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Deauville 2004 : Zanuck, Freeman, McDowell, princes de Deauville

Par François Chollier | Publié le
Deauville 2004 : Zanuck, Freeman, McDowell, princes de Deauville

Si le festival de Deauville fête ses 30 ans, il n’oublie pas pour autant de célébrer ceux qui l’habitent : producteur et acteurs en particulier…



Richard D. Zanuck : l’héritier de Hollywood


Au fil des ans, certains noms reviennent inlassablement. Il en est un parmi les producteurs qui force le respect et impose l’admiration ; celui de Richard D. Zanuck. Son père Darryl F. Zanuck est le fondateur de la Twentieth Century Fox. Celui-là même à qui le 7ème Art doit entre autres « Cléopâtre » et « Le Jour le plus long ». En digne fils de son père, Richard D. Zanuck a perpétué la tradition : prendre des risques pour produire grand et récolter gros. Le travail de producteur est avant tout un travail de financier. L’homme ne s’en défend pas. Bien au contraire, c’est là son talent premier : gérer la démesure et maîtriser les coûts.

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Le Festival de Deauville l’accueille dans le plus grand respect pour son immense contribution dans l’histoire du cinéma. « Sugarland Express », « Les Dents de la Mer », « La Mélodie du Bonheur », « Rush », « Mash », « L’Arnaque », Big Fish »… ne sont qu’une infime partie des oeuvres que Richard D. Zanuck a produites. Des films devenus mythiques grâce à leurs succès légendaires et qui font de lui le digne héritier de cette industrie hollywoodienne.

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C’est dans la plus grande crainte aussi car l’homme n’a pas la réputation d’être un saint. Les affaires sont les affaires et gare à celui qui irait contre ses brisées. Son exigence vient peut-être de l’époque où il lui a fallu « sauver le studio de la banqueroute » juste après Cléopâtre qui fut à la fois un gouffre financier et un cinglant échec commercial. Quoi qu’il en soit, l’homme, en dehors de toute considération personnelle, est apprécié comme le plus implacable de tous les producteurs. Son objectif : la rentabilité !

Richard D. Zanuck et Morgan Freeman

La conférence de presse sera pourtant l’occasion pour lui de réaffirmer son attachement au cinéma indépendant. Ce cinéma-là a, selon lui, plus de chance de créer puisqu’il ne risque pas d’être gangrené par les coûts exorbitants des grosses productions. Richard D. Zanuck préfère certainement oublier qu’il est actuellement l’un des décideurs les plus influents des studios hollywoodiens, qu’il n’a pas hésité à produire « La Planète des Singes » en 2001, remake pop corn à gros budget et que les recettes engrangées aurait pu servir à la mise en chantier d’1 millier de films indépendants. Bizarrement, à Deauville, personne ne lui posera la question. Peur de déplaire ? Crainte de gâcher la fête ?

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On préfère accueillir Richard D. Zanuck en conquérant, ce qu’il est aussi ! D’un coup de baguette magique, Deauville efface la ligne de démarcation entre Blockbusters et cinéma indépendant. C’est aussi cela, la magie du Festival. Morgan Freeman conduira Monsieur Zanuck sur la scène pour lui remettre devant une foule clairsemée de spectateurs sa récompense. Un hommage en forme de chaleureuse reconnaissance pour services rendus. Et si le sacre est contesté, l’événement demeure important !


Malcolm McDowell, le gentleman de Deauville


Port altier, oeil rieur et silhouette athlétique, Malcolm McDowell surprend ! D’abord parce qu’à son âge, il a gardé l’allure et le dynamisme d’un jeune homme de 30 ans. Ensuite parce qu’avec son palmarès (incluant une inoubliable prestation dans le non moins inoubliable « Orange Mécanique » de Stanley Kubrick), l’homme se montre d’une simplicité et d’une disponibilité déconcertante. Certes il a travaillé avec plusieurs maîtres parmi lesquels Lindsay Anderson, Stanley Kubrick et Robert Altman mais, dit-il, « il a eu de la chance ».

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L’homme ne manque pas d’humilité. Il ne manque pas non plus de franchise. « 90% de ce qui se trouve sur mon CV sont des films merdiques ». Mais, continue-t-il, « qui suis-je pour me plaindre ? (…) dans la carrière des plus grands acteurs, on ne retient souvent que 10 films, j’ai eu l’opportunité d’en faire au moins 10 dont je peux être fier ». Et Malcolm McDowell de continuer, « Je ne regrette rien de ce que je fais, j’ai accepté Calligula uniquement parce qu’on m’avait promis une villa sympa à Rome pour séjourner (…) La villa était finalement horrible mais j’ai pu y côtoyer Sir John Gielgud, un immense acteur dont j’ai appris beaucoup ».

Encore Malcolm ! Des anecdotes, nous en sommes friands ! Et Malcolm McDowell intarissable. « Certes j’ai fait le remake des Visiteurs parce que je trouvais le film très amusant en français. Honnêtement, ils auraient dû s’en tenir au premier. Le transcrire en anglais pour un public américain n’a littéralement rien donné ». Et Les voix, vous aimez faire des voix ? « Bien sûr, tout le monde aime faire des voix, c’est 10 minutes de boulot et vous touchez de l’argent pendant des années. Richard Dreyfus fait des voix pour Honda. J’espère franchement décrocher un contrat similaire ».

Malcolm McDowell

Qu’est-ce qui vous motive ? « Je suis de l’école de James Mason. Pour accepter un rôle il y a 3 critères déterminants. Le premier que ce soit un bon rôle. Le second que ce soit un bon salaire. Le troisième que ce soit un bon lieu de tournage ». Pas de cachotterie, avec Malcolm on se dit tout. « Lindsay Anderson, poursuit-il, me disait souvent que choisir les acteurs, c’est déjà faire 90% du travail sur un film. Si vous ne choisissez pas les bons, votre film est mort. Aujourd’hui, je me rends compte qu’il avait raison ».

Et à propos de vos collaborations avec les cinéastes ? « J’ai beaucoup aimé travailler avec Lindsay Anderson, c’est mon mentor. J’ai adoré travailler avec Stanley Kubrick, j’aurais aimé être moins fier et me manifester auprès de lui avant sa mort. Enfin je suis très heureux d’avoir collaboré avec Tamar Simon Hoffs pour le film « Red Roses and Petrol » (le film sera ensuite projeté en sa présence et celle de la réalisatrice). C’est un film qui a coûté 300 000 dollars soit à peine de quoi payer un déjeuner sur un film de Tom Cruise ».

Red Roses and Petrol

Malcolm McDowell s’est livré sans complexe, avec infiniment d’humour, de courtoisie et de simplicité. Un gentleman, auquel la langue de bois est étrangère, a honoré Deauville de sa présence. Le Festival de Deauville l’honore à son tour en lui rendant hommage sous un tonnerre d’applaudissements. Entre Deauville et Malcolm McDowell a commencé en ce jour une grande histoire d’amour et de respect !

Cinéma
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