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La Kate des monstres : "Van Helsing" au cinéma

Par François Chollier | Publié le
La Kate des monstres : "Van Helsing" au cinéma

Kate Beckinsale et les bestioles à poils et à dents sont à l’honneur aujourd’hui. Côté DVD avec la critique d’Underworld et côté cinéma avec la sortie de « Van Helsing » dans les salles : choisissez votre camp…



Au coeur des Carpates, il est un monde de légendes et de mystères : la Transylvanie… Une terre où le mal règne en maître absolu, où le danger rôde dès le coucher du soleil, où prennent corps les monstres qui hantent nos cauchemars les plus secrets.

Van Helsing est un ténébreux professeur et chasseur de monstres. Sa mission l’amène à affronter de terribles êtres, parmi lesquels le loup-garou, la créature de Frankenstein ou encore le comte Dracula, qui, depuis des générations, persécute la famille de l’intrépide et aristocratique Anna Valerious.

Le Vampire, le Loup-Garou et Frankenstein : 3 créatures mythiques, 3 monstres fils d’une littérature hautement inspirée devenue incontournable pour le cinéma enfin réunis à l’écran. Et pas par n’importe qui ! Stephen Sommers, auteur de ces 2 bijoux (oui bijoux !) de la série B que sont Un Cri dans l’océan et La Momie, se charge de les ramener à la vie. Face à eux, un autre monument de la littérature britannique, le très énigmatique et aristocratique Professeur Van Helsing. Qui sera le chasseur et qui sera le gibier ? La chasse est ouverte, les paris sont lancés !!! La confrontation s’annonce des plus captivantes et les premières esquisses du film nous font saliver. Un héros torturé (disons-le maudit), 3 créatures mi hommes mi bêtes que les entrailles de l’enfer ont vomies et une quête mystico-religieuse qui promet style, ambiance, action et frisson. Enfin on s’aventure à réunir ces légendes. Enfin, il y a du nouveau au Royaume du Gothique. Universal va même jusqu’à prendre le risque de miser sur Van Helsing 160 millions de dollars de budget (le plus gros de l’année 2003 pour le studio), offrant au film décors grandeur nature, tournages en extérieur, effets spéciaux phénoménaux et scènes bondées de figurant (jusqu’à 270). Côté casting, Sommers parie sur le Wolverine des X-Men, Hugh Jackman à la ville, et la Selene de Underworld (voir notre article) alias Kate Beckinsale pour incarner son couple magique à l’écran. Pour le reste, aucune star que du talent… et une infatigable énergie pour alimenter cette épopée !!! Bref, un projet pionnier qui a su pendant longtemps tenir en haleine mordus de S.F. et adeptes de séries B de qualité.

Des décors gigantesques

Malheureusement, il n’aura pas fallu longtemps pour être déçu, frustré, désabusé ! Quelques secondes à peine, le temps de boucler une première transition magnifiquement maîtrisée et c’est immédiatement la panique voire même la débandade. Sommers, visiblement en panne d’inspiration, tente de nous emporter dans une introduction « momifiante »… sa spécialité ! Manque de chance, le copié collé de scènes pillées au cinéma (expressionniste) allemand s’avère ici d’un mauvais goût achevé transformant le style baroque de l’époque en nauséeux rococo. Le château, le moulin, le laboratoire, tout ceci pue d’entrée de jeu le préfabriqué. Qu’importe ! Dracula ? Où est Dracula ? Non, ne me dîtes pas que c’est cet épouvantail ridicule dans ce costume trop grand pour lui ? Mais où ont-ils été le pêcher celui-là ? Chez Luhrmann… dans Moulin Rouge ! Vous ne vous souvenez pas ? L’Aristocrate ? Le rival ? Hé bien non… on ne s’en souvient pas plus chez Luhrmann qu’on ne s’en souviendra ici ! Transparent, inutile, théâtral au possible… cette peau d’acteur n’a décidément pas le don d’effrayer qui que ce soit ! Il énerve, il fatigue, il agace… en un mot il sabote !!! Pourquoi lui a-t-on confié le rôle ? Par pitié peut-être ou bien serait-ce par piston ? Qu’il se rassure ! Il n’est pas le seul dans ce cas. Bien au contraire, ils sont une tribu à nous pourrir le spectacle. A commencer par Frankenstein qui n’a de cesse d’osciller entre pathétique et grotesque. L’oeil torve, la voix de crécelle et le crâne vert luisant, tout droit échappé d’un épisode de Buck Rogers… manque plus qu’il fasse bilibilibi. Que fait-il ici ? Il joue le gentil méchant à moins que ce ne soit le méchant gentil… enfin on ne sait plus, d’ailleurs on s’en fout ! Trop occupé à brûler tout ce qui l’entoure, Sommers en oublie ce pourquoi il est là : raconter une histoire campé par de légendaires personnages… L’introduction s’achève comme elle a débuté… dans l’aberration gesticulatoire. On se prend alors à rêver d’un sursaut rédempteur qui mette fin à cet horrible cauchemar.

Avant j'avais des lames là...

Que nenni ! Sommers s’obstine à ruiner nos espoirs et nous gâcher le plaisir ! Sans transition, nous voilà rendu à Paris, dans les environs de Notre-Dame. Jamais effets spéciaux n’ont été plus visibles, jamais textures n’ont été plus laides. Ex aequo avec Beowulf, c’est dire !!! Il fallait oser. Où sont passés les 160 millions de dollars ??? Un petit rire dans la nuit nous indique qu’on en sait fichtre rien et que l’on persiste à vouloir se foutre du spectateur. Qui en est l’auteur ? le récurrent « Mr. Hyde ». Hé oui ! Lost in France ! Pas de bol… pour nous surtout !!! Et devinez qui le poursuit ??? Sanchez Van Helsing sur son noir destrier, une musique hispanisante à ses trousses, un masque de Zorro sur le nez. Je sais, c’est à n’y rien comprendre ! Pourquoi tant de haine, tant d’acharnement à massacrer une histoire avec de telles potentialités ? A l’apparition de Hyde, le désastre est complet. C’est celui (à l’identique) de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires. Le même qui se dandine aux poutres de la cathédrale et s’amuse à parodier ce bon Quasimodo ! On vous passe les détails d’un combat sans intérêt. Vite la suite, qu’on en finisse au plus tôt !!! La Transylvanie ! Enfin, va-t-on peut-être avoir l’obligeance d’entrer dans le vif du sujet… après 30 minutes de delirium mince ??? Mais on aura beau attendre. Tout est à l’image de ces misérables scènes d’ouverture. Le seul rescapé s’avère être un Loup-Garou vaguement mobile. Le reste n’est qu’une bouillie informe épongée par l’esprit torturé d’un tâcheron sec d’imagination dont la vie et l’oeuvre se résume à voler les idées de ses corélégionnaires.

Ce clap essaie de me mordre...

Et de l’idée, Van Helsing en recycle !!! Pêle-mêle vous reconnaîtrez James Bond, Zorro, La Guerre des Etoiles, Le Seigneur des Anneaux, Le Nom de la Rose, Stargate, Matrix, Le Bon, La Brute et Le Truand… à tous vous les citer, le catalogue serait trop long ! De Sommers, pas une idée originale ne vient ! Le cinéaste manque à ce point de créativité qu’il tourne sur ses propres références, prêtant aux Vampires le menaçant visage de Vosloo dans La Momie. Que retirer de ce patchwork ? Rien… absolument rien ! Tout est à oublier très vite !!! Aussi bien l’histoire naïve à pleurer que les personnages caricaturaux et mal interprétés. Beckinsale si fabuleuse dans Underworld se décrédibilise dans le rôle de la bimbo sophistiquée à la touffe permanentée. Quand à Jackman, éternel maudit, il ressort rapetissé de cette sordide histoire mortellement aseptisée. Les deux acteurs auront eu en tout et pour tout quelques lignes de texte… et roulement de tambour… un furtif baiser. Il faut dire que Sommers est également scénariste sur ce coup ! Une question, je peux ? Comment a-t-on pu songer (un jour de pleine lune) donner à cette immondice de l’argent (160 millions de dollars, il est bon de le rappeler) ? Il faut absolument le rendre pour le donner aux artistes de talent !

C'est ici la brochette party ?

Ici le but avoué est la course à la rentabilité. Bien ou mal dépensé l’argent sert grossièrement à masquer un gros nanar vite faite mal fait qu’on s’empressera de vendre en DVD. 2 ou 3 exclusivités TV et il se peut même qu’on ait un jour l’idée d’en faire une resucée ? Par pitié… laissez-les amateurs de S.F. en paix et trouvez d’autres vaches à lait ! Cinéphiles, sortez les croix, les gousses d’ail, trouver une Eglise, un Temple, une Mosquée, les vampires suceurs de blé sont de sortie… Hollywood les a (une fois de plus, une fois de trop) lâchés !!!

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