Carré 35 (2017) : le test complet du DVD

Réalisé par Éric Caravaca

Édité par Pyramide Vidéo

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Le 21/11/2018
Critique

Carré 35

« Carré 35 est un lieu qui n’a jamais été nommé dans ma famille ; c’est là qu’est enterrée ma soeur aînée, morte à l’âge de trois ans. Cette soeur dont on ne m’a rien dit ou presque, et dont mes parents n’avaient curieusement gardé aucune photographie. C’est pour combler cette absence d’image que j’ai entrepris ce film. Croyant simplement dérouler le fil d’une vie oubliée, j’ai ouvert une porte dérobée sur un vécu que j’ignorais, sur cette mémoire inconsciente qui est en chacun de nous et qui fait ce que nous sommes. »

Avec Carré 35, l’acteur Éric Caravaca, révélé par C’est quoi la vie ? (François Dupeyron, 1999) et par Sans plomb (Muriel Téodori, 2000), revient une deuxième fois derrière la caméra après Le Passager, une autre histoire de famille et de deuil qui reçut à sa sortie, en 2006, un bon accueil critique.

C’est le besoin d’en savoir plus sur cette soeur dont il n’a appris l’existence qu’en arrivant à l’adolescence, d’éclaircir le mystère entretenu par ses parents, de dissiper les contradictions de leur récit qui l’a décidé de mener une enquête. Elle l’a conduit au cimetière chrétien de Casablanca, sur la tombe de Christine, où il espérait trouver sa photo.

Carré 35, dédié à François Dupeyron, joliment photographié par Jerzy Palacz, montre comment Éric Caravaca a pu percer une partie du secret de famille, et découvrir, ou supposer, peu à peu, pourquoi la fillette avait été effacée de l’histoire familiale. De fil en aiguille, d’autres secrets sont mis au grand jour dans ce récit chargé d’émotion contenue qui lève aussi un coin de voile pour évoquer les violences des guerres-« événements » qui ont conduit à l’indépendance du Maroc, puis de l’Algérie.

Carré 35

Généralités - 3,5 / 5

Carré 35 (64 minutes) et ses suppléments (51 minutes) tiennent sur un DVD-9 logé dans un fin digipack à trois volets.

Le menu animé et musical propose le film en deux formats audio, Dolby Digital 5.1 et 2.0 stéréo.

Sont également disponibles, une piste d’audiodescription Dolby Digital 2.0 et des sous-titres pour malentendants.

Bonus - 4,0 / 5

Kabuki (12’). Un adulte et des enfants dansent, le visage caché sous un masque noir. Les masques finissent par tomber : les enfants sont trisomiques.

Serge Tisseron (12’), psychiatre le dit : si l’on cache quelque chose à un enfant, il le sent, se replie sur lui-même et se construit une représentation du secret, un « fantôme » qui peut le hanter. Il explique aussi la destruction des photos de la fillette morte et le déni de la réalité par le désir de faire disparaître un sentiment de honte et de culpabilité.

Galerie d’anatomie (6’). Musée d’anatomie de Montpellier : la caméra, dans un lent travelling latéral, fait défiler des foetus anormaux conservés dans des bocaux. La question est posée : peut-on reconnaître en ces enfants monstrueux des semblables ?

Claude Nachin (8’), psychiatre, accompagne des personnes affectées par des deuils difficiles pour les aider à trouver la paix « dans la crypte au fond de soi ».

La mémoire et la mort (5’). Faute d’avoir pu retrouver la photo de sa soeur, le réalisateur regarde dans le cimetière celles des autres, des inconnus qui ont gardé le secret de leur destinée. Des « certificats d’existence » qui finiront par s’effacer avec le temps… bien que les morts vivent toujours, au fond de nous-mêmes. Une fumée noire (celle d’une crémation ?) se dissipe dans l’air jusqu’à devenir invisible…

Pascal, fils de Francisco (4’). Pascal, un cousin du réalisateur, n’avait que peu de souvenirs de son père, divorcé. Un jour, sa mère reçoit un télégramme et lui dit, sans plus : « Ton père est mort ». Un souvenir douloureux qui a révélé un manque.

Diaporama (4’). Une suite de photographies prises par le réalisateur à Casablanca.

Carré 35

Image - 4,5 / 5

L’image (1.85:1), bien résolue, propose des couleurs fraîches et naturelles, agréablement contrastées. Les inserts d’archives filmées et des bouts de films de famille en 8 mm, essentiels au récit, sont d’une qualité variable, mais toujours acceptable.

Son - 4,0 / 5

Pas de grandes différences entre les deux formats proposés, Dolby Digital 5.1 et 2.0 stéréo : l’image sonore reste très centrée sur les voies frontales, très peu séparées, ce qui n’est guère gênant, la bande-son contenant presqu’exclusivement des monologues, toujours clairement restitués, comme l’agréable accompagnement musical original de Florent Marchet.

Carré 35

Crédits images : © Pyramide

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
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Philippe Gautreau
Le 21 novembre 2018
Dans sa quête pour en savoir plus sur sa sœur, morte à quatre ans, Éric Caravaca découvre, peu à peu, pourquoi la fillette avait été effacée de l’histoire familiale. De fil en aiguille, d’autres secrets sont mis au grand jour dans ce récit chargé d’émotion contenue qui lève aussi un coin du voile sur les violences des "guerres-événements" qui ont conduit à l’indépendance du Maroc, puis de l’Algérie.

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