Le Photographe (2019) : le test complet du DVD

Photograph

Réalisé par Ritesh Batra
Avec Nawazuddin Siddiqui, Sanya Malhotra et Farrukh Jaffar

Édité par Le Pacte

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Le 22/07/2020
Critique

En emboîtant le pas d’un photographe et d’une passante, Ritesh Batra nous fait découvrir Mumbai, loin de l’image des cartes postales.

Le Photographe

À Mumbai, Rafi gagne petitement sa vie, devant la Porte de l’Inde, en proposant aux passants de prendre leur photo qu’il tire, sur place, avec une petite imprimante. Les économies qu’il s’est imposées pour rembourser la dette de son père défunt l’ont amené à partager une chambre avec quatre amis. Tous ceux qui le connaissent ne cessent de lui demander quand il va se marier. Sa grand-mère, obsédée par la même question, annonce qu’elle quitte son village pour lui rendre visite. L’idée vient à Rafi de demander à une jeune femme qu’il vient de photographier, Miloni, préparant l’examen d’expertise comptable, de se faire passer pour sa fiancée. Le début d’une étrange relation…

Le Photographe (Photograph) est le quatrième long métrage de Ritesh Batra. Il a acquis, à 34 ans, une réputation mondiale avec son premier film, sorti en 2013, The Lunchbox, une pudique romance, avec une dimension documentaire qui lui donne une portée universelle, confirmée par les prix qui lui ont été décernés dans plusieurs festivals sur toute la planète.

Le Photographe

Il y eut, ensuite, À l’heure des souvenirs (The Sense of an Ending), sorti en 2017, tourné à Londres avec des acteurs anglais, l’histoire d’un photographe hanté par ses souvenirs de jeunesse à la lecture du journal intime d’un camarade de lycée. Puis, la même année, Our Souls at Night, présenté à Venise et distribué en VOD, sur les relations d’un vieux couple formé par Robert Redford et Jane Fonda, tourné dans le Colorado, qu’on aimerait bien être édité en vidéo.

Le Photographe, en grande partie tourné en extérieur, dans les rues de Mumbai, ne dévoile jamais le gigantisme d’une mégalopole de plus de 18 millions d’habitants, ni ne propose des images de cartes postales, à l’exception de deux lieux emblématiques, la Porte de l’Inde et de l’Hôtel Taj Mahal. Ce qui donne au film, comme le faisait The Lunchbox, un réalisme documentaire, avec une suite de séquences montrant les rues, filmées à bord d’un taxi, une boutique d’étoffes multicolores, les marchands ambulants de kulfi, la crème glacée indienne, un petit marché couvert où un oncle de Rafi tient une petite épicerie-bazar…

Le Photographe

Le Photographe souligne aussi, par une alternance de plans, les différences sociales entre Rafi, vivant avec quatre autres hommes dans une pièce à laquelle on accède, en haut d’une échelle, par une trappe qu’on referme pour ne perdre aucune surface, et entre Miloni, installée dans un appartement modeste, mais de plusieurs pièces, avec une servante qui dort sur une natte qu’elle déroule tous les soirs dans une étroite cuisine. C’est manifestement la première fois que Miloni entre dans un petit cinéma de quartier, surprise des rats qui lui frôlent les pieds, qu’ignorent les habitués du lieu… Des différences sociales aussi exposées par la couleur de la peau que cherche à atténuer Rafi pour se (osons utiliser un mot devenu tabou !) « blanchir » le visage qui tranche avec la peau claire de Miloni.

Nawazuddin Siddiqui, l’interprète de Rafi, un des acteurs les plus connus en Inde, a enchaîné une centaine de rôles depuis 1999. Sanya Malhotra, dans le rôle de Miloni, est encore au début d’une carrière prometteuse.

Pour l’originalité de son thème, son réalisme, la qualité de sa mise en scène et sa belle fin ouverte, il serait dommage de manquer Le Photographe. On attend avec impatience le cinquième chapitre d’une filmographie résolument à l’écart du style kitsch des comédies musicales colorées de Bollywood, Little Bee, sur la rencontre d’un couple de Britanniques et d’un orphelin nigérian, avec Julia Roberts en tête d’affiche.

Le Photographe

Généralités - 4,0 / 5

Le Photographe (104 minutes,) et son supplément (16 minutes) tiennent sur un DVD-9 logé dans un boîtier non remis pour le test, effectué sur check disc.

Le menu animé et musical propose le film dans sa version originale, en hindi et en anglais, avec sous-titres optionnels, et dans un doublage en français, les deux au format Dolby Digital 5.1.

Piste d’audiodescription DD 2.0 et sous-titres pour malentendants.

Bonus - 3,0 / 5

Making of Le Photographe (16’, en anglais, sous-titré). Les producteurs exécutifs, la directrice artistique, la créatrice des costumes, le directeur du casting et le chef opérateur soulignent les deux priorités de Ritesh Batra, la distribution et les décors, la plupart naturels. Une des difficultés était de représenter les deux mondes, assez différents, mais pas opposés, de Rafi et de Miloni, avec tout le réalisme possible.

Bande-annonce.

Le Photographe

Image - 5,0 / 5

L’image numérique (2.39:1), finement définie, propose une palette de couleurs chaudes, soigneusement étalonnées. Lumineuse, agréablement contrastée, avec des noirs denses, elle garantit une parfaite lisibilité des scènes de nuit.

Son - 4,5 / 5

Le son Dolby Digital 5.1 de la version originale assure la clarté des dialogues et du bel accompagnement musical composé par Peter Raeburn pour orchestre de chambre et, grâce à une bonne sollicitation des voies latérales, crée une réelle sensation d’immersion dans l’ambiance, assez spectaculaire dans une course en taxi.

Ces observations valent pour le doublage en français, mais avec des dialogues trop en avant, en déséquilibre avec l’ambiance et l’accompagnement musical, et dont le manque de naturel fait tache avec le réalisme du film.

Crédits images : © Joe D. Souza

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

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Philippe Gautreau
Le 22 juillet 2020
Pour l’originalité de son thème, son réalisme documentaire, la qualité de sa mise en scène et sa belle fin ouverte, il serait dommage de manquer Le Photographe, une autre réussite de Ritesh Batra après The Lunchbox.

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Le Photographe
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