans.

Va Toto !, de fil en aiguille, dans une suite d’instants privilégiés, de confidences, va lever des coins de voile, découvrir la singularité d’anonymes, saisir au vol des bribes de poésie, sentir les angoisses, suggérer l’approche incontournable de la mort… Se mêlent subrepticement aux anonymes, Catherine Mouchet, Xavier Beauvois ou Sabine Haudepin, alors que d’autres leur prêtent leur voix : Françoise Lebrun, Jean-François Stévenin, Rufus et Grégory Gadebois.

oeuvre inclassable d’un cinéaste inclassable. Formé aux Beaux-Arts du Havre, Pierre Creton, devenu exploitant agricole, tirera de cet état le matériau de la plupart de ses documentaires. Sorti de terre, son cinéma, tout à la fois sensuel et intellectuel, empreint de poésie, invite au rêve.

Ces petites histoires fragmentées (comme l’image elle-même dans des séquences montées en split screen) sont reliées les unes aux autres par un fil rouge, le rapport entre humains et animaux. Faits d’attirances, parfois de menaces de mort, celles qui pèsent sur Toto, un animal portant l’étiquette « nuisible » qu’on va aussi coller sur la peau des macaques de Shimla, capitale de l’état d’Himachal Pradesh au nord-ouest de l’Inde.

Va Toto !, primé au Festival international de cinéma de Marseille, a été salué le 30 janvier 2017 par le Prix du film singulier francophone décerné par le Syndicat Français de la Critique de Cinéma.

Va, Toto !

Généralités - 4,0 / 5

VaToto ! (92 minutes et non 98 minutes comme indiqué sur l’étui) et ses suppléments (59 minutes) tiennent sur un DVD 9 logé dans un digipack glissé, avec un livret de 70 pages, dans un étui noir.

Le menu animé et musical propose le film au format audio Dolby Digital 2.0 (et non 5.1 comme indiqué sur l’étui).

Le livret s’ouvre sur La bande-son du monde animal, une préface dans laquelle Mathilde Girard souligne que, dans le film, « l’animal est l’hôte sublime et inquiétant qui réanime en chacun l’enfance, le rêve et les pérégrinations sexuelles (…) sans aucune leçon psychologique ni éthologique ». Suit, Va Toto !, un texte d’une quarantaine de pages où Pierre Creton décrit les personnages, Madeleine, Vincent et Joseph, leur environnement, ses relations avec eux pendant le tournage. Un livre devenu le scénario du film. Le livret se referme sur une postface de Cyril Neyrat intitulée Veiller sur le seuil, une réflexion sur la relation entre le livre, le scénario et l’image, sur la symbolique du split screen, matérialisant « l’écart entre la vie des animaux et l’existence humaine »…

Bonus - 4,0 / 5

En complément, deux courts métrages de Pierre Creton et Vincent Barré :

Petit traité de la marche en plaine (2014, 1.78 :1, couleurs, 25’). Vattetot-sur-mer, de mars à mai. La caméra, dans une succession de longs plans fixes, suit les promenades d’un homme dans des chemins creux, en bordure des champs, au sommet d’une haute falaise surplombant la mer. Il lui arrive de s’arrêter, de sortir de la besace un livre, Écrits de Gustave Roud, dont il lit des extraits, avant de reprendre sa longue marche, de faire une pause pour regarder le paysage, pour souffler ou s’abriter de la pluie, avant de rentrer chez lui pour écouter un disque de poésies de Gustave Roud.

L’Arc d’iris - Souvenir d’un jardin (2006, 1.33:1, couleurs, 33’). En juillet-août 2005, parcourant, de village en village, la vallée du Spiti, dans la province de Himachal Pradesh, au nord de l’Inde, un promeneur filme, à flanc de montagne, les plantes en pleine floraison : hyoscyamus niger, scutellaria prostata, codonopsis clematidea, geranium, aster molliusculus, cicerbita, thalictrum foetidum, dactylorhiza hatagirea, etc. sont les plus communes de l’endroit. D’autres, parfois moins accessibles, sont nichées dans les anfractuosités de parois rocheuses. Toutes sont filmées en gros plan, balancées par le vent, irradiant une « lumière énigmatique ». Des prières chantées sur fond d’écran noir font la transition d’un village au suivant.

Va, Toto !

Image - 4,0 / 5

L’image (1.78:1), assez douce, propose des couleurs naturelles, bien étalonnées, lumineuses et délicatement contrastées, avec des noirs denses qui ont cependant tendance à se boucher dans quelques scènes d’intérieur filmées en éclairage naturel.

Son - 4,0 / 5

Le son Dolby Digital 2.0 mono (et non 5.1 comme indiqué sur l’étui) est propre, avec un spectre moyennement ouvert, restitue la voix des narrateurs avec clarté et les bruits de la nature avec finesse.

Crédits images : © jhr Films

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

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Philippe Gautreau
Le 29 mars 2018
Va Toto !, entre documentaire et fiction, déballe sur l’écran des petits moments de vie, piochés l’un après l’autre, un peu au hasard. Primé au Festival international de cinéma de Marseille, ce film inclassable d’un cinéaste inclassable a été salué par le Prix du film singulier francophone décerné par le Syndicat Français de la Critique de Cinéma.

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