L'Heure du crime

L'Heure du crime (1947) : le test complet du DVD

Johnny O'Clock

Réalisé par Robert Rossen
Avec Dick Powell, Evelyn Keyes et Lee J. Cobb

Édité par Sidonis Calysta

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Le 20/07/2020
Critique

Robert Rossen sera immortalisé par L’Arnaqueur. Sa première réalisation, un mix de polar et de mélodrame, est enfin disponible en vidéo.

L'Heure du crime

Johnny O’Clock et son partenaire Pete Marchettis sont à la tête d’une salle de jeux clandestine. Chuck Blayden, un policier corrompu, tente de s’acoquiner avec Pete, tout en mettant Johnny à l’écart. Quand Harriet, la petite amie de Chuck, est retrouvée morte, sa soeur Nancy soupçonne Chuck, qui a précipitamment quitté la ville. Elle demande alors à Johnny de l’aider à enquêter sur cette affaire. Mais la situation se complique lorsque l’inspecteur Koch intervient…

L’Heure du crime (Johnny O’Clock), sorti en 1947, est le premier film réalisé par Robert Rossen. Après des débuts au théâtre (et même une courte expérience de boxeur professionnel), il s’est forgé une solide réputation de scénariste pour Warner Bros., notamment en contribuant à l’écriture du fameux film noir tourné par Raoul Walsh en 1939, Les Fantastiques années 20 (The Roaring Twenties).

Dick Powell, après avoir misé sur ses talents de crooner dans des comédies musicales telles 42ème rue (42nd Street, Lloyd Bacon, 1933), Chercheuses d’or de 1933 (Gold Diggers of 1933, Mervyn LeRoy, 1933) ou, encore, Chercheuses d’or de 1935 (Gold Diggers of 1935, Busby Berkeley, 1935), était devenu une star de Hollywood depuis son interprétation de Philip Marlowe dans Adieu ma jolie (Murder My Sweet, Edward Dmytryk, 1944). Engagé pour tenir le rôle-titre de L’Heure du crime, il a réussi à convaincre Columbia Pictures de confier la réalisation à Robert Rossen.

Ce sera le premier des dix films qu’il réalisera, parmi lesquels deux oeuvres majeures, Les Fous du Roi (All the King’s Men, 1949), Oscar du meilleur film, une brillante adaptation d’un roman de Robert Penn Warren, Prix Pulitzer en 1946, sur les menées populistes d’un homme politique. Et L’Arnaqueur (The Hustler, 1961), salué par l’Oscar de la meilleure photographie décerné au célèbre chef opérateur Eugen Schüfftan qui avait fait ses débuts en Allemagne, en 1930, derrière la caméra de Les Hommes le dimanche (Menschen am Sonntag), édité en 2019 par Tamasa Diffusion.

L'Heure du crime

La chasse aux sorcières lancée par le HUAC (House Un-American Activities Committee), son inscription sur la liste noire, puis sa dénonciation de membres du parti communiste perturbèrent la carrière de réalisateur de Robert Rossen. Elle prit brutalement fin en 1964 en raison des tensions avec l’acteur Warren Beatty, en tête d’affiche de Lilith, avec Jean Seberg dans le rôle-titre. Il mourra deux ans plus tard, à 58 ans.

L’Heure du crime rassemble, autour de Dick Powell, une bonne distribution, avec Lee J. Cobb, le syndicaliste corrompu de Sur les quais (On the Waterfront, Elia Kazan, 1954) et l’un des inoubliables jurés de 12 hommes en colère (12 Angry Men, Sidney Lumet, 1957). Côté dames, un magnifique trio d’actrices, Ellen Drew, qu’on reverra peu après dans Le Passé se venge (The Crooked Way, Robert Florey, 1949), Nina Foch (La Tour des ambitieux / Executive Suite, Robert Wise, 1954) et, surtout, Evelyn Keyes, qu’avait révélé Autant en emporte le vent (Gone with the Wind, Victor Fleming, George Cukor et Sam Wood, 1939) dans le rôle d’une des soeurs de Scarlett O’Hara.

Mêlant crime et romance, le scénario de Robert Rossen déroule, dans l’ordre chronologique et sur une courte période, une histoire un peu trop conventionnelle pour laisser un souvenir impérissable. Une petite faiblesse largement rachetée par la qualité de la mise en scène et de la photographie de Burnett Guffey qui sera deux fois oscarisé, en 1954, pour Tant qu’il y aura des hommes (From Here to Eternity, Fred Zinnemann) et, en 1987, pour Bonnie & Clyde (Bonnie and Clyde, Arthur Penn).

Ce qui justifiait que L’Heure du crime, encore inédit en vidéo en France, vienne prendre sa place sur les étagères Film noir des cinéphiles. Il vient s’ajouter à la collection Film noir de Sidonis Calysta, riche aujourd’hui d’une vingtaine de titres.

L'Heure du crime

Généralités - 3,0 / 5

L’Heure du crime (92 minutes) tient sur un DVD-9 logé dans un boîtier non fourni pour le test, effectué sur check disc.

Le menu animé et musical propose le film dans sa version originale, avec sous-titres optionnels, au format audio Dolby Digital 1.0.

Bonus - 3,0 / 5

Présentations par François Guérif (5’). Il rappelle que Robert Rossen s’était fait connaître par l’écriture de scénarios, dont celui de L’Emprise du crime (The Strange Love Of Martha Ivers, Lewis Milestone, 1946). Johnny O’Clock est l’adaptation qu’il a faite d’une nouvelle de Milton Holmes. Contrairement à d’autres critiques, François Guérif estime justifié le choix de Dick Powell, « le chevalier errant des bas-fonds urbains ». La mise en scène de Robert Rossen réussit à créer une ambiance typique du Film noir en jouant sur les ombres et la lumière.

Présentations par Patrick Brion (10’). Après avoir cité certains des plus remarquables scénarios de Robert Rossen, sur des sujets policiers ou sociaux, Patrick Brion rappelle que Dick Powell, voulait s’essayer à d’autres genres que la comédie musicale que Warner Bros. commençait à délaisser au profit de MGM. Adieu ma belle sonna son entrée dans l’univers du Film noir. Si l’histoire de L’Heure du crime est un peu complexe, ses dialogues sont remarquables. La mauvaise conscience de Robert Rossen après sa confrontation au maccartisme imprégnera toute son oeuvre.

Bande-annonce.

L'Heure du crime

Image - 5,0 / 5

Une soigneuse restauration a stabilisé l’image (1.33:1), effacé toute trace de détérioration de la pellicule et s’est arrêtée juste à temps pour ne pas altérer la texture argentique. Des blancs lumineux et des noirs denses, en passant par un fin dégradé de gris, mettent en valeur la remarquable photo du film.

Son - 3,5 / 5

Le son Dolby Digital 1.0 a, lui aussi, été débarrassé des bruits parasites dus à l’usure de la piste, mais pas complètement du souffle qui reste, toutefois, à un niveau acceptable. L’étroitesse inévitable de la bande passante se fait sentir dans l’accompagnement musical, également affecté par quelques saturations. Mais les dialogues sont tous clairement restitués.

Crédits images : © Sidonis Calysta

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

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Philippe Gautreau
Le 21 juillet 2020
Mêlant crime et romance, ce film noir encore inédit en vidéo en France met en images un scénario un peu conventionnel, une petite faiblesse largement rachetée par sa distribution, par la qualité de sa mise en scène et de la photographie de Burnett Guffey, deux fois oscarisé.

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