Alfred Hitchcock présente - La série originale - Saison 7 : le test complet du DVD

Alfred Hitchcock Presents

1961. Réalisé par Alan Crosland Jr.
Avec Alfred Hitchcock, Charles Bronson et Robert Redford

Édité par Elephant Films

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Le 08/06/2018
Critique

Alfred Hitchcock présente - La série originale - Saison 7

Voici cette dernière saison 7 contenant 38 histoires télédiffusée aux USA du 10 octobre 1961 au 26 juin1962, sans oublier une dernière et 39ème histoire qui était totalement inédite, même là-bas.

Sur ces 39 histoires, 30 étaient inédites en France : elles sont ici présentées en VOSTF. Les 9 autres sont présentées aux choix en VF d’époque ou en VOSTF : Le Carton à chapeau (1961), Haut les mains ! (Bang ! You’re dead) (1961 unique et célèbre histoire, réalisée par Hitchcock lui-même, qui intéressera les « pro-NRA » comme les « anti-NRA » en raison de son sujet et de sa belle intensité dramatique), Flic d’un jour (1961 réalisé par Paul Henreid avec Walther Matteau), Tenez-moi compagnie (1961 avec Anne Francis), Un Vrai professionnel (1961 réalisé par Paul Henreid avec Richard Conte), Un détective très privé (1961), L’Instinct de survie (The Woman who wanted to live) (1962 avec Charles Bronson et Lola Albright), La Baby-sitter (The Big Score) (1962 réalisé par Boris Sagal), L’Eternel trio (Apex) (1962 avec Patricia Breslin).

A noter aussi la présence de l’actrice Barbara Steele, remarquable dans l’histoire Beta Delta Gamma (1961) où elle joue une étudiante perverse participant à une plaisanterie sous forme de mise en scène macabre aux conséquences réellement meurtrières. La mise en scène, signée par un inconnu, est fonctionnelle et neutre mais rien que pour cette présence, ce coffret n°7 prend désormais l’aspect d’un « collector » pour tout amoureux des classiques du cinéma fantastique ! C’est l’année où elle tourne aux côtés de Vincent Price dans La Chambre des tortures (The Pit and the Pendulum) (USA 1961) de Roger Corman avant de retourner en Italie où Le Masque du démon (Ital. 1960) de Mario Bava venait de lui permettre de devenir une vedette à part entière. Lorsqu’on songe aujourd’hui que Hitchcock producteur avait Barbara Steele sous la main en 1961 et qu’il l’a laissée repartir en Europe au lieu d’en faire immédiatement la star d’un de ses longs-métrages cinéma, on se dit qu’Hollywood ne fut décidément pas toujours perspicace en matière de « star-système ». Tant pis pour Hitchcock et tant mieux pour Riccardo Freda qui la filma si admirablement à son retour italien dans L’Effroyable secret du docteur Hichcock (Raptus) (Ital. 1962) puis dans Le Spectre du professeur Hichcock (Lo Spettro) (Ital. 1963).

Alfred Hitchcock présente - La série originale - Saison 7

A noter enfin, last but not least, une dernière histoire totalement inédite même aux USA, incluse à la fin du DVD 6, The Sorcerer’s Apprentice (1962), écrite par Robert Bloch, l’auteur du roman Psychose (USA 1960) adapté au cinéma par Hitchcock et le scénariste Joseph Stefano, tourné, comme on le sait, avec une grande partie de l’équipe technique de la série TV. Avec en vedette l’actrice anglaise super sexy Diana Dors, cette dernière histoire fut pourtant refusée par la TV NBC car sa fin avait été jugée trop cruelle par la censure interne de la chaîne de télé ! Soixante ans environ après sa production, son inclusion constitue une seconde raison de considérer ce coffret saison 7 comme « collector ». Elle emprunte son argument à un classique antérieur du cinéma fantastique, à savoir The Mad Magician (USA 1954) de John Brahm et elle annonce Le Sorcier macabre (USA 1970) de H. G. Lewis.

Hitchcock producteur supervisait la réalisation de la série mais on peut cependant relever les noms historiquement intéressants des cinéastes crédités dans cette saison 7. Par exemple le vétéran français Robert Florey, émigré aux USA et qui avait signé les classiques du cinéma fantastique Double assassinat dans la rue Morgue en 1932 avec Bela Lugosi et La Bête à cinq doigts en 1946 avec Peter Lorre : il signe ici une dizaine d’épisodes. Aussi le cinéaste Paul Henreid (extraordinaire acteur dans le passionnant film noir Le Balafré (Hollow Triumph) (USA 1948) de Steve Sekely) qui signa, en tant que réalisateur, la réalisation de 28 histoires de la série entre 1957 et 1962. Enfin celui du jeune cinéaste Boris Sagal, futur réalisateur du classique science-fiction Le Survivant (The Omega Man) (USA 1970) avec Charlton Heston. Dans de telles séries TV, surtout lorsque les saisons s’enchaînent sur une durée aussi longue, une vieille garde coexiste naturellement avec une nouvelle génération de cinéastes. Il n’est d’ailleurs pas nécessaire de privilégier les histoires signées par des noms célèbres car celles réalisées par des artisans moins renommés chez nous voire totalement inconnus (tels que, pour cette saison 7, Alan Crosland Jr., Hershel Daugherty, Norman Lloyd qui fut aussi acteur) peuvent aussi réserver de belles surprises.

Les histoires oscillent, d’une manière générale, très régulièrement entre film noir policier et cinéma fantastique, d’horreur et d’épouvante, sans oublier une touche d’humour ou d’ironie parfois très noire, sans oublier non plus l’exigence d’un « retournement » final, modifiant la donne dramatique au dernier moment. Le matériel littéraire (scénario original ou nouvelle adaptée) est signé par des auteurs aussi divers que Robert Bloch, John Collier, John Wyndham, Henry Slesar, Richard Levinson et William Link, sans oublier George Langelaan (l’auteur de la célèbre histoire de La Mouche noire). Lorsque la criminalité psychopathologique est au menu scénaristique, alors se profilent des genres modernes tels que le « giallo » italien ou bien encore le « slasher » américain. Enfin le casting comporte la fine fleur des actrices et acteurs du Hollywood des années 1955-1960 et des apparitions d’étoiles montantes venues d’Europe (le plus bel exemple étant ici l’actrice Barbara Steele). C’est dire que, aux yeux du cinéphile comme de l’étudiant en histoire du cinéma, cette série s’avère intégralement indispensable.

Alfred Hitchcock présente - La série originale - Saison 7

Généralités - 5,0 / 5

1 coffret 6 DVD sérigraphiés + livret illustré, édité par Elephant films le 25 avril 2018.

39 moyens-métrages de 25 minutes environ, image N&B au format 1.37 compatible 4/3, son VOSTF pour 30 épisodes et VOSTF + VF d’époque pour 9 épisodes. Bonus : un livret illustré, un entretien avec Eddy Moine, des bandes-annonces.

Bonus - 2,5 / 5

Un livret illustré avec 39 fiches techniques et photos N&B, rédigé par Jérémy Coifman, constitue le bonus le plus utile. Ce livret, clairement sectionné en couleurs correspondantes aux n° des DVD, présente dans leur ordre chronologique de télédiffusion et de production, chacun des 39 épisodes, muni d’une brève mais essentielle fiche technique, d’une photo N&B et d’un résumé de scénario. Très utile petit guide en forme d’aide-mémoire, bien conçu et au format de lecture agréable. Attention, il est tout de même fondamentalement léger et parfois il y manque un élément important : par exemple la présence de Barbara Steele n’est pas mentionnée au générique succinct de l’histoire dans laquelle elle joue alors qu’elle constitue son principal intérêt.

L’entretien avec Eddy Moine (durée : 14 min.) inclus dans le DVD n°6 résume rapidement (à l’image du débit parfois lui-même un peu trop rapide du locuteur) mais correctement la genèse et l’histoire complète des séries produites par Hitchcock à la télévision de 1955 à 1965. Sans oublier les éléments d’histoire du cinéma interférant avec l’ensemble de la saison d’une part et la filmographie d’Hitchcock d’autre part. La section concernant le tournage de Psychose est évidemment légère par elle-même mais elle était nécessaire. A noter la mignonne photo de tournage N&B de Lâchez les monstres ! (Scream and Scream Again !) (GB 1970) de Gordon Hessler, située juste au début de la section consacrée à Hessler puisque ce dernier fut lecteur à partir de 1955 puis producteur exécutif de la série suivante « The Alfred Hitchcock Hour » (1962-1964). Cette photo de tournage n’est pas, si ma mémoire est bonne pendant que j’écris ces lignes, identifiée par Moine comme telle au moment où elle apparaît.

Enfin signalons quelques bandes-annonces d’autres classiques édités par Elephant films à savoir Espions sur la Tamise, Pour toi j’ai tué, etc.

Image - 4,0 / 5

L’ensemble est au format original 1.37 N&B compatible 4/3 : les copies argentiques sont parfaitement nettoyées (le matériel chimique est logiquement en meilleur état en 1961 qu’en 1955, car moins ancien) et les numérisations vidéo sont soignées. Seules d’éventuelles poussières négatives ou positives subsistent parfois sur un ou deux rares plans. Le bruit vidéo est lui aussi très bien contrôlé.

Son - 4,0 / 5

Le son est du mono 2.0 parfaitement nettoyé lui aussi, qu’il s’agisse des VOSTF ou des VF d’époque. Quelques erreurs ou coquilles dans les STF, parfois des fautes de syntaxe ou un vocabulaire argotique récent mais sur une telle quantité de disques et d’épisodes, c’est inévitable : l’ensemble est cependant assez bien traduit, en règle générale. Les VF, lorsqu’elles existent, sont soignées pour l’époque, aux normes cinéma, et souvent très savoureuses. Souffle et niveaux sonores bien étalonnés, bonne répartition des effets sonores, des dialogues et de la musique.

Alfred Hitchcock présente - La série originale - Saison 7

Crédits images : © Éléphant Films

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Panasonic FullHD
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Sony
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p

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