Le Grand bal (2018) : le test complet du DVD

Réalisé par Laetitia Carton

Édité par Pyramide Vidéo

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Le 28/05/2019
Critique

Les fans des danses traditionnelles vous invitent à leur rendez-vous annuel, au milieu de nulle part. Laissez-vous entraîner !

Le Grand Bal

« Je me souviens, il y a longtemps, mon copain Fred m’a emmenée à mon premier bal trad. C’était en Auvergne, chez moi, au coeur de l’hiver. Je devais avoir 25 ans. Et ce soir-là, j’ai dansé (…) au son de la vielle, d’un accordéon, sur un beau parquet, dans une grange pleine à craquer. Et tout le monde danse. Ça tourne, ça frappe le sol, ça se regarde, ça rigole, ou c’est très sérieux, ça danse pour de vrai. Et le temps n’existe plus. Le monde du bal, je l’ai aimé tout de suite. Je m’y suis sentie tellement bien. Depuis les bals jalonnent ma vie. Et l’été, je vais au Grand bal. »

C’est sur ce texte écrit et dit en voice over par Laetitia Carton que s’ouvre Le Grand bal, à bord d’une voiture qui traverse en hiver la campagne auvergnate encore couverte de givre au petit matin. Puis c’est l’été, en 2016, à Gennetines, un village de l’Allier, près de Moulins, presqu’au milieu de la France (aux coordonnées précisément fournies sur une brochure téléchargeable : N 46° 37’ 49.924 » E 3° 21’ 53.025 »), là où se tient chaque année, depuis 1990, Le Grand bal de l’Europe, un festival organisé par l’Association Européenne des Amoureux de Danses Traditionnelles qui a inspiré Laetitia Carton.

Le Grand bal est le troisième documentaire écrit et réalisé par Laetitia Carton après Edmond, un portrait de Baudoin, sur l’auteur et dessinateur de bandes dessinées, sorti en salles le 30 septembre 2015, et J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd, une invitation à la découverte du monde des sourds « inconnu et fascinant que je veux faire partager au spectateur », disait-elle lors de la sortie, en janvier 2016.

Le Grand Bal

Plusieurs parquets sous des tentes accueillent les danseurs de tout âge, pendant deux semaines, du soir au matin, pour des danses en couple, valse, mazurka, polka, ou des danses collectives traditionnelles, scottish, bourrée à deux temps et à trois temps, danses cajuns, sirtaki, fandango, et d’autres plus confidentielles, comme la « pizzica », une variante de la tarentelle, ou encore, le branle de Noirmoutier, etc., etc.

Le Grand bal est visité dans tous ses recoins par la caméra résolument empathique de Laetitia Carton et de ses trois chefs-opérateurs. Ils filment les danseurs, ensemble dans des plans larges où dans l’intimité de plans rapprochés, sur écran large au format 2.35:1. La vie dans les coulisses du festival : la vente des bracelets à garder au poignet, des tickets de boisson, l’activité dans la cuisine du restaurant, les discussions sur les bonnes manières : « Est-ce que vous voulez conduire ? », une question de bon ton pour les cavaliers par les temps qui courent « dans un des rares endroits où on se touche, même si on ne se connaît pas »… Tous ces moments, volés en marge de la fête (et quelques archives en noir et blanc), sont saisis dans un cadre plus intime : l’image conserve la même hauteur sur l’écran, mais se réduit aux proportions du 1.78 :1, entre deux bandes noires verticales.

Le Grand Bal

L’activité, constante, ne laisse que très peu de répit aux passionnés qui chapardent quelques siestes récupératrices sur un canapé à quatre places offert à toutes les fesses, dans des hamacs, sur des couvertures posées sur l’herbe, ou à l’abri précaire d’une des tentes alignées derrière des guirlandes de chantier. Il y a aussi les ateliers en plein jour, les boeufs improvisés à l’aube blême quand la plupart des danseurs dorment.

Le Grand Bal peut faire penser au fameux film de Sydney Pollack On achève bien les chevaux, (They Shoot Horses, Don’t They? , 1969). Mais, à Gennetines, contrairement à ce qu’il se passait à Hollywood, les danseurs ont payé pour rester sur le parquet jusqu’à l’épuisement. Le film peut aussi donner l’idée de revoir Le Bal d’Ettore Scola, le brillant raccourci d’un demi-siècle d’histoire de la France.

Le Grand bal se termine en beauté : les danseurs, alors que les instruments du petit orchestre se taisent, l’un après l’autre, continuent à onduler en cadence, beaucoup les yeux fermés, comme en transe. Et les crédits défilent avec un accompagnement a cappella par Camille Dalmais et le choeur de l’équipe du film.

Le Grand Bal

Généralités - 4,0 / 5

Le Grand bal (86 minutes) et ses suppléments (42 minutes) tiennent sur un DVD-9 logé dans un boîtier épais de 14 mm.

Le menu animé et musical propose le choix entre deux formats audio : Dolby Digital 5.1 ou 2.0 stéréo.

Piste d’audiodescription DD 2.0 et sous-titres pour malentendants.

Dans le boîtier, un livret de 16 pages, illustré de photos, recueille les commentaires écrits et lus en voice over par la réalisatrice pendant le film, les souvenirs des premiers bals de son enfance, son amour de la danse et le plaisir qu’elle éprouve à « contaminer » les autres : « Sentir leur corps d’abord raide, hésitant, balbutiant, puis qui, petit à petit, se détend, cherche et trouve le rythme au fur à mesure. J’adore leur transmettre ce plaisir et les rendre accro à leur tour. »

Bonus - 3,5 / 5

Présentation du film par Laetitia Carton (4’). L’idée du film lui est venue pendant le Grand bal de 2015, avec Bernard Coclet, l’un des organisateurs du festival. Deux mois après, elle obtenait le soutien du producteur Jean-Marie Gigon. Le tournage mobilisa deux équipes, pour couvrir le jour et la nuit. Le montage, à partir de deux cents heures de rushes, s’est étalé sur un an.

Scènes coupées (36’). Une suite de neuf scènes coupées montrant les coulisses du festival, les ateliers, permet de faire durer le plaisir procuré par cet agréable documentaire.

Bande-annonce du film et de deux autres documentaires Carré 35 (Éric Caravaca, 2017) et Dernières nouvelles du cosmos (Julie Bertuccelli, 2016).

Le tournage du film (23’) peut être regardé gratuitement en ligne sur Vimeo.com grâce à un mot de passe fourni sur le menu des suppléments. On y voit le repérage sur le terrain nu, sous la conduite de Bernard Coclet, organisateur du festival, le déballage du matériel de prise de vue (caméras portées sur l’épaule ou sur stabilisateur Easyrig), la présentation de l’équipement de prise de son, le début des prises, le visionnage des premiers rushes, les moments de détente de l’équipe…

Le Grand Bal

Image - 5,0 / 5

L’image (2.35:1 et 1.78:1) finement résolue, avec des couleurs naturelles, délicatement étalonnées, des contrastes équilibrés et des noirs denses, est sans défaut.

Son - 5,0 / 5

Le menu offre le choix entre Dolby Digital 5.1 et 2.0 stéréo pour s’accommoder à tous les équipements. La prise de son, dans des conditions parfois délicates, allie pourtant la clarté à une agréable immersion dans l’ambiance, grâce à une répartition cohérente du son sur les cinq canaux.

Les deux voies de la piste stéréo sont bien séparées.

Crédits images : © Pyramide Vidéo

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
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Philippe Gautreau
Le 28 mai 2019
Le Grand bal, le rendez-vous annuel des fans des danses traditionnelles, est visité dans tous ses recoins par la caméra résolument empathique de Laetitia Carton. Elle suit les danseurs, ensemble dans des plans larges où dans l’intimité de plans rapprochés. Étonnant !

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