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SÉRIES ILLIMITÉES : Starsky & Hutch sur grand écran

Par François Chollier | Publié le
SÉRIES ILLIMITÉES : Starsky & Hutch sur grand écran

Les 2 flics les plus cools de la planètes débarquent sur grand écran. Après Drôle de Dames, Hulk, Scooby-Doo et avant Thunderbirds, c’est au tour de la série TV la plus populaire d’être adaptée au cinéma… à peine le temps de chausser vos lunettes de fans et direction les seventies… ça va pulser!


Vous aurez beau essayer, vous ne pourrez leur échapper… ni au cinéma… ni en DVD. « Starsky & Hutch » débarquent en force. C’est la loi des séries sur DVDFR.

STARSKY & HUTCH
(Sortie le 21 avril 2004 )

Les Seventies. Bay City. A force d’acharnement à combattre le crime, le détective David Starsky a épuisé tous ses équipiers. Le détective Ken « Hutch » Hutchinson a lui aussi quelques problèmes. Même s’il est un bon flic, son côté trop cool et son attirance pour l’argent facile lui font parfois mordre la bande blanche.

Pour le capitaine Dobey, leur supérieur, il n’y a qu’une solution possible : les associer. Contraints de faire équipe malgré eux, Starsky et Hutch découvrent le cadavre d’un homme sur la côte. Avec l’aide de l’informateur publique Huggy les bons tuyaux, les deux policiers se plongent alors dans une enquête qui va les conduire tout droit à un richissime homme d’affaires réputé intouchable.

Fermement décidés à élucider le mystère qui règne autour de ce meurtre, Starsky et Hutch vont associer leurs « talents ». Mais l’enquête dérape très vite et leur échappe des mains. Mis à mal, les deux policiers devront faire appel à toutes leurs ressources pour résoudre l’affaire sans perdre leur humour légendaire…

Starsky et Hutch : le film

« Starsky & Hutch », le film…enfin !!! Après des années puis de longs mois d’attente, la série cultissime des années 70 alias les Seventies, sort, débarque, déboule sur grand écran. Inutile de dire toute l’anxiété, la fébrilité, l’angoisse même qui accompagnait cette première projection. Succès ou ratage ??? Pourvu qu’ils ne l’aient pas raté… pourvu qu’ils ne l’aient pas raté !!! Pitié pas un Charlie et ses drôles de dames… tout mais ni ça, ni un Chapeau melon et bottes de cuir… la série est trop importante pour la dévoyer en une remuante adaptation dénuée de sens et d’esprit. Attendez, on parle de « Starsky & Hutch » là ! Pas de « Kojak » ou des « Dessous de Palm Beach »… diffusée de septembre 75 à août 79, « Starsky & Hutch » est devenue rapidement en quelques mois voire quelques semaines une icône générationnelle… une série au succès monumental maintes fois rediffusée scotchant des familles entières à leur poste de télé le dimanche après-midi… Qui n’a jamais vu « Starsky & Hutch » ? Qui n’a jamais fredonné l’obsédant générique ? C’est bien simple personne !!! Nous avons grandi aux côtés de ces « nouveaux chevaliers au grand coeur mais qui n’ont jamais peurs de rien »… tous autant que nous sommes !

Starsky et Hutch en mission

Plusieurs signes palpables nous rassuraient sur la réussite de cette adaptation ciné. Premier d’entre eux : le casting… Ben Stiller en Starsky ça le fait ! Et ça le fait d’autant plus que l’acteur, polymorphes à ses heures, s’est littéralement fondu (sur les photos qui nous sont parvenues) dans le personnage autrefois incarné par Paul Michael Glaser. Mêmes poses, mêmes regards, même sourire… un clône ! A l’identique du modèle d’origine (le Hutch de la série) Owen Wilson, lui, se la joue plutôt cool, l’oeil déshabilleur, la chevelure décontractée, mister « no embrouilles » qui (si on se rappelle bien la série) est exactement le credo de Hutch. Restaient deux inconnues de taille : deux personnages dits « secondaires » qui prennent une importance cruciale dans cette histoire. Sans eux, pas de cool attitude et sans cool attitude pas de « Starsky & Hutch ». Le premier, c’est le colérique Capitaine Dobey… qui hurle (toute sa tendresse) sur nos deux détectives et sert d’aiguillons à leurs palpitantes aventures. Le second (notre héros) Huggy Les bons Tuyaux !!! Et alors là, mieux vaut ne pas se rater car Huggy est une des pièces centrales du puzzle. Il est le King Cool, informateur publique. Ne le traitez pas d’indic, vous finiriez dans la mer, une pierre solidement attachée à votre cheville, histoire d’admirer de plus près la faune aquatique de Bay City. Ce bon vieux Huggy, toujours entouré des plus jolies filles, chemises Hawaïennes et colliers à fleurs de rigueur… Plus cool que lui, tu meurs ! Deux inconnues, deux idées de génie : caster pour Dobey, Fred Williamson, héros mythique et charismatique de la Blaxploitation. Sélectionner la fine fleur des rappeurs, l’emblématique Snoop Dogg, pour le rôle de Huggy… ça sent bon… ça sent même très bon… sans oublier que les deux héros de notre enfance Paul Michael Glaser et David Soul, les Starsky & Hutch de la série ont accepté de figurer dans « Starsky & Hutch » le film. Pour certains une caution, pour d’autres un couronnement !

Starsky et Hutch toujours en mission

Roulements de tambour… fanfare, trompettes… on ne va pas vous faire lanterner plus longtemps… « Starsky & Hutch » est un succès sur toute la ligne. On en ressort électrisé d’avoir autant ri… certes peu intelligemment mais de très bon coeur. Et c’est ce qui compte !!! L’idée géniale de cette adaptation ciné est d’avoir recréé un style sans être tombé dans le piège de bêtement copier la série TV. L’humour, marqué Seventies, la réalisation, marquée Seventies, les scénarii, marqués Seventies ne donneraient rien aujourd’hui ou pire… la sensation d’assister à un nouvel épisode sur grand écran d’une série au charme désuet. L’adaptation de Shaft signée John Singleton avec Samuel L. Jackson en a fait les frais. Quoique dans l’esprit, l’ensemble manquait franchement d’intensité pour ne pas tout simplement dire d’intérêt. Le risque inverse est, qu’en dépoussiérant la série, on en perde « l’âme », cette âme que les fans ont plébiscité durant des années et qui fait se masser les foules autour de l’adaptation ciné. C’est ici que tout le génie de « Starsky & Hutch »… 30 ans après va le plus ostensiblement s’exprimer : non seulement le film parodie l’original mais il parodie également la cool attitude des Seventies. Et voilà… le tour est joué !

« Starsky & Hutch », sans se précipiter, à son rythme (qui n’est heureusement pas celui de la génération MTV), enchaîne les sketches et recycle les pastiches avec humour, collégialité et bonne humeur. Les cascades seventies, les courses-poursuites seventies, les filles en bikini éminemment seventies, les déguisements, les voitures, les bars, les maisons, les talkies walkies, les pistes de danse, les fringues… tout y est… même les méchants ont des gueules de truands échappés des Seventies… Todd Philipps, heureux réalisateur de cette vaste entreprise comico-nostalgique, n’a pas lésiné sur les moyens pour que du misérable dealer au gangster bon chic bon genre tout y soit façon seventies ! Recréer l’univers pour ensuite se l’approprier et le parodier… à ce jeu-là, Philipps et son équipe s’en sortent à merveille. Les acteurs ont alors toute latitude pour improviser à leur guise de talentueuses (n’ayons pas peur des mots) caricatures kitchissimes. Bienvenue oui bienvenue dans un monde ou l’on prend sa guitare pour séduire les filles et chanter le tube de David Soul « Don’t Give Up On Us Baby » (n°1 au top 50 US en 1977), où les pom-pom girls ressemblent à des drôles de dames, ou la moustache à l’air, le vrombissement d’une Harley entre les cuisses, deux flics sous couverture se la jouent Easy Rider, où l’on boit son café dans des tasses à fleurs et où l’on danse la country sur des airs méchamment funky !!!

Starsky et Hutch camouflés

« Starsky & Hutch », c’est avant tout Stiller et Wilson… deux anti-héros au grand coeur mais qui n’ont jamais peur de rien… et surtout pas du ridicule !!! Il faut voir Ben Stiller agiter les bras à la Paul Michael Glaser, sauter d’un immeuble haut de 5 mètres en pédalant des jambes pour finir dans une roulade gracieuse sur le toit de l’immeuble d’en face puis continuer, imperturbable, une poursuite qu’on sait gagnée d’avance. Tout cela sous l’oeil goguenard d’un Owen Wilson, séducteur-arnaqueur-tchatcheur pour qui glander est une profession. Chevalière au doigt, regard à l’horizon, le Teddy en guise de gilet pare-balles,… plus vrai que nature. Et voilà nos deux héros en négo avec ce bon vieux Huggy… qui n’a plus rien du Huggy de la série… hormis peut-être son style cool et classe tout à la fois. Et là… franchement, ça vaut le détour. Incroyable Snoop Dogg, le personnage de Huggy collé à la peau, la coiffure à la Prince, look dégingandé entouré de ses Huggy gardes, dans son Huggy place, une Huggy chevalière au doigt. Le Don Corleone noir a enfin un nom !!! Avec un casting pareil et assez de gags pour remplir un film et demi, comment vouliez-vous que Philipps manque la cible ? En plein dans le mille… la satisfaction aux lèvres d’avoir retrouvé les jours heureux des Seventies et le secret espoir dans le coeur d’avoir vu le premier numéro d’une longue série… cinématographique cette fois.

Snoop Huggy Dog

3 choses manqueront tout de même pour que notre bonheur fut complet. La première est de n’avoir pas eu un Dobey plus énergique. Trop grand, trop maigre, pas assez mangeur de sandwiches et surtout pas assez colérique, Fred Williamson passe très clairement à côté du rôle. La deuxième est de n’avoir pas eu assez de poursuites, de dérapages, de castagnes… enfin d’avoir manqué d’un léger (très léger) poil d’action en dépit des démarrage parodiques de La Ford Gran Torino (la rouge à bande blanche de Starsky… série limitée à 1000 véhicules) qui, il faut bien l’avouer, en a toujours sous le capot. Enfin, la troisième est de ne pas avoir entendu la musique… et ça… ça… ça, c’est quand même de la bonne grosse déception des familles ! On ne la réclamait pas au début du film, ni même pendant le film mais on aurait pu avoir l’heureuse surprise à la fin du film. Il est vrai que la chanson n’avait été enregistrée que pour la France (exception culturelle oblige !!!) et que partout ailleurs dans le monde, en poussant ce type de chansonnette, vous risquez de vous sentir seul et incompris ! Mais bon… revoir « Starsky & Hutch » sur grand écran tient du caprice d’enfant… autant être capricieux jusqu’au bout ! Néanmoins, le reste est tellement réjouissant qu’on en oublie de bouder le plaisir qu’on prend. Et puis les caméos de Glaser et Soul, sont un de ces purs moments que le cinéma immortalise tellement rarement… qu’ils comblent sans peine l’absence d’une engueulade Dobeyenne ou d’une chansonnette… fut-elle aussi emblématique que « Starsky & Hutch, nin nin nin nin nin nin… »

« Starsky & Hutch » s’en sort admirablement. Au programme, peace and cool love… légalement parlant s’entend. Dealers au placard, filles sublimes à portée de main, truands sympathiques et policiers décontractés… bref, le meilleur des mondes qui a fait de Starsky & Hutch : la série, un monumental succès TV, et donne à « Starsky & Hutch : le film » l’envergure d’un phénoménal succès ciné.

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