Wet Season (2019) : le test complet du DVD

Réalisé par Anthony Chen
Avec Koh Jia Ler, Christopher Ming-Shun Lee et Yang Shi Bin

Édité par Epicentre Films

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Le 10/11/2020
Critique

Après Ilo Ilo, salué par la Caméra d’or, Anthony Chen confirme sa sensibilité et son talent avec ce second film tourné à Singapour.

Wet Season

Des trombes d’eau s’abattent sur Singapour. C’est la mousson. Les nuages s’amoncellent aussi dans le coeur de Ling, professeur de chinois dans un lycée de garçons. Sa vie professionnelle est peu épanouissante et son mari, avec qui elle tente depuis plusieurs années d’avoir un enfant, de plus en plus fuyant. Une amitié inattendue avec l’un de ses élèves va briser sa solitude et l’aider à prendre sa vie en main.

Wet Season est le deuxième long métrage du réalisateur et scénariste Anthony Chen, né à Singapour en 1984, maintenant établi à Londres, formé au cinéma en Angleterre à la National Film and Television School. Son premier long métrage, Ilo Ilo, un coup d’éclat, a raflé une bonne trentaine de prix dont la Caméra d’or à Cannes en 2013.

Wet Season

L’action de ces deux films est située à Singapour, une ville-état de 5,5 millions d’habitants sur 725 km². Anthony Chen reprend les mêmes deux acteurs, Yann Yann Yeo et Jia Ler Koh, mère et fils dans Ilo Ilo, professeur et élève dans Wet Season.

Il pleure dans le coeur de Ling comme il pleut sur la ville

Wet Season, ce que le titre laisse aisément supposer, se déroule durant les quelques semaines de la mousson. Pluie et grisaille s’invitent dans presque toutes les scènes d’un film à la couleur des états d’âme de Ling. La petite quarantaine, déracinée - sa famille vit en Malaisie - entretenant depuis huit ans l’espoir, constamment déçu, d’avoir un enfant. Sa vie sentimentale avec un mari indifférent, souvent absent, n’est pas plus exaltante que sa vie professionnelle : le chinois qu’elle enseigne est vu comme une discipline secondaire qui n’intéresse personne. Sa seule gratification est l’assistance qu’elle apporte à son beau-père hémiplégique, aphasique, un substitut au bébé qu’elle n’a pas pu avoir, qu’elle fait manger et dont elle change les couches.

Wet Season

Un de ses élèves, Weilun, populaire champion de chang quan, un art martial, ému par le manque de considération des autres élèves, va afficher un intérêt pour le chinois et demander à Ling des leçons particulières. Un rapprochement qui conduira, insensiblement, à une intimité entre les deux personnages bousculant jusqu’à un complet déséquilibre de la vie de Ling.

Le style épuré de Wet Season, avec beaucoup de plans fixes, et le naturel des acteurs confirment le choix fait par Anthony Chen, dès son premier film, d’un cinéma naturaliste, jamais spectaculaire, toujours pudique, délicatement émouvant et, en dépit du dépaysement auquel il invite, universel.

Wet Season

Généralités - 3,5 / 5

Wet Season (99 minutes) et ses suppléments (25 minutes) tiennent sur DVD-9 logé dans un digipack.

Le menu animé et musical propose le film dans sa version originale, en mandarin et en anglais, avec sous-titres optionnels, et le choix entre deux formats audio, Dolby Digital 5.1 ou 2.0 stéréo.

À l’intérieur du digipack, une reproduction, au format carte postale, de l’affiche du film Ilo Ilo.

Pas encore disponible en vidéo physique au Royaume Uni et en Amérique du Nord.

Bonus - 3,5 / 5

Rencontre avec Anthony Chen (23’, en anglais, sous-titré, un entretien conduit par Françoise Fraisse). « Je ne pars pas à la recherche de mes histoires, ce sont les histoires qui me trouvent ». Il « voyage » avec les personnages qu’il a en tête, surtout des femmes et des adolescents. Il a « vécu » pendant trois ans avec ceux de Wet Season, le temps de l’écriture du scénario. Ses cadrages sont influencés par la peinture, notamment par les tableaux du peintre danois Vilhelm Hammershøi qui représente les femmes dans leur environnement ménager, de dos. Le durian, cultivé en Malaisie, dégusté dans deux séquences, est le « roi des fruits » en Asie du Sud-est. Ses particularités, « une l’odeur d’ordures pourrissantes et un goût de roquefort et cognac », l’ont fait interdire à Singapour dans le métro, dans les taxis et les hôtels. La pluie, emblématique d’une région où la mousson dure de quatre à huit semaines, reflète aussi les états d’âme de Ling et l’ambiance de Singapour, devenue de plus en plus froide. Après Ilo Ilo et Wet Season, Anthony Chen projette le tournage d’un troisième film à Singapour pour parachever sa « trilogie d’apprentissage » avec les deux mêmes acteurs, Yann Yann Yeo et Jia Ler Koh, son « Jean-Pierre Léaud ».

Bande-annonce.

Biofilmographie d’Anthony Chen.

Galerie de photos (6).

Bandes-annonces de Les Etendues imaginaires (Huan tu, Siew Hua Yeo, 2018), un autre film tourné à Singapour, Vivre et chanter (Huo zhe chang zhe, Johnny Ma, 2019) et Ilo Ilo.

Wet Season

Image - 4,5 / 5

L’image (2.35:1), d’une texture délicate, délibérément douce, lumineuse, bien contrastée avec des noirs denses, propose des couleurs naturelles, soigneusement étalonnées.

Son - 4,5 / 5

Le son Dolby Digital 5.1 (avec une alternative 2.0 stéréo), très clair, avec une bonne dynamique, assure l’équilibre entre les dialogues et l’ambiance dans laquelle le spectateur est immergé, notamment dans les nombreuses scènes sous la pluie, par une répartition cohérente du signal sur les cinq canaux.

Crédits images : © Laixiang Pow - Giraffe Pictures

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
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Philippe Gautreau
Le 11 novembre 2020
Après Ilo Ilo, salué par la Caméra d’or en 2013, le jeune cinéaste singapourien Anthony Chen confirme, avec ce second film, sa maîtrise d’un cinéma naturaliste, jamais spectaculaire, toujours pudique, délicatement émouvant et, en dépit du dépaysement auquel il invite, universel.

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