Coby : le test complet du DVD

2017. Réalisé par Christian Sonderegger
Avec Coby, Jacob Hunt et Sara Mound

Édité par Epicentre Films

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Le 13/09/2018
Critique

Coby

Un village tranquille de l’Ohio : c’est là que Coby, infirmier-ambulancier, un grand gaillard barbu, partage paisiblement la vie de Sara, sa compagne. Pourtant, il y a quelques années, Coby s’appelait encore Suzanna…

Coby, présenté à Cannes en 2017 dans la section ACID (Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion) est le premier long métrage du réalisateur et scénariste Christian Sonderegger qui fut aussi assistant pour le tournage de plusieurs films, dont Danbé, la tête haute (Bourlem Guerdjou, 2014).

J’ai été une femme pendant 21 ans. Je suis un homme depuis 5 ans

Sur l’affiche de Coby, reprise sur le digipack, une photo prémonitoire ; celle de Suzanna, âgée de 8 à 10 ans, dans une baignoire, le bas du visage recouvert de mousse à raser. Garçon manqué, elle avouera à ses parents son homosexualité, partagera la vie de Sara, puis décidera de devenir Coby, diminutif de Jacob.

Le réalisateur a délibérément dédramatisé le sujet : la souffrance éprouvée par l’adolescente en ressentant sa différence (attestée par une des vidéos postées sur Youtube, fournie en bonus) ou les doutes qui ont nécessairement assailli Coby avant de passer le point de non-retour, sont presqu’éclipsés, limités à quelques furtives allusions.

Coby montre une union harmonieuses entre Coby et sa petite amie Sara, ses relations apaisées avec ses parents et son frère… une vie banale en quelque sorte. Un regard sur le sujet qui tranche avec le ton dramatique, douloureux, de films comme Danish Girl (Tom Hooper, 2015) ou Boys Don’t Cry (Kimberly Peirce, 1999), parmi les plus connus.

Coby, rythmé par des flashbacks judicieusement insérés dans le métrage filmé en 2017, tire une grande partie de son intérêt de l’intelligence et de la subtilité des commentaires sélectionnés, particulièrement ceux de Coby, de sa mère et de Sara, sur le changement d’apparence physique n’affectant pas le moi intime. La différence entre les deux genres est-elle aussi tranchée qu’on le pense généralement ?

Coby

Généralités - 3,5 / 5

Coby (77 minutes) et ses suppléments (37 minutes) tiennent sur un DVD-9 logé dans un digipack de 9 mm d’épaisseur.

Le menu animé et musical propose le film dans sa version originale, au format audio Dolby Digital 2.0 stéréo, avec sous-titres optionnels en français ou en anglais.

Bonus - 4,0 / 5

Interview de Coby et Christian Sonderegger (6’). Coby est le demi-frère du réalisateur. Ce dernier, sous X en France, a retrouvé sa mère biologique, Ellen, la mère de Coby, qu’il a rencontré pour la première fois quand il avait 12 ans et s’appelait encore Suzanna. Il est revenu voir sa famille biologique à l’âge de 32 ans. Après avoir refusé, il a cédé à la demande de Coby de réaliser un film sur sa transition, en choisissant d’ouvrir le récit sur la vie tranquille du couple formé par Coby et Sara. Le passé est évoqué par quelques photos et des vidéos que Coby avait postées sur Youtube. Il s’est attaché à ce que les protagonistes oublient la caméra pour assurer la spontanéité des échanges et à faire intervenir des hétérosexuels pour toucher un plus large public, bien que la transsexualité soit plus facilement acceptée aujourd’hui…

Rencontre avec Coby, Christian Sonderegger, Agnès Condat et Nouria Grûndler, psychiatres (17’). Une consultation pour les adolescents qui s’interrogent sur leur identité sexuelle a été ouverte il y a quatre ans à La Pitié-Salpêtrière, avec une prise en charge singulière de chaque cas. Coby dit qu’il avait besoin d’aller jusqu’au bout de la transformation, par la testostérone et la chirurgie, pour apparaître comme un homme aux yeux des autres, sans que cela modifie son moi intérieur. Bien que la société française soit encore peu réceptive à la transsexualité, une loi de novembre 2016 autorise, même sans intervention chirurgicale, le changement de la mention du sexe sur les registres de l’état civil, la décision étant laissée à l’appréciation du juge (entretien enregistré à l’occasion d’une projection du film au cinéma MK2 Beaubourg, 2018).

Scènes coupées (14’), dont deux, particulièrement intéressantes, sur le premier jour d’école et sur la perception des autres.

Vidéos Youtube (9’). Sept des vidéos sélectionnées mais non retenues dans le montage final.

Pour finir, la bande-annonce, une galerie de photos et la filmographie de Christian Sondderegger.

Coby

Image - 5,0 / 5

L’image (178:1), finement résolue et bien contrastée, propose des couleurs naturelles avec des blancs lumineux et des noirs denses. Parfaite lisibilité de toutes les scènes, apparemment filmées en éclairage naturel.

Les vidéos insérées (1.33:1) sont d’une qualité très acceptable, tant pour l’image que pour le son.

Son - 4,0 / 5

Le son Dolby Digital 2.0 stéréo (et non 5.1 comme indiqué au dos du digipack) restitue avec clarté les dialogues qui constituent l’essentiel de la bande son.

Coby

Crédits images : © Epicentre

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

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Philippe Gautreau
Le 14 septembre 2018
Coby, rythmé par des flashbacks judicieusement insérés dans le métrage filmé en 2017, tire une grande partie de son intérêt de l’intelligence et de la subtilité du récit apaisé de la transformation de Suzanna en Coby, loin du ton dramatique de films comme Danish Girl ou Boys Don’t Cry...

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