Il Medico della mutua (Le Médecin de la Mutuelle)

Il Medico della mutua (Le Médecin de la Mutuelle) (1968) : le test complet du DVD

Il Medico della mutua

Réalisé par Luigi Zampa
Avec Alberto Sordi, Sandro Merli et Leopoldo Trieste

Édité par Tamasa Diffusion

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Le 08/07/2020
Critique

Débuts difficiles pour Guido, médecin généraliste à Rome. Tout s’arrangerait s’il pouvait devenir médecin de la Mutuelle. Mais les places sont chères…

Le Médecin de la mutuelle

Sirène hurlante, une ambulance traverse Rome, s’arrête devant un cabinet médical à la salle d’attente bondée. Sort sur un brancard, le docteur Guido Tersilli, médecin de la Mutuelle, victime du burn out… qu’on appelait alors surmenage. Jeune médecin généraliste, en dépit du choix réfléchi du quartier, il avait passé des jours à la fenêtre de son cabinet à s’apitoyer sur l’insolente santé des citadins, la salle d’attente restant désespérément déserte. Une seule issue au marasme, devenir médecin conventionné, médecin de la Mutuelle. Sur un budget annuel de 1 000 milliards de lires, la Mutuelle reverse 177,4 en honoraires médicaux. Entrer dans la forteresse pourrait rester un rêve, tant les places sont convoitées et se faire une clientèle est une autre paire de manches. Qui veut la fin, veut les moyens : Guido, avec l’appui de sa mère, va devoir se débrouiller…

Il Medico della mutua (Le Médecin de la Mutuelle), le 32ème des 38 films du réalisateur et scénariste Luigi Zampa, sortis de 1933 à 1975, est l’adaptation d’un roman de Giuseppe D’Agata, sort en 1968. Dix millions d’entrées donnèrent l’idée à Luciano Salce de réaliser, l’année suivante, une suite au titre très concis : Il Prof. Dott. Guido Tersilli primario della Clinica Villa Celeste convenzionata con le mutue, avec Alberto Sordi dans le rôle-titre.

L’oeuvre de Luigi Zampa est imprégnée d’un thème, assez répandu dans le cinéma transalpin des années 60 et 70, celui de la débrouille, voire des magouilles, des personnages principaux pour « s’en sortir ». Les premiers honoraires de Guido lui permettront de remplacer sa Lambretta par une Fiat 500, un symbole bien visible, annonciateur de son ascension sociale.

Le Médecin de la mutuelle

Il Medico della mutua a eu un énorme retentissement en Italie, allant jusqu’à déclencher un débat au parlement sur les dysfonctionnements de l’équivalent de notre Assurance maladie. Derrière la comédie, parfois burlesque, pointe, en effet, une dénonciation des abus des médecins et de leurs patients au détriment d’une institution qui, nous le rappelle un de ses responsables, « n’est pas une vache à lait qu’on peut traire sans limites ». Ce que faisait ressortir sans ambiguïté le titre anglais pousse-au-crime, Be Sick… It’s Free! (soyez malade, c’est gratuit !).

Il Medico della mutua doit beaucoup à Alberto Sordi, que Luigi Zampa employa dans sept de ses films avec Alberto Sordi (un peu plus que les 4 ou 5 mentionnés par Jean-Baptiste Thoret dans le supplément).

Son thème exotique en des temps reculés font qu’Il Medico della mutua touchera moins le spectateur de notre côté des Alpes, en dépit du fait qu’il traite d’un problème resté d’actualité dans toute l’Europe, celui du contrôle des dépenses de santé. La dernière scène réserve toutefois une surprise en annonçant, avec un demi-siècle d’avance, l’arrivée de la télémédecine !

Il Medico della mutua, accompagné avec verve et humour par la musique de Piero Piccioni (Cadavres exquis / Cadaveri eccellenti, Francesco Rosi, 1976), se regarde sans ennui et donne envie de mieux découvrir l’oeuvre de Luigi Zampa dont seulement quatre films ont été édités en vidéo en France, parmi lesquels Vigile (L’agent), Il, sorti en 2017 par Tamasa Diffusion.

Le Médecin de la mutuelle

Généralités - 4,0 / 5

Il Medico della mutua (95 minutes) et son supplément (27 minutes) tiennent sur un DVD-9 logé dans un fin digipack.

Le menu fixe et sonorisé propose le film dans sa version originale, avec sous-titres optionnels, au format audio Dolby Digital 1.0.

Glissé dans la couverture du digipack, un livret de 16 pages reprend un article de Jean-François Rauger, L’art de se débrouiller, sorti en 2016 à l’occasion de la rétrospective Luigi Zampa à la Cinémathèque Française, suivi d’un texte d’Anne Dessuant (Télérama) sur Alberto Sordi, « l’acteur qui aurait voulu ressembler à Clark Gable », la voix italienne d’Oliver Hardy, un des vitelloni> (gros veaux) de Federico Fellini, « un Luis de Funès qui aurait compris la tragédie de la vie (…) une superstar en Italie » qui sera surnommé là-bas « Albertone », l’incarnation d’un « Monsieur Tout-le-monde qui appuie là où ça énerve ».

Bonus - 4,0 / 5

Il Medico… vu par Jean-Baptiste Thoret (27). La connaissance qu’on a en France de la comédie italienne se réduit à quelques cinéastes comme Dino Risi, Ettore Scola, Luigi Comencini, Mario Monicelli. Pourtant, Luigi Zampa est un cinéaste intéressant qui a compté dans l’âge d’or de la comédie à l’italienne, s’étendant de 1958, avec Le Pigeon (I Soliti ignoti, Mario Monicelli) à la fin des années 70, avec [PROGRAM(nouveaux_monstres)] (I Nuovi mostri), le film à sketches réalisé en 1977 par Mario Monicelli, Ettore Scola et Dino Risi. C’est en 1947 que Luigi Zampa s’est révélé avec Vivre en paix / Vivere in pace) et L’Honorable Angelina / L’Onorevole Angelina (deux films encore inédits en vidéo en France) toujours dans la veine du néoréalisme, mais d’un « néoréalisme rose (…) débarrassé de sa dimension un peu triste ». Il Medico della mutua peut être vu comme une somme de l’oeuvre de Luigi Zampa : on y retrouve la préséance donnée à la « débrouille » sur les grands principes ou sur les sentiments pour faciliter l’ascension sociale, thème repris par Les Années difficiles (Anni difficili, 1948), puis en 1954 par La Belle Romaine (La Romana) et L’Art de se débrouiller (L’Arte di arrangiarsi, 1954) qui met en scène, interprété par Alberto Sordi, un personnage emblématique de l’oeuvre d’un cinéaste un peu désabusé, en colère, « frontal » dans sa dénonciation des travers de la société italienne.

Le Médecin de la mutuelle

Image - 4,5 / 5

L’image (2.35:1), obtenue à partir d’un master 2K, après une restauration qui a méthodiquement éliminé toute trace de vieillissement de la pellicule, ravivé les couleurs, répond à toutes les attentes d’un cinéphile exigeant, notamment pour son respect de la texture argentique.

Son - 4,5 / 5

Le Dolby Digital 1.0, très propre lui aussi, restitue les dialogues avec une bonne netteté, comme la musique de Piro Piccioni, dans un spectre étroit, mais sans distorsions, ni saturations.

Crédits images : © Tamasa Diffusion

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

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Philippe Gautreau
Le 9 juillet 2020
Une satire sociale de l’Italie des années 60, emmenée avec verve par Alberto Sordi, l’as de la débrouille, ici dans le rôle d’un médecin à la recherche de tous les moyens pour attirer les patients dans une salle d’attente qui reste désespérément vide...

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