La Juste route : le test complet du DVD

1945

2017. Réalisé par Ferenc Török
Avec Péter Rudolf, Bence Tasnádi et Tamás Szabó Kimmel

Édité par Septième Factory

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Le 12/06/2018
Critique

La Juste Route

Dans une petite ville de Hongrie, le 12 août 1945, la radio rappelle le lâcher d’une bombe atomique sur le port de Nagasaki. Le secrétaire de mairie s’apprête à marier son fils qui exploite un commerce de cosmétiques et de parfums, autrefois tenu par des Juifs. Ce matin-là, descendent du train, avec deux grandes malles, deux hommes, des juifs arrêtés ici-même cinq ans plus tôt, que personne ne s’attendait à voir revenir.

La Juste route (1945), salué par plusieurs récompenses, dont le Grand prix du festival international de Ghent, réalisé en 2017 par Ferenc Török, frappe par l’apparente sobriété de sa progression, au rythme de la longue marche des deux hommes en noir derrière la charrette qui transporte les deux malles.

Cette maison est à nous. Ici, tout nous appartient !

Les deux hommes n’échangent pas un seul mot, à peine un regard, tout au long du trajet. En contraste avec ce calme, l’agitation gagne les villageois. Que renferment les deux malles ? Le bruit court qu’elles sont remplies de parfums destinés à la boutique que les deux hommes exploitaient avant leur arrestation, pas loin de la grande maison où logeait leur famille. Beaucoup craignent que la charrette ne s’arrête devant leur maison et qu’ils aient à restituer les biens qu’ils se sont appropriés il y a cinq ans.

Le noir et blanc fortement contrasté de La Juste route, avec des blancs souvent brûlés, renforce l’âpreté du récit, à laquelle s’accordent parfaitement les pulsations de la musique originale épurée de Tibor Szemzö, compositeur de l’accompagnement musical de près de 25 films hongrois.

La Juste route se distingue également par la beauté de cadres harmonieusement équilibrés et éclairés, apparemment filmés en lumière naturelle, due au talent d’Elemér Ragályi, chef opérateur réputé bien au-delà des frontières de la Hongrie qui avait, notamment, contribué à la réussite de La Terre éphémère (Simindis kundzuli, 2014) du réalisateur géorgien George Ovashvili.

La Juste Route

Généralités - 2,5 / 5

La Juste route (87 minutes) et son supplément (34 minutes) tiennent sur un DVD-9 logé dans un boîtier non fourni pour le test.

Une édition de Septième Factory qui a commencé, il y a deux ans, à constituer un catalogue éclectique où l’on trouve, notamment, Tracks, le récit de l’étrange traversée du désert australien par Robyn Davidson.

Le menu animé et musical propose le film dans sa version originale au format Dolby Digital 5.1, avec sous-titres imposés, incrustés dans l’image.

Sous-titres pour malentendants.

Bonus - 3,0 / 5

À l’ombre de la spoliation, par Michel Jeannoutout (34’), président de la Commission d’indemnisation des victimes de spoliations. Le film souligne une réalité : l’antisémitisme n’avait pas disparu en 1945. Il rappelle les mesures prises, dans la France occupée, contre les Juifs, mises en oeuvre par les autorités françaises : interdiction d’exercer certaines professions, spoliation des biens, déportation en 1942. Les Français de confession juive ont pu, après la libération, recouvrer très vite la propriété, facilement traçable, des biens immobiliers dont ils avaient été spoliés. Le processus a été beaucoup plus long pour les biens mobiliers et les biens culturels, pourtant souvent inventoriés par les fonctionnaires. La récupération a été facilitée par le décret du 10 septembre 1999 instituant la Commission d’indemnisation des spoliations commises du fait des lois antisémites qui, saisie par les requérants, présumés de bonne foi, fait en leur nom les recherches en France et en Allemagne. Le rapport qu’elle établit est soumis à un collège d’experts qui fait une recommandation au premier ministre seul habilité à rendre une décision exécutoire (sur 39 000 dossiers, la recommandation du collège n’a pas été suivie dans seulement 5 cas). Aujourd’hui encore, la commission reçoit encore une dizaine de demandes par mois, un retard dans les réclamations qui peut souvent s’expliquer par le sentiment de culpabilité de ceux qui ont échappé à la mort. En 2017, la commission a recommandé des indemnisations à hauteur de 539 millions d’euros.

Un complément intéressant bien qu’il ne concerne pas directement le film.

La Juste Route

Image - 5,0 / 5

L’image (1.85:1), très propre, d’une fine texture, propose un parfait dégradé de gris, allant de noirs très denses à des blancs très lumineux, parfois brûlés, un choix en harmonie avec l’austérité de l’oeuvre. Tout l’espace du disque a été utilisé : aucun défaut de compression n’a été relevé.

Son - 4,5 / 5

Le son Dolby Digital 5.1, propre, lui aussi, d’une grande finesse, révèle les petits bruits de la nature, chants d’oiseaux, vol d’une mouche, bruissement des feuilles. Une large ouverture du spectre et une bonne dynamique mettent en valeur le bel accompagnement musical. Une répartition sur les cinq voies crée une discrète, mais cohérente, sensation d’immersion.

La Juste Route

Crédits images : © Septième Factory

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
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Philippe Gautreau
Le 12 juin 2018
La Juste route frappe par l’apparente sobriété de sa progression, au rythme de la longue marche de deux hommes en noir derrière une charrette qui transporte deux mystérieuses malles, et par la qualité de sa photo et de son accompagnement musical.

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