Koko-di Koko-da (2019) : le test complet du DVD

Réalisé par Johannes Nyholm
Avec Leif Edlund, Ylva Gallon et Katarina Jakobson

Édité par Blaq Out

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Le 12/03/2020
Critique

Le camping sauvage en forêt peut réserver des surprises : cet étrange film suédois en apporte une singulière démonstration.

Koko-di Koko-da

Trois personnages dans une sombre forêt. Un petit homme au noeud papillon et canotier chante une comptine. Il est suivi par deux autres, mutiques : une grande fille aux longues couettes tenant en laisse un pitbull et un géant hirsute, portant le cadavre ensanglanté d’un énorme chien blanc. Les mêmes personnages que ceux naïvement dessinés sur un petit moulin à musique en fer blanc et qui viendront tourmenter Elin et Tobias pendant la première nuit qu’ils passeront sous la tente pour se retrouver après le traumatisme subi par la mort soudaine de leur fille unique, trois ans auparavant…

Koko-di Koko-da est, après The Giant (Jätten, 2016), le deuxième long métrage du Suédois Johannes Nyholm et le seul à être sorti dans nos salles, en novembre 2019. Un film insolite, une oeuvre très personnelle dont il a écrit le scénario et effectué le montage, sur le difficile deuil d’un enfant. Un récit et une mise en scène qui effacent les frontières entre cauchemar et réalité, brouillent les repères temporels. Un mélange de genres, drame psychologique, fantastique et horreur. Une horreur imaginée ou vécue ?

Koko-di Koko-da

Tobias, j’ai envie de faire pipi

Cette phrase d’Elin, réveillée en pleine nuit par l’appel de la nature, introduit une séquence qui va aboutir à une agression par les trois menaçants personnages du moulin à musique. Cette introduction va se répéter, encore et encore. Mais, en suivant une trame qui fait immédiatement penser à Un Jour sans fin (Groundhog Day, Harold Ramis, 1993) : à chaque nouvelle fois, le cours des événements varie, peut-être en fonction des inflexions que Tobias peut donner à ses rêves. Mais le doute plane : sont-ce seulement des cauchemars que le réveil suffira à chasser ?

Koko-di Koko-da installe un climat étrange, voire dérangeant, mais réussit à surprendre par l’originalité de sa mise en scène, par sa singularité formelle, avec un recours au théâtre d’ombre dont Elin sera la seule spectatrice dans une petite chapelle en pleine forêt, une animation dans le style de Dreams from the Woods, un des courts métrages offerts en bonus.

Un film vraiment inclassable qui pourra séduire les uns, choquer les autres, mais ne laisser personne indifférent.

Koko-di Koko-da

Généralités - 3,5 / 5

Koko-di Koko-da (105 minutes) et son complément (40 minutes) tiennent sur un DVD-9, logé dans un boîtier non fourni pour le test.

Le menu fixe et sonorisé propose le film dans sa version originale, en suédois et en danois, avec sous-titres optionnels et le choix entre deux formats audio, Dolby Digital 5.1 ou 2.0 stéréo.

Bonus - 3,5 / 5

En supplément, trois courts métrages de Johannes Nyholm présentés à La Quinzaine des réalisateurs :

Las Palmas (2011, 13’, 1.78:1). Un bébé, manifestement une fille au vu d’un soutien-gorge rembourré, est attablée dans un restaurant, le jour de son premier anniversaire. Elle commande une coupe remplie d’une dizaine de boules de glace, puis une bière, du vin rouge, un cocktail, avant de s’achever en se servant elle-même au comptoir et de s’effondrer pour piquer un somme réparateur. Incapable de payer ses consommations et la réparation des dégâts, elle prend la poudre d’escampette sur un tricycle à moteur. Au casting, un vrai bébé et des marionnettes animés par des ficelles ou des tiges métalliques.

Dreams from the Woods (Drömmar från skogen, 2009, 9’, 1.78:1). Un oiseau donne à une fillette une sacoche et pleure en la voyant s’éloigner dans la forêt. Après s’être arrêtée pour un sommeil troublé par un cauchemar, elle reprend son chemin et rencontre la mort qui l’attire au son d’une flûte. En sépia, un théâtre d’ombres avec des personnages en papier découpé tenus par un fil de fer.

The Tale of Little Puppetboy (Sagan om den lille Dockpojken, 2008, 18’, 1.66:1). En quatre chapitres, ce qui arrive à Puppetboy le jour où il invite une rousse aux gros seins à regarder la cassette d’Ivanhoe. Tout aurait pu se dérouler mieux si un homoncule de la taille d’une souris n’était intervenu à des moments inopportuns… Avec des personnages et décors en pâte à modeler filmés en stop motion.

Koko-di Koko-da

Image - 5,0 / 5

L’image (1.85:1), bien définie, lumineuse, agréablement contrastée, avec des noirs denses, assure une parfaite lisibilité de tous les plans, y compris dans la pénombre des sous-bois.

Son - 4,0 / 5

Le son Dolby Digital 5.1 (avec une alternative 2.0 stéréo, bienvenue pour les installations non équipées pour le multicanal) garantit la clarté des dialogues et restitue avec finesse les bruissements de la forêt. Une utilisation trop discrète des canaux latéraux peine à créer une sensation d’immersion dans l’image, en réduisant l’écart entre les pistes 5.1 et stéréo.

Crédits images : © Blaqout

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

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Philippe Gautreau
Le 12 mars 2020
Ce conte insolite, parfois dérangeant, surprend par l’originalité de sa mise en scène et par sa singularité formelle. Un film étrange et trois courts-métrages pour partir à la découverte de l’univers d’un jeune cinéaste suédois, Johannes Nyholm.

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Koko-di Koko-da
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