L'Insulte (2017) : le test complet du DVD

Réalisé par Ziad Doueiri
Avec Adel Karam, Kamel El Basha et Camille Salamé

Édité par Diaphana

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Le 10/10/2018
Critique

L'Insulte

Beyrouth, de nos jours. Yasser, un réfugié palestinien, contremaître dans une entreprise chargée de veiller au bon entretien des installations donnant sur la rue, sonne à la porte de Toni, un garagiste chrétien libanais, et lui demande l’accès à son balcon pour réparer une gouttière fuyarde. Éconduit par Toni, Yasser fait, à partir de la rue, poser une nouvelle gouttière que Toni détruit aussitôt. Yasser le traite de « sale con ». Toni exige des excuses et dit regretter qu’Ariel Sharon n’ait pas été jusqu’au bout de la liquidation des Palestiniens. Yasser frappe Toni. Arrêté, il doit répondre devant le tribunal d’une accusation de coups et blessures…

L’Insulte, primé dans plusieurs festivals, est le quatrième long métrage de Ziad Doueiri (maintenant établi en France après avoir quitté le Liban à 18 ans et avoir vécu 18 ans aux USA) après West Beyrouth (1998, pas d’édition vidéo), LILA DIT ça (2004) et L’Attentat (2012). Il a aussi réalisé la plupart des épisodes de la série Baron Noir. Entré dans l’industrie du cinéma aux USA comme opérateur assistant, il a, notamment, travaillé sur les plateaux de tournage de trois films de Quentin Tarantino, Reservoir Dogs, en 1992, Pulp Fiction, en 1994, et Jackie Brown, en 1997.

L'Insulte

L’Insulte montre comment, dans un pays à la situation complexe, secoué par des années de guerre civile, abritant un grand nombre de réfugiés (un quart de la population), dans lequel cohabitent tant bien que mal islam et christianisme, un incident, apparemment anodin, peut, amplifié par les media, réveiller la haine entre les communautés et prendre une ampleur telle qu’il aboutisse à des émeutes. Simplement parce qu’un simple fait divers peut suffire à réveiller, dans chaque communauté, un douloureux passé, plus ou moins consciemment enfoui, mais impossible à oublier.

Avec une réalisation conventionnelle soignée, le film profite d’une bonne distribution, particulièrement des rôles de Toni et de Yasser, ce dernier ayant valu à l’acteur palestinien Kamel El Basha le Prix d’interprétation masculine à la dernière Mostra de Venise.

Le film, un peu didactique, est transparent : parler du passé est le seul moyen, le temps aidant, d’espérer cicatriser les blessures. Utopiste ou non, ce message donne au film une portée universelle dépassant très largement la spécificité de son intrigue.

L'Insulte

Généralités - 3,0 / 5

L’Insulte (109 minutes) et ses bonus vidéo (30 minutes), ainsi qu’un commentaire audio du film, en français et en arabe, tiennent sur un DVD-9 logé dans un boîtier épais de 14 mm.

Le menu animé et musical propose le film dans sa version originale, avec sous-titres optionnels, bien placés sur la bande noire, et dans un doublage en français, les deux avec le choix entre les formats audio Dolby Digital 5.1 ou 2.0 stéréo.

Sous-titres anglais disponibles.

Une édition Blu-ray du film est sortie aux USA en mai.

Bonus - 4,0 / 5

Le commentaire du film par Ziad Doueiri et sa compagne, la coscénariste Joelle Touma, est disponible dans deux langues, le français et l’arabe. Il donne de nombreuses informations sur l’élaboration du scénario, sur les options de tournage, mais aussi, et surtout, des indications précieuses sur la complexité du Liban, sur les causes des tensions entre les communautés, le plus souvent étouffées sous une chape de plomb. Malgré le bon état d’esprit des autorités libanaises, réalisateur et coscénariste ont tenu, dans la scène du tribunal qui témoigne des massacres par les Palestiniens, notamment ceux commis le 20 janvier 1976 dans le village chrétien de Damour, à utiliser des archives filmées, en prenant le soin d’écarter toutes celles qui auraient pu donner lieu à un débat sur leur authenticité, ce qui a permis de résister à toutes les attaques contre le film.

L'Insulte

Le tournage du film (17’). Ziad Doueiri pose la question : peut-on obtenir la justice dans un contexte de conflit ? L’idée lui est venue en regardant Qiu Ju, une femme chinoise (Qiu Ju, une femme chinoise, Zhang Yimou, 1992) de réaliser un film sur la justice qu’il a voulu tourner à Beyrouth, la ville de son enfance. Il a choisi le genre du courtroom drama qu’il avait apprécié aux USA et qui permettait de confronter les antagonistes dans un même lieu, la salle d’audience qui lui a été allouée pendant les vacances judiciaires. Les autorités beyrouthines lui ont bloqué pendant huit heures l’artère principale de la ville pour le tournage de sa scène d’émeute. Le choix de faire intervenir au procès deux avocats d’âge différent, un père et sa fille, permettait de donner deux points de vue sur l’affaire et son environnement.

Scènes coupées (7’) pour dix scènes en version originale sous-titrée.

Entretien avec Ziad Doueiri (6’). Interrogé par Youssef Bouchikhi (France Info), il rappelle que son film précédent, L’Attentat (The Attack, 2012), avait été interdit dans 22 pays arabes, mais n’avait pas été censuré au Liban. La formule du procès donne la possibilité de remettre en cause plus facilement l’establishment.

Pour finir, la bande-annonce.

L'Insulte

Image - 4,0 / 5

L’image (2.35:1), bien définie, lumineuse, fermement contrastée avec des noirs bien denses serait parfaite sans quelques faiblesses dans l’étalonnage des couleurs qui peuvent donner à certains plans une tonalité jaunâtre, notamment sur les visages.

Son - 4,0 / 5

Le son Dolby Digital 5.1 de la version originale (comme celui du doublage en français), clair et propre, crée une assez réaliste sensation d’immersion dans l’action par une utilisation discrète, mais cohérente, des voies latérales.

L'Insulte

Crédits images : © Tessalit Productions Rouge International

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

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Philippe Gautreau
Le 17 octobre 2018
Le film, un peu didactique, porte un message : le temps aidant, parler du passé est le seul moyen d’espérer cicatriser les blessures. Utopiste ou non, il donne au film une portée universelle dépassant très largement la spécificité de son intrigue, située dans un Beyrouth encore marqué par la guerre civile.

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