Mon père (2017) : le test complet du DVD

Retablo

Réalisé par Alvaro Delgado-Aparicio
Avec Junior Béjar Roca, Amiel Cayo et Magaly Solier

Édité par Damned Films

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Le 07/05/2019
Critique

Un drame intimiste, premier long d’Alvaro Delgado-Aparicio, récompensé par un Ours de cristal à Berlin.

Mon père

Au Pérou, dans une partie reculée des Andes. Segundo, 14 ans, les yeux masqués par la main de son père Noé, décrit en détail les quinze membres d’une famille qui s’impriment dans sa mémoire pour la réalisation d’un retablo, une boîte décorée de couleurs vives qui renfermera quinze figurines modelées dans une pâte faite de plâtre et de pulpe de pomme de terre. Noé transmet patiemment à son fils les secrets d’un art traditionnel andin. L’harmonie entre les deux est soudainement rompue quand Segundo découvre par hasard l’inavouable secret de son père…

Mon père (Retablo), sorti dans nos salles en décembre 2018, est le premier long métrage du jeune cinéaste péruvien Alvaro Delgado-Aparicio, primé dans plusieurs festivals, notamment à Berlin où lui furent décernés l’Ours de cristal, récompense réservée aux films pour enfants, et le Teddy award, remis par un jury international LGBT.

Mon père

Mon père fait découvrir au spectateur, en parallèle, l’intimité des relations entre Noé et Segundo, inséparables, observés par la caméra dans la douce obscurité du petit atelier où ils fabriquent les retablos, et leur environnement. Géographique, les contreforts des Andes, vastes paysages inondés de soleil. Et social, très rustique, celui d’un microcosme reclus aux moeurs singulièrement âpres : un homme suspecté du vol de vaches, attaché à un poteau en place publique, est sauvagement fouetté ; un duel à coup de fouets est l’une des distractions d’une fête villageoise.

C’est dans ce cadre très conservateur qu’est découverte l’homosexualité de Noé, la violation d’un tabou qui jette l’opprobre sur toute la cellule familiale, sur Segundo et sur sa mère, devenus des parias dans une culture confinée, refermée sur elle-même.

Mon père est un drame intimiste, centré sur Segundo, sur sa complicité admirative avec son père remplacée par une forme de dégoût qui le soumet à un brutal passage de la protection du cocon familial à l’exposition à la brutalité du monde extérieur.

Tout ce drame est exprimé avec une grande économie de dialogues et filmé simplement, avec de nombreux plans-séquences bien construits, comme celui, remarquable, commençant à 83’. Une étonnante maîtrise pour un premier film !

Mon père

Généralités - 3,5 / 5

Mon père (97 minutes) et son supplément (22 minutes) tiennent sur un DVD-9 logé dans un fin digipack (6 mm) avec, comme pour toutes les éditions Damned Films, une annotation manuscrite du réalisateur, en anglais, que je vous traduis : « Un jour, vous pourriez être pris dans une relation dont vous souhaitez vous libérer ; mais la dépendance est plus forte. Écoutez votre coeur, pas votre tête ! »

Le menu fixe et muet propose le film dans sa version originale (en quechua avec quelques phrases en espagnol), avec sous-titres optionnels, en français ou en anglais (qui auraient pu être placés sur la bande noire au-dessous de l’image), au format audio Dolby Digital 2.0 stéréo.

Bonus - 3,5 / 5

El Acompañante, court métrage de 2012 (22’, 2.20:1, Dolby Digital 2.0 mono). Un jeune homme nu, l’épaule et le bras droit tatoués, vu de dos, se masturbe devant une fenêtre aux rideaux tirés. Un autre homme, hors champ, lui dit : « plus vite ! ». L’homme jeune est « l’aidant » d’un autre plus âgé, cloué dans un fauteuil roulant…

On aurait apprécié un entretien avec le réalisateur ou un présentation du film par un critique.

Mon père

Image - 4,5 / 5

L’image (2.40:1), finement résolue, lumineuse, bien contrastée avec des noirs denses, déploie des couleurs naturelles, délicatement étalonnées. Bonne lisibilité de tous les plans, y compris dans les scènes de nuit.

Son - 4,5 / 5

Le son Dolby Digital 2.0 stéréo, très propre, restitue avec finesse et clarté les dialogues, dans un bon équilibre avec l’accompagnement musical et l’ambiance dans laquelle une efficace séparation des deux canaux réussit à créer une relative sensation d’immersion dans l’action.

Crédits images : © Damned Films

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

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Philippe Gautreau
Le 8 mai 2019
Se faire surprendre à braver les interdits n’est pas sans risques, surtout dans des petites communautés isolées. Ce que confirme, avec une grande économie de dialogues, ce conte péruvien, tendre et cruel. Un premier film d’une étonnante maturité !

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