L'Enigme du Lac Noir (1951) : le test complet du DVD

The Secret of Convict Lake

Réalisé par Michael Gordon
Avec Glenn Ford, Gene Tierney et Ethel Barrymore

Édité par Sidonis Calysta

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Le 04/03/2019
Critique

L'Énigme du Lac Noir

Le 17 septembre 1871, 29 prisonniers évadés de la prison de Carson City franchissent les montagnes en plein hiver. Beaucoup ont été repris, d’autres sont morts de froid. Six parviennent au village isolé de Monte Diablo, dont tous les hommes sont absents. Parmi les évadés, Jim Canfield, à la recherche de celui qui l’a faussement accusé d’un meurtre pour s’approprier une somme de 40 000 dollars…

L’Énigme du Lac Noir (The Secret of Convict Lake), sorti en 1951, est un film de Michael Gordon, réalisateur dans les années 40 d’honnêtes petits films noirs. On retient surtout de lui, aujourd’hui, Le Droit de tuer (An Act of Murder), nommé à Cannes en 1949, toujours inédit en vidéo, Cyrano de Bergerac, sorti en 1950, avec José Ferrer, oscarisé pour ce rôle, et Confidences sur l’oreiller (Pillow Talk), avec Doris Day et Rock Hudson, salué en 1960 par l’Oscar du meilleur scénario.

L’Énigme du Lac Noir, comme L’Etrange incident (The Ox-Bow Incident, William A. Wellman, 1943) tout récemment réédité, s’affranchit des canons du western : hormis la fuite des évadés dans la montagne enneigée au début du film et une brève fusillade à la fin, l’essentiel de l’action se déroule dans un petit village, le plus souvent à l’intérieur de deux pièces. L’affrontement psychologique de cinq femmes et de cinq hommes est le principal ressort dramatique du film, dont la tension est entretenue par un montage efficace et un scénario concis et bien construit, à l’élaboration duquel a contribué clandestinement Ben Hecht, alors banni par le House Un-American Activities Committee présidé par le sénateur McCarthy. Les deux films ont aussi en commun un plaidoyer contre une justice sommaire.

La distribution est un autre atout du film. En haut de l’affiche, deux superstars, Glenn Ford et Gene Tierney qui ont accepté de ne tenir qu’un rôle modeste. Pourtant Glenn Ford, depuis Gilda (Charles Vidor, 1946), enchaînait les premiers rôles (pas moins de cinq en 1949) et Gene Tierney était au faîte de sa renommée après Laura (Otto Preminger, 1945) et L’Aventure de Mme Muir (The Ghost and Mrs. Muir, Joseph L. Mankiewicz, 1947).

On trouve à leurs côtés Ethel Barrymore (Le Portrait de Jennie, William Dieterle, 1948), oscarisée pour sa prestation dans Rien qu’un coeur solitaire (None But the Lonely Heart, Clifford Odets, 1944), Zachary Scott (L’Homme du Sud, The Southener, Jean Renoir, 1945, toujours dans l’attente d’une édition vidéo), Jack Lambert, un abonné aux seconds rôles de méchants (Les Affameurs, Bend of the River, Anthony Mann, 1952) et, dans la touchante interprétation d’une vieille fille, Ann Dvorak, la femme de Paul Muni/Tony Carmonte dans le fameux Scarface de Howard Hawks (1932).

L’Énigme du Lac Noir sort d’un complet oubli grâce à Sidonis Calysta : il ne fut jamais distribué dans nos salles et la seule édition vidéo connue est sortie en Espagne.

L'Énigme du Lac Noir

Généralités - 4,0 / 5

L’Énigme du Lac Noir (80 minutes) et ses suppléments (21 minutes) tiennent sur un DVD-9 logé dans un boîtier suivant la charte graphique de la riche collection Western de légende.

Le menu animé et musical propose le film dans sa version originale, au format audio Dolby Digital 1.0, avec sous-titres imposés qui auraient pu moins empiéter sur l’image.

Bonus - 4,0 / 5

Présentation du film par Patrick Brion (10’). Le critique et historien du cinéma cite une série de westerns sortis en 1951, dont Les Aventures du Capitaine Wyatt (Distant Drums, Raoul Walsh), Convoi de femmes (Westward the Women, William A. Wellman)… et passe en revue la filmographie de Michael Gordon dans laquelle il met en avant Cyrano de Bergerac, An Act of Murder, sur le thème rarement abordé de l’euthanasie, puis deux films noirs, The Web(1947) et L’Araignée (Woman in Hiding, 1950)… jusqu’à ce que sa carrière soit bloquée pendant neuf ans par la chasse aux sorcières lancée par le sénateur McCarthy. Il reprend la réalisation avec Confidences sur l’oreiller, le premier d’une série de comédies romantiques. L’Énigme du Lac Noir, sans bagarres ni grandes chevauchées, se range dans la case des westerns psychologiques, avec ses deux stars laissées dans l’ombre.

Présentation du film par François Guérif (11’). Sorti en Belgique, mais pas en France, L’Énigme du Lac Noir a été omis par de nombreux ouvrages sur le western, même aux USA, en dépit de son casting, de bons scénaristes et d’un chef opérateur réputé, Leo Tover (deux fois nommé aux Oscars). La mise à l’écart de Michael Gordon au moment de la chasse aux sorcières explique probablement l’oubli de ce western mêlé de film noir, un peu bavard, mais portant un message convaincant contre l’injustice, contre les calomnies. François Guérif loue la performance d’Ann Dvorak, là dans son dernier rôle au cinéma, et souligne la belle fin du film.

Image - 4,5 / 5

L’image (1.37:1), assez bien nettoyée (les petites taches laissées par la restauration passent presque inaperçues), offre de fermes contrastes, allant de blancs lumineux à des noirs biens denses, assurant une parfaite lisibilité des nombreuses scènes de nuit.

Son - 4,5 / 5

Le son (Dolby Digital 1.0), très propre, débarrassé de tous bruits parasites et, dans la plus grande mesure possible, du souffle, à peine audible, restitue les dialogues avec une parfaite netteté. Quelques saturations dans les passages forte de l’accompagnement musical.

Crédits images : © Sidonis/Calysta

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

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Philippe Gautreau
Le 5 mars 2019
Ce western intimiste au scénario bien construit, avec Glenn Ford et Gene Tierney, jamais distribué en France, ni en salles, ni en vidéo, sort heureusement d’un complet oubli grâce à Sidonis Calysta.

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