Orgie satanique (1965) : le test complet du DVD

Devils of Darkness

Réalisé par Lance Comfort
Avec William Sylvester, Hubert Noël et Carole Gray

Édité par Artus Films

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Le 04/03/2019
Critique

Orgie satanique

Orgie satanique (Devils of Darkness) (GB 1965) de Lance Comfort était annoncé à la rubrique HorrorScope (page 229 du tome 3, nouvelle édition augmentée d’août 2018) de la revue Midi-Minuit Fantastique n°13 de novembre 1965. Le n° 17 de juin 1967 en publia une photo N&B de plateau montrant Carole Gray les yeux ouverts dans son cercueil (page 685 du même tome 3). Mais il fallut patienter jusqu’au 02 décembre 1970 pour découvrir finalement le titre à Paris dans une version amputée par la censure anglaise d’une séquence d’orgie montrant une danseuse demi-nue avec un serpent constricteur. Elle est ici heureusement restituée car historiquement elle mérite d’être connue dans la mesure où l’idée de la danseuse au serpent a été reprise dans Une Messe pour Dracula (Taste the Blood of Dracula) (GB 1969) de Peter Sasdy.

Le thème de la sorcellerie et du satanisme est une constante de l’histoire du cinéma fantastique mondial et notamment de l’âge d’or anglais du cinéma fantastique (1955-1975) puisqu’il y fut régulièrement illustré de Rendez-vous avec la peur (Night of the Demon) (GB-USA 1957) de Jacques Tourneur jusqu’à To the Devil a Daughter (Une fille… pour le diable) (GB mars 1976) de Peter Sykes. L’idée du livre de démonologie manquant dans la bibliothèque provient d’ailleurs en droite ligne du film de Tourneur de 1957. Chronologiquement, Orgie satanique est encadré, dans l’histoire du cinéma fantastique anglais, par le Witchcraft (GB 1964) de Don Sharp et par le Hammer film Les Sorcières / Pacte avec le Diable (The Witches) (GB 1966) de Cyril Frankel. Le scénario lui adjoint l’idée, évidemment empruntée à cet autre Hammer film Le Baiser du vampire (GB 1963) de Don Sharp, d’une société secrète d’adeptes rendant un culte magique au vampire. L’idée se défend : après tout, Les Maîtresses de Dracula (GB 1960) de Terence Fisher débutait par la remarque que Dracula était assurément mort mais que ses disciples poursuivaient son oeuvre maudite, corrompant le monde. Qui dit disciples, dit culte et qui dit culte, dit ici forcément magie noire et sorcellerie !

Le spectateur français sourira obligatoirement en entendant nommer le vampire « Comte Sinistre » (né « Armand du Molière ») et il sourira aussi en entendant nommer « inspecteur Malin » l’inspecteur de police, surtout durant la première partie censée se dérouler en Bretagne. Il faut néanmoins passer par-dessus ces éléments inévitablement mais involontairement comiques chez nous (et par-dessus une séquence pré-générique également assez ratée mais que rachète Carole Gray en mignonne gitane) pour jouir ensuite en toute sérénité de la saveur de cette série B dont certaines séquences sont assez belles. Outre les belles Carole Gray et Tracy Reed, la mise en scène discrète mais solide du vétéran Lance Comfort confère un certain cachet à l’ensemble même s’il s’agit d’un scénario rapiécé aux idées empruntées à droite et à gauche.

Orgie satanique

Généralités - 4,0 / 5

Edition spéciale DVD Artus Films, collection British Horror, sortie le 05 juin 2018. Durée 84 min. environ. Présentation du film par Eric Peretti (durée 30 min. environ), diaporama affiches et photos, bandes-annonces originales des films de la collection British Horror. Image au format original 1.85 respecté compatible 16/9, son en VOSTF. Boîtier « digipack  slim » illustré.

Bonus - 3,0 / 5

Ils se composent de trois sections.

D’abord une Présentation du film par Eric Peretti (durée environ 30 min.) qui est précise et illustrée de nombreuses affiches. Elle est nourrie d’informations biographiques et filmographiques sur le cinéaste Lance Comfort et sur la société Planet Film Dist. Elle fournit des détails intéressants sur son tournage (intégralement anglais, contrairement à ce qu’on lit parfois sur internet) et son exploitation anglaise : ce DVD comporte les plans de la danseuse au serpent, amputés par la B.B.F.C. britannique qui classa néanmoins le titre X interdit aux mineurs au moment de sa sortie en 1965. Mais Peretti ne dit pratiquement rien du thème de la sorcellerie dans le cinéma anglais fantastique de 1955-1975; il ne dit presque rien non plus sur les acteurs et absolument rien sur les deux belles actrices Carole Gray et Tracy Reed pourtant si mignonnes.

Ensuite un Diaporama un peu décevant : cinq affiches (la plus belle et la mieux reproduite sur la totalité de l’écran est l’affiche anglaise qu’on trouve aussi reproduite dans le boîtier) et quelque photos N&B de production et de plateau mais aucun jeu complet de photos non détourée d’exploitation anglaise ni française.

Enfin les Films-annonces de la collection British Horror : ce sont les bandes-annonces originales, en VO sans STF, de Le Sang du vampire, La Nuit des maléfices (Satan’s Skin / Blood on Satan’s Claw), Horror Hospital - La griffe de Frankenstein, La Poupée diabolique, La Tour du diable, Orgie satanique. Seule celle de Le Sang du vampire est en très mauvais état chimique, les autres varient de médiocre à bon. A noter que la BA de Orgie satanique est en N&B alors que le film est en couleurs. Ce sont autant de documents d’histoire du cinéma.

Au total une édition spéciale honorable, à mi-chemin entre une édition simple et une édition collector.

Orgie satanique

Image - 4,0 / 5

Format 1.85 compatible 16/9 comme sur le DVD américain et allemand. On se pose la question, sur certains sites internet anglophones, de savoir si le format original était 1.66 ? Vieille et récurrente question concernant les films de ce genre et qui furent tournés à cette époque 1960-1965. Les bonus n’y apportent aucune réponse mais en tout état de cause, l’image est belle, la version présentée est sinon intégrale au moins plus complète que d’autres. Aucun DVD exploité actuellement ne présente le même minutage mais la plus célèbre séquence est ici bien présente. Et cette édition vaut évidemment mieux que l’ancienne édition DVD anglaise recadrée plein cadre en format 1.37. Copie argentique très bien nettoyée : seule la séquence amputée localement par la censure anglaise mais ici restituée (la danseuse au serpent) n’a clairement pas bénéficié du même étalonnage ni de la même colorimétrie. Direction de la photo soignée et belles couleurs, comme toujours avec les productions anglaises de la période 1960-1970, surtout avec celles de la période 1960-1965. Numérisation utilisant au maximum les possibilités du standard DVD.

Son - 5,0 / 5

VOSTF en Dolby Digital 2.0. mono mais le film fut uniquement distribué en VOSTF à Paris fin 1970. Alexandre Mathis me confirme l’avoir vu au cinéma parisien Neptuna en VOSTF. Le Neptuna, me précise-t-il (qui n’appartenait certes pas au circuit Art et essais) présentait de temps en temps des titres en exclusivité et en VOSTF, tout comme le faisait le cinéma Midi-Minuit sur les mêmes boulevards et à la même époque. Il n’y a donc aucune VF à regretter. Jean-Pierre Bouyxou l’avait, pour sa part, vu à Bruxelles en VOSTF sous-titré français+flamand, comme d’habitude. Le cinéphile francophone dispose donc, avec cette VOSTF, du matériel nécessaire et suffisant pour redécouvrir le titre correctement.

Crédits images : © Artus Films

Configuration de test
  • Téléviseur 4K LG Oled C7T 65" Dolby Vision
  • Panasonic BD60
  • Ampli Sony

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