Un printemps à Hong Kong (2019) : le test complet du DVD

Suk Suk

Réalisé par Ray Yeung
Avec Tai-Bo, Ben Yuen et Patra Au

Édité par Epicentre Films

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Le 17/11/2021
Critique

Une touchante chronique de l’histoire d’amour de deux septuagénaires par un jeune cinéaste de Hong Kong.

Un printemps à Hong Kong

Pak, chauffeur de taxi septuagénaire à Hong Kong, est marié et père de deux enfants. Sa rencontre dans des toilettes publiques avec Hoi, un retraité, mais lui célibataire depuis un lointain divorce, marque le début d’une histoire d’amour qui restera secrète. Ni l’un, ni l’autre ne veut révéler à sa famille et à ses proches son homosexualité…

Un printemps à Hong Kong (Suk Suk, 2019), sorti dans nos salles en juin 2021, est le troisième long métrage du Hong-Kongais Ray Yeung. Le premier, Cut Sleeve Boys (2006), une comédie romantique gay, a été édité en vidéo en France. Pas le deuxième, Front Cover, bien qu’il ait été sélectionné dans plusieurs festivals et salué par le Prix du public au Boston Asian American Film Festival.

Un printemps à Hong Kong, écrit et réalisé par Rau Yeung, a glané 17 prix et été sélectionné dans de nombreux festivals en Asie (pas en Chine continentale où l’homosexualité, décriminalisée en 1997, reste regardée de travers) et en Europe, à Berlin et Bruxelles, et chez nous, à Angers et Amiens, où il fut distingué par une Mention spéciale.

Un printemps à Hong Kong

La sobriété du récit et de l’écriture filmique épurée m’a rappelé une autre histoire d’homosexualité cachée, celle, plus dramatique, que Patrick Wang avait racontée en 2011 dans In the Family ou, encore, la chronique de l’aventure sexuelle inespérée de Mr. Peabody relatée par Bruce LaBruce dans Gerontophilia.

Un printemps à Hong Kong montre deux scènes d’amour, filmées avec pudeur mais sans pudibonderie. Le récit de l’amour naissant entre Pak et Hoi, si apaisé qu’il paraisse, sans éclat spectaculaire, laisse pourtant sourdre la profonde tristesse causée par le choix de cacher à leur famille leur orientation sexuelle. Un choix douloureux pour les deux hommes, en grande partie imposé par une pression sociale, implicite, mais forte.

Un printemps à Hong Kong adresse cette pesanteur sociétale en évoquant la demande aux autorités de la création de maisons de retraites destinées à accueillir les homosexuels pour qu’ils n’aient plus, jusqu’à leur dernier souffle, à souffrir d’avoir à cacher ce que la plupart des gens voient comme une anomalie.

Un printemps à Hong Kong

Généralités - 3,0 / 5

Un printemps à Hong Kong (88 minutes) et ses suppléments (15 minutes) tiennent sur un DVD-9, logé dans un fin digipack.

Le menu animé et musical propose le film dans sa version originale, en cantonnais, avec sous-titres optionnels, au format audio Dolby Digital 5.1.

Bonus - 3,0 / 5

Entretiens avec Ray Yeung et l’actrice Patra Au (12’, Épicentre Films, 2021). Le réalisateur a eu l’idée du film après avoir lu Oral Histories of Older Gay Men in Hong Kong, Unspoken but Unforgotten, le recueil d’entretiens de l’universitaire Travis S.K. Kong avec douze homosexuels qui, après une jeunesse au grand jour, se sont progressivement retrouvés isolés. Ray Yeung a pu rencontrer certains d’entre eux avant d’écrire le scénario. Il n’a pas été facile de trouver deux acteurs âgés qui acceptent de tenir le rôle. Hong Kong est une société très conservatrice. Le gouvernement ne fait rien pour les droits des homosexuels qui doivent s’acquérir devant les tribunaux. L’actrice Patra Au, dont c’était le premier rôle dans un long métrage pour le grand écran, a dû se soumettre à une audition.

Biofilmographie du réalisateur en quelques lignes.

Film-annonce. (1’35”).

Galerie de photos (1’25”). Onze captures d’écran.

Bandes-annonces de trois films dont nous avons rendu compte : Coby (Christian Sonderegger, 2017), L’Etincelle : Une histoire des luttes LGBT+ ( Benoît Masocco, 2019) et Une vie secrète (La Ttrinchera infinita, Aitor Arregi, Jon Garaño, Jose Mari Goenaga, 2019.

Un printemps à Hong Kong

Image - 4,5 / 5

L’image numérique (2.39:1), avec une fine résolution, bien contrastée, déploie une palette de couleurs naturelles, agréablement saturées.

Son - 4,0 / 5

Le son Dolby Digital 5.1 restitue clairement les dialogues, dans un bon équilibre avec l’ambiance et l’accompagnement musical et plonge le spectateur dans les bruits de la ville par une sollicitation discrète, mais cohérente des canaux latéraux.

Crédits images : © New Voice Film Productions

Configuration de test
  • Vidéo projecteur SONY VPL-VW790ES
  • Sony UBP-X800M2
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • Diagonale image 275 cm
Note du disque
Avis

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Philippe Gautreau
Le 18 novembre 2021
La pression sociale oblige deux Hong-kongais, bien qu’elle soit licite, à cacher leur relation homosexuelle à leurs proches. Une chronique douce-amère primée dans plusieurs festivals. À découvrir.
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Jerem92
Le 12 août 2021
Un film extraordinaire, à la fois touchant et émouvant.

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Un printemps à Hong Kong
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