Berlin 63

Berlin 63 (2021) : le test complet du DVD

Ku'damm 63

Réalisé par Sabine Bernardi
Avec Sonja Gerhardt, Claudia Michelsen et Rolf Kanies

Édité par ARTE ÉDITIONS

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Le 26/09/2022
Critique

Cette suite et fin d’une saga familiale ravive les tensions entraînées par les rémanences du nationalisme, des années après la guerre.

Berlin 63

Troisième et dernier volet d’une histoire commencée par Berlin 56, poursuivie par Berlin 59, celle de Caterina Schöllack, directrice de l’académie de danse « Galant », et de ses trois filles, Monika, Helga et Eva. Elle s’achève en 1963, deux ans après la construction du Mur. Les trois soeurs sont désormais adultes et leur désir de liberté et d’indépendance est de plus en plus fort. Mais les pressions sociales conservatrices sont toujours pesantes, de même que les tentatives de leur mère pour les faire rentrer dans le rang.

Berlin 63 (Ku’damm 63, abrégé de Kurfürstendamm, la grande avenue de Berlin Ouest) est la troisième et dernière saison d’une série produite par UFA Fiction et ZDF et créée par la scénariste allemande Annette Hess, autrice du scénario de Parfum d’absinthe (Was nützt die Liebe in Gedanken, Achim von Borries, 2004) et d’une trentaine de scénarios de téléfilms et séries, dont 11 des 24 épisodes de Weissensee, en 2010, sur la vie de deux familles de Berlin Est de 1980 à 1990, au crépuscule du communisme, du téléfilm The Spy (Die schöne Spionin, Miguel Alexandre, 2013) et de la minisérie Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée (8 épisodes, 2021).

Berlin 63 déroule la suite de l’histoire familiale, à partir du soir de Noël 1962. L’événement du jour est l’exploit de huit personnes passées indemnes de Berlin Est à Berlin Ouest sous les tirs de la Volkspolizei, qui ont fait 30 morts depuis l’érection en août 1961 par la prétendue République Démocratique Allemande, du mur appelé « Antifachistischer Schutzwall » (protection antifasciste !).

Ich bin ein Berliner!

Berlin 63, comme les chapitres précédents, en toile de fonds des heurs et malheurs de la famille Schöllack, ramène le spectateur au plus fort de la guerre froide avec le rappel de quelques moments d’histoire, notamment de la visite de John F. Kennedy, le 26 juin 1963. Mais, surtout, en ravivant les mentalités d’alors, 18 ans après la chute du nazisme : la persistance, surtout chez une partie des plus âgés, du nationalisme, de la xénophobie, de l’antisémitisme et de l’homophobie… Ce qui n’empêche pas l’Allemagne de questionner au grand jour son passé en ouvrant, en décembre 1963, le procès d’Auschwitz après l’inculpation de 23 anciens officiers SS.

Berlin 63 souligne le classique décalage entre la loi et l’évolution des idées : en 1963, alors que la liberté des moeurs s’affiche sans vergogne, l’article 175 du code pénal sanctionne encore par une peine de prison la sodomie. Le conflit des générations est symbolisé par l’irruption chez Galant des danses latino-américaines sur l’initiative de l’une des filles profitant de l’hospitalisation de Caterina, renversée par un bus à la sortie du réveillon de Noël.

S’ajoute à l’intérêt du scénario et au soin apporté dans la mise en scène, un excellent casting en tête duquel brille Sonja Gerhardt, la fougueuse Monika, qui s’était déjà imposée dans une autre remarquable série d’outre Rhin, la saga Deutschland 83/86/89, créée par Anna Winger et Jörg Winger en 2015 (26 épisodes).

La sortie d’une intégrale de la série, Berlin 56-59-63, en coffret de six DVD, est annoncée pour le 18 octobre 2022.

Berlin 63

Généralités - 3,0 / 5

Berlin 63 (six épisodes d’une durée cumulée de 280 minutes) tient sur deux DVD-9 logés dans un digipack à deux volets, glissé dans un étui. En Allemagne, la série fut initialement diffusée en trois épisodes.

Le menu animé et musical propose la série dans sa version originale, en allemand, avec sous-titres optionnels, et dans un doublage en français, les deux au format audio Dolby Digital 2.0 stéréo.

Sous-titres pour malentendants.

La même présentation très soignée est maintenue, avec une douzaine de photos sur les couvertures du digipack et le nombre 63 sérigraphié en grands chiffres sur chacun des disques.

Alors que la première saison, Berlin 56, était disponible dans une édition Blu-ray, il faut se contenter d’un DVD pour Berlin 59 et Berlin 63. L’édition Blu-ray n’est disponible qu’outre-Rhin, sans sous-titres français.

Berlin 63

Bonus - 0,0 / 5

Aucun supplément.

Image - 4,0 / 5

L’image numérique (1.78:1), comme celle des deux précédentes saisons, est aussi bien définie que l’autorise le support DVD. Lumineuse, avec des contrastes fermes et des noirs denses, parfaitement lisible dans toutes les conditions d’éclairage, elle propose une délicate palette de couleurs naturelles.

Son - 4,0 / 5

Le son Dolby Digital 2.0 stéréo bénéficie, dans les deux versions, d’une bonne dynamique et d’un spectre ouvert, mais avec une faible séparation des deux canaux. Les dialogues sont restitués avec clarté, bien qu’ils manquent de naturel dans le doublage.

De même que l’on reprochait à l’édition Blu-ray de Berlin 56 de s’être limitée au format DTS-HD Master Audio 2.0 stéréo au lieu du 5.1, on regrette l’absence du DD 5.1 pour limmersion qu’il aurait pu créer, notamment dans les moments musicaux.

Crédits images : © ZDF - Boris Laewen

Configuration de test
  • Vidéo projecteur SONY VPL-VW790ES
  • Sony UBP-X800M2
  • Denon AVR-4520
  • Kit enceintes/caisson Focal Profile 918, CC908, SR908 et Chorus V (configuration 7.1)
  • Diagonale image 275 cm
Note du disque
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Philippe Gautreau
Le 26 septembre 2022
Épilogue d’une série sur le Berlin de l’époque du miracle économique de l’Allemagne fédérale vécue par quatre femmes dont l’intérêt tient, en partie, à sa dimension documentaire, notamment à son évocation de la nostalgie du nationalisme et des valeurs traditionnelles, génératrice d’un conflit entre générations.

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