The Last Family : le test complet du DVD

Ostatnia rodzina

2016. Réalisé par Jan P. Matuszynski
Avec Andrzej Seweryn, Dawid Ogrodnik et Aleksandra Konieczna

Édité par Potemkine Films

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Le 09/08/2018
Critique

The Last Family

En 1977, le peintre surréaliste polonais Zdzisław Beksiński, sa femme Zofia et leur fils Tomasz quittent la maison familiale de Sanok, au sud-est de la Pologne, pour s’installer à Varsovie, dans un petit appartement, au milieu de barres d’immeubles en béton. Il n’est pas facile pour la famille de s’adapter à ce nouveau cadre de vie, en particulier pour Tomasz, dépressif et suicidaire…

The Last Family (Ostatnia rodzina), realisé en 2015, est le second long métrage de Jan P. Matuszynski, après Deep Love, un documentaire sur la rééducation d’un plongeur paralysé à la suite d’une attaque cérébrale, Prix du meilleur documentaire à Moscou en 2014.

Le film, fidèle à la biographie de Zdzisław Beksiński, peintre, sculpteur et photographe, s’ouvre, avant le générique, sur l’évocation de fantasmes d’ébats sadomasochistes avec la jeune actrice Alicia Silverstone, que le peintre décrit à un visiteur et qu’il imagine voir un jour en réalité virtuelle. La scène suivante nous ramène au moment de l’arrivée de la famille à Varsovie, en plein hiver. Zdzisław Beksiński, accompagné de son épouse et de sa mère, prend une photo tous les dix pas : une scène emblématique de la routine du peintre qui n’a cessé d’enregistrer la vie de sa famille, principalement à l’aide d’une caméra VHS. L’aspect documentaire du film est souligné par l’ajout subtil d’inserts au format 1.33:1, parfois filmés en VHS, certains même empruntés à la collection de films tournés par Zdzisław Beksiński.

The Last Family, avec des allers et retours du présent au passé, dresse le portrait de la famille nucléaire, agrandie par la présence dans l’appartement de la mère de Zdzisław et celle de Zofia. Un portrait sur plusieurs décennies, sans enjolivures, d’un réalisme cru, par moments sordide. Zdzisław, avachi sur son assiette, avoue lui-même manger comme un porc. L’exiguïté de l’appartement est accentuée par l’entassement des invités au dîner de Noël. Quand il filme Tomasz, c’est souvent pour montrer son sans-gêne ou ses colères destructrices. La dernière scène nous fait assister, de loin, au fond d’un couloir, à la fin tragique du peintre.

The Last Family

The Last Family, bien que ce ne soit pas son premier objectif, permet aussi de découvrir l’art surréaliste et symboliste de Zdzisław Beksiński, encore plus dérangeant que sa représentation de la vie de famille. Un univers lugubre, fascinant, cauchemardesque, peuplé de personnages déformés, squelettiques, dans lequel on sent la présence de la mort, de la décomposition. Pourtant le peintre, s’estimant incompris, disait voir dans son oeuvre un optimisme teinté d’humour ! Une partie de son oeuvre restera inconnue : avant de quitter Sanok, il a brûlé des toiles qu’il jugeait imparfaites ou « trop personnelles ».

The Last Family doit beaucoup au trio d’acteurs principaux. Le visionnage des vidéos jointes dans les suppléments montre qu’Andrzej Seweryn, salué à Locarno, en 2016 avec le Prix du meilleur acteur, comme à la Berlinale de 1980 pour Le Chef d’orchestre (Dyrygent, Andrzej Wajda, 1980), donne une composition du peintre saisissante de vérité. Il est efficacement accompagné, dans le rôle de Tomasz, par Dawid Ogrodnik, vu dans Ida de Pawel Pawlikowski (2013), et dans [PROGRAM(11_minutes)] (11 minut, Jerzy Skolimowski, 2015). Aleksandra Konieczna reçut trois prix d’interprétation en Pologne pour son interprétation de Zofia Beksińska.

Salué par plus d’une vingtaine de prix, The Last Family, un film d’auteur à découvrir, révèle le talent et l’originalité de Jan P. Matuszynski, un jeune cinéaste dont on reparlera sans aucun doute.

The Last Family

Généralités - 3,0 / 5

The Last Family (117 minutes) et ses généreux suppléments (121 minutes) tiennent sur deux DVD-9, l’un supportant le film, l’autre les bonus, logés dans un boîtier non fourni pour le test.

Le menu animé et musical propose le film dans sa version originale, avec sous-titres optionnels, au format Dolby Digital 5.1 ou 2.0 stéréo.

Bonus - 4,0 / 5

Les suppléments sont tous logés sur le deuxième DVD.

Entretien avec Jan P. Matuszyński (24’). En anglais, le réalisateur dit qu’il n’a pas voulu réaliser une biographie de Zdzisław Beksiński, mais donner trois versions de sa vie de famille, à la fois normale et bizarre, vue par les yeux de chacun de ses membres. Des séquences, certaines filmées en VHS, rappellent, en s’y substituant, celles prises par le peintre. Il insiste ensuite, un peu longuement, sur le choix de l’accompagnement musical. La peinture de Beksiński, toujours présente, apparaît en toile de fond sur les tableaux accrochés aux murs de l’appartement de la famille et de celui de Tomasz.

Entretien avec Andrzej Seweryn (17’). L’acteur, en français, rappelle qu’il s’est préparé au tournage en découvrant les peintures et sculptures de Beksiński et se demande encore ce qui le poussait à enregistrer son quotidien, ce qui en a fait l’artiste sur lequel on a aujourd’hui la plus complète documentation. Et pourtant, sa personnalité reste difficile à cerner. Les archives filmées ont été d’une grande utilité à l’acteur pour qu’il puisse s’imprégner de son modèle, prendre ses attitudes et imiter ses gestes.

Les Beksiński : album de sons et d’images (80’). Un montage à été réalisé en 2013 d’une sélection d’enregistrements par caméra VHS ou magnétophone par Zdzisław Beksiński qui constituaient une sorte de journal où il notait les événements survenus dans la famille. On voit surtout Tomasz, naître, grandir à Sanok, connaître à Varsovie des moments difficiles et d’autres, plus heureux, comme traducteur ou animateur d’une émission musicale à la radio. Zofia a une grande place dans cet album qui montre également les deux aïeules en fin de vie. Une précieuse source d’information pour Jan P. Matuszyński et les acteurs.

Image - 5,0 / 5

L’image (2.39:1), finement résolue, bien contrastée, avec peu de grain, propose une palette de couleurs peu saturées, plutôt froides, dans l’ambiance générale du film.

Son - 4,0 / 5

Le son Dolby Digital 5.1 ou 2.0 stéréo, au choix, propre, avec une bonne dynamique et une bande passante largement ouverte, restitue clairement les dialogues et l’accompagnement musical. Le format 5.1 apporte une très discrète impression d’immersion dans l’ambiance.

Crédits images : © Potemkine

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

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Philippe Gautreau
Le 11 août 2018
Salué par plus d’une vingtaine de prix, ce portrait caustique de la vie de famille, un film d’auteur à découvrir, révèle le talent et l’originalité de Jan P. Matuszynski, un jeune cinéaste dont on reparlera sans aucun doute.

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