Wajib : L'invitation au mariage (2017) : le test complet du DVD

Wajib

Réalisé par Annemarie Jacir
Avec Mohammad Bakri, Saleh Bakri et Tarik Kopty

Édité par Pyramide Vidéo

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Le 17/07/2018
Critique

Wajib : L'invitation au mariage

Abu Shadi, 65 ans, divorcé, professeur à Nazareth, prépare le mariage de sa fille Amal. Dans un mois, il vivra seul. Shadi, son fils, architecte à Rome depuis des années, est revenu au pays pour l’aider à distribuer les invitations au mariage, de la main à la main, comme le veut la coutume palestinienne du « wajib ». Tandis qu’ils enchaînent les visites chez les amis et les proches, les tensions entre le père et le fils remontent à la surface et mettent à l’épreuve leurs regards divergents sur la vie…

Wajib : L’invitation au mariage (Wajib = obligation religieuse), sorti dans nos salles en février 2018, est le troisième long métrage de la réalisatrice et scénariste palestinienne Annemarie Jacir, après Le Sel de la mer (Milh Hadha al-Bahr, 2008) et When I Saw You (Lamma shoftak, 2013), deux films qui traitent du sort des réfugiés ou exilés palestiniens.

Si la distribution des invitations au mariage fait l’essentiel de l’action de Wajib : L’invitation au mariage, elle ne sert, en réalité, que de prétexte à la confrontation entre Abu Shadi et son fils Shadi, chacun vivant de son côté depuis plusieurs années, dans deux environnements socioculturels très différents, le premier à Nazareth, l’autre à Rome. Le regard critique du fils sur un pays qu’il redécouvre devient celui de la réalisatrice.

Dans ces retrouvailles du père et du fils, la tension dramatique est soutenue par les divergences qui les opposent sans parvenir à masquer un besoin de reconnaissance mutuelle. Peut-être cette tension est-elle, en partie, due à la distribution. Mohammad Bakri (Abu Shadi), un acteur palestinien réputé, un des interprètes récurrents de la saison 3 de la série Le bureau des légendes, est le père de Saleh Bakri (Shadi), qu’Annemarie Jacir avait déjà employé dans ses deux premiers longs métrages. Cette proche parenté entre les deux acteurs est probablement génératrice de l’émotion particulière dégagée par le film.

Wajib : L'invitation au mariage

On survit…

La rencontre des invités fournit autant d’occasions de portraits et alimente la plupart des sujets de discussion, souvent liées aux conditions de vie des Palestiniens de Nazareth, sur lesquelles les deux protagonistes portent un regard critique. Sont discrètement épinglées, la corruption, l’intransigeance religieuse, l’influence de Daesh sur des jeunes, l’incurie d’une ville où les poubelles débordent dans des rues bordées d’immeubles laids et décrépis, la violence qui peut être déclenchée par une banale dispute entre automobilistes, la surveillance intrusive de la police…

Certains des jeunes rencontrés s’ennuient et rêvent d’un ailleurs prometteur d’opportunités, de libertés, de prospérité…

Il y a les filles avec qui on s’amuse et celles qu’on épouse

Bien qu’on ne la voie jamais, telle l’Arlésienne, une troisième personne compte dans l’histoire, la mère de Shadi, partie depuis longtemps avec son amant, mais qu’Abu Shadi brûle de revoir à l’occasion du mariage. Il a choisi de rester célibataire et pousse son fils à revenir à Nazareth pour y trouver une épouse. Mais Shadi reste inébranlable : même si son travail, trop administratif, dans un cabinet d’architecte ne l’enthousiasme guère, pas question pour lui de revenir en Israël. D’ailleurs, il assure filer le parfait amour avec la compagne avec laquelle il vit à Rome, alors que son père lui reproche d’être la fille d’un chef de l’OLP.

Wajib : L’invitation au mariage est aussi une invitation originale, à entrevoir, sans dogmatisme, les conditions de vie des Palestiniens à Nazareth, « la capitale arabe d’Israël », dont 60% de la population est arabe.

Wajib : L'invitation au mariage

Généralités - 3,0 / 5

Wajib : L’invitation au mariage (93 minutes) et ses suppléments (23 minutes) tiennent sur un DVD-9 logé dans un boîtier non fourni pour le test, effectué sur check disc.

Le menu animé et musical propose le film dans sa version originale, avec sous-titres imposés et le choix de deux formats audio Dolby Digital 5.1 ou 2.0 stéréo.

Bonus - 3,0 / 5

Entretien avec Annemarie Jacir (20’). Dans un parfait anglais, la réalisatrice indique que la tension dramatique tient dans les non-dits entre les deux personnages, forcés de se parler pendant les heures passées ensemble en voiture. Au long des échanges se révèlent des positions opposées : Abu Shadi, acclimaté à la vie en Israël, a appris à se taire pour éviter des ennuis avec les autorités, alors que des années passées à l’étranger ont définitivement inculqué à Shadi le goût de la liberté. Elle évoque aussi les tensions entre les parties israélienne et arabe de la ville de Nazareth, la cohabitation des trois religions monothéistes…

Pour finir, les bandes-annonces du film et de Le Sel de la mer, également édité par Pyramide Vidéo.

Wajib : L'invitation au mariage

Image - 5,0 / 5

L’image (1.85:1) est lumineuse, bien contrastée, avec des noirs denses, avec des couleurs naturelles, soigneusement étalonnées. Très peu de grain, mais une texture agréable.

Son - 4,0 / 5

Le son Dolby Digital 5.1 ou 2.0 stéréo, au choix, est propre, avec un spectre ouvert et une bonne dynamique. La version Dolby Digital 2.0 stéréo bénéficie d’une efficace séparation des deux voix, le format 5.1 n’ajoutant qu’une très discrète sensation d’immersion dans l’environnement.

Wajib : L'invitation au mariage

Crédits images : © Pyramide

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
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Philippe Gautreau
Le 18 juillet 2018
Shadi, un jeune architecte palestinien installé à Rome, revient à Nazareth à l’occasion du mariage de sa sœur. Différent de celui de son père, son regard sur cette ville d’Israël et ses habitants, en majorité arabes, devient celui de la réalisatrice. Une invitation originale à entrevoir les conditions de vie des Palestiniens de Nazareth.

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