Un pays qui se tient sage (2020) : le test complet du DVD

Réalisé par David Dufresne

Édité par Jour2Fête

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Le 03/05/2021
Critique

Une suite de discussions sur le maintien de l’ordre pendant les manifestations des gilets jaunes, une incitation à réfléchir sur ses modalités.

Un pays qui se tient sage

Pendant les rassemblements urbains des gilets jaunes, de la fin de 2018 au début 2020, les affrontements des manifestants et de la police ont été filmés par les téléphones mobiles. Une sélection de ces enregistrements a été projetée à plusieurs intervenants, historiens, sociologues, juristes, représentant d’un syndicat de police… témoins des événements, invités à confronter leurs points de vue sur la légitimité de l’usage de la violence pour maintenir l’ordre.

Un pays qui se tient sage, sorti dans nos salles en septembre 2020, est le cinquième long métrage du documentariste David Dufresne, et le premier à être édité en vidéo. C’est un montage de scènes d’affrontements entre des manifestants et les forces de maintien de l’ordre, surtout par des témoins à l’aide de leur smartphone, soumis aux réactions de plusieurs intervenants.

Un pays qui se tient sage propose de nombreuses scènes d’opposition dans la rue, certaines particulièrement violentes, bien que, à juste titre, un des intervenants qualifie la violence de « retenue », dans chacun des deux camps. À partir d’une citation de Max Weber, « l’État détient le monopole de l’usage légitime de la violence », d’une distinction entre sa « légalité » et sa « légitimité », s’expriment diverses prises de position : certaines un peu trop « angéliques » allant jusqu’à justifier un droit individuel à l’insurrection à l’exercice duquel rien ne doit pouvoir s’opposer, d’autres, plus réalistes, soutenant l’obligation pour l’État de garantir la sécurité des personnes et des biens, publics et privés.

Un pays qui se tient sage, dans son ensemble, stigmatise le comportement des forces de l’ordre, un parti pris qui donne au film des allures de réquisitoire. Notamment quand il éclipse l’intervention des black blocks qui n’est évoquée que dans deux séquences exclues du montage, mais présentées dans les suppléments.

Si l’absence de contradiction affaiblit la portée du documentaire, celui-ci dénonce pourtant des brutalités inadmissibles, par exemple le matraquage d’une personne à terre, sans arme. Il a un autre mérite, celui, grâce à la diversité des positions défendues, de susciter une réflexion sur l’usage de la violence au service du maintien de l’ordre, du contrôle de sa légitimité, notamment d’une réponse proportionnée aux agressions, du recrutement et de la formation des policiers et gendarmes…

Un pays qui se tient sage

Généralités - 4,5 / 5

Un pays qui se tient sage (89 minutes) et ses suppléments (93 minutes) tiennent sur deux DVD-9 logés dans un digipack non fourni pour le test.

Le menu fixe et muet propose le film avec le choix entre deux formats audio Dolby Digital 5.1 ou 2.0 stéréo.

Piste d’audiodescription DD 2.0, sous-titres pour malentendants et sous-titres anglais disponibles.

À l’intérieur du digipack, un livret de 44 pages intitulé Sur les routes d’un pays (qui se tient sage), carnet de bord d’avant-premières et de rencontres en temps de corona (août-décembre 2020) . Une suite de réactions des spectateurs, à l’origine destinées au producteur, Le Bureau, au distributeur, Jour2Fête, après la présentation du film en avant-première à Paris, dans une vingtaine de villes de province, au festival international du film de Bruxelles et au festival du film de New York. Suit un entretien de David Dufresne, repris du dossier de presse du film, sur son écho, sur la force de l’image, sur le dispositif choisi pour l’enregistrement des entretiens, avec une seule caméra, sur l’absence d’accompagnement musical… Un entretien que David Dufresne conclut en disant : « Quand on entrevoit la dureté de la crise qui s’installe, on comprend que la gestion par la force ne va pas s’arrêter. Il faut s’y intéresser, interpeller les pouvoirs publics, demander des comptes. »

Un pays qui se tient sage

Bonus - 3,5 / 5

Scènes complémentaires (58’) : neuf parties d’entretiens écartées du montage. À noter l’intérêt particulier de l’intervention de Monique Chemillier-Gendreau, professeur émérite de droit public, sur l’État souverain et ses prérogatives régaliennes.

Conversation entre David Dufresne et Philippe Mangeot (17’). Le réalisateur espère que le film, grâce à la profusion d’intervenants, favorisera les débats sur un sujet qui tend à crisper les positions. Les institutions, police et justice, ont refusé de s’exprimer. Pourtant, « Jamais, depuis au moins cinquante ans, la question des pratiques policières n’a été autant discutée », parce qu’elles sont maintenant facilement filmées par un simple smartphone.

Avant-première, les 7 Parnassiens, Paris (14’) le 28 septembre 2020. Maître Alimi, avocat, déplore que peu de poursuites contre les fonctionnaires de police ait été déclenchées. Le réalisateur et six intervenants débattent de la violence devant le public. David Dufresne n’a voulu révéler leur identité qu’à la fin du film « pour gommer la hiérarchie sociale ».

Bande-annonce et teasers (4’).

Un pays qui se tient sage

Image - 4,5 / 5

L’image numérique (1.78:1) des entretiens, stylée avec des éclairages en clair-obscur, est irréprochable. La qualité des archives filmées est variable, mais dans l’ensemble satisfaisante, sans recours à l’agaçant remplissage des bords vides laissés par les cadrages étroits.

Son - 4,0 / 5

Le son Dolby Digital 5.1 (ou DD 2.0 stéréo, au choix) assure une parfaite intelligibilité de toutes les discussions. Pas de grande différence entre les deux formats proposés.

Crédits images : © Jour2fête

Configuration de test
  • Vidéo projecteur JVC DLA-X70BRE
  • OPPO BDP-93EU
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 275 cm
Note du disque
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Philippe Gautreau
Le 4 mai 2021
L’entrée en scène des gilets jaunes a entraîné des affrontements, souvent violents, entre manifestants et forces du maintien de l’ordre. Si ce documentaire perd une partie de son impact en prenant le forme d’un réquisitoire, il a un double mérite : celui de dénoncer des brutalités policières indéfendables et celui de susciter une réflexion sur l’usage de la violence au service du maintien de l’ordre, sur le contrôle de sa légitimité.

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