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Ultra HD Blu-ray : la fin du zonage !

Par Giuseppe Salza | Publié le | Mis à jour
Ultra HD Blu-ray : la fin du zonage !

Pour lancer le nouveau support, la UHD Alliance a décidé de supprimer les codes régionaux des disques. Fin d’une époque qui a hanté la vidéo longtemps…

Dans son compte-rendu quotidien du CES de Las Vegas, le spécialiste de la vidéo Bill Hunt de The Digital Bits a dévoilé une information qui était dans l’air depuis des mois mais attendait la confirmation des têtes grises de la UHD Alliance : les disques Ultra HD Blu-ray 4K ne seront pas zonés.

L’information est de taille. Depuis les débuts de la vidéo, tous les supports physiques - numériques ou analogiques - ont eu un zonage ou une norme couleur régionale : six zones pour le DVD, trois pour le Blu-ray, plus les différentes combinaisons et les codages « toute la planète y a droit » (les DVD Zone ALL et les Blu-ray ABC). L’objectif de cette partie géante de Risk qui a embêté des générations entières de cinéphiles : contrôler la distribution vidéo dans les différentes régions du monde à une époque où les sorties mondiales simultanées étaient une rareté, protéger les éditeurs des imports parallèles, et plus généralement contraindre les acheteurs à un jeu du chat et de la souris. 

   

Fin d’une époque

Si les titres de la moitié des studios du Blu-ray ne sont pas zonés et la plupart des platines DVD sont désormais fournies en Zone ALL d’office, les contrôles régionaux Zone B ou Zone 2 demeurent présents. Dans l’âge d’or du DVD, défier les Studios était une opération périlleuse : des descentes de police avaient mis sous scellés les stocks de certains magasins spécialisés dans les imports de l’Amérique du Nord, obligeant les autres à vendre leur came en dessous du comptoir et à lister leur précieuse marchandise dans des bloc notes que les habitués feuilletaient discrètement et goulument. Le charme de l’interdit.

La perversité du zonage n’a pas concerné le HD DVD (décédé à la fin de la guerre des formats), ni les LaserDiscs et avant encore les VHS. Mais pour ces 2 derniers, les barrières étaient d’un autre type : les standards analogiques PAL, SECAM et NTSC. Avant les lecteurs multi-standard, les cinéphiles globaux importaient les platines. Les légendes urbaines de l’époque abondaient d’histoires de gens qui avaient grillé ces trésors de l’Amérique du Nord (à 110V), en les branchant directement sur le 220V sans transformateur.

La fin des zones est aussi la fin d’une époque, que peux de gens regretteront.

Premières platines 4K chez Samsung et Panasonic

Samsung a présenté au CES sa platine Blu-ray 4K de première génération. Le UBD-K8500 est un modèle d’entrée de gamme mais avec un prix agressif : 399 $. La platine est déjà en prévente outre-Atlantique chez Best Buy et quelques spécialistes, et sortira vers la mi-mars 2016.

Samsung lecteur Ultra HD Blu-ray UBD-K8500
Lecteur Samsung UBD-K8500

Panasonic a dévoilé aussi sa propre platine Ultra HD Blu-ray 4K. Le DMP-UB900 est un modèle haut de gamme certifié THX et doté du processeur d’image 4K Chroma Processor Realistic Plus. Son prix n’a pas encore été dévoilé, mais il vise une clientèle Home Cinéma.

Panasonic lecteur Ultra HD Blu-ray DMP-UB900
La platine Panasonic DMP-UB900

 

Commentaires
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Ludo_88
Le 6 janvier 2016 à 22:55 - mis à jour le 6 janvier 2016 à 22:58

C'est clair qu'avec les standards analogique, le zonnage était naturel. Il y avait la barrière des standard, comme vous l'avez souligné (Pal/Secam), mais surtout le NTSC avec son fameux 60 Hz, le plus compliqué à "contourner" du fait de notre réseau en 50 Hz. Il fallait trouver un TV ou projo compatible. C'était en fait beaucoup plus compliqué qu'a ce jour. Puis il y avait la barrière des langues, car à l'époque, pas de sous-titres activables* ou pas, ni de multiples pistes son*. (* Hormis quelques rares Laserdisc).

Maintenant, avec la réduction de la période de sortie ciné / vidéo, le zonnage n'a plus trop lieu d'être. D'ailleurs, plus beaucoup d'éditeur l'utilise, sauf, et c'est cela qui est le plus gênant, des éditeurs spécialisés genre Criterion, qui sont plus les cible des amateurs de ciné...

Mais, le plus important reste les royalties qui sont de plus en plus élevés, que ce soit les droits du support, celui des constructeurs, mais aussi et surtout, celui des codecs, qu'ils soit vidéo, audio (dts, Dolby) ou de navigation (Java)...

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Falastus
Le 6 janvier 2016 à 23:00

Quand je parle d'erreurs commise par les acteurs du marché de la vidéo physique, le zonage en est une, parmi tant d'autres. Il n'avait aucun intérêt, puisqu'il pouvait être détourné. Il n'a servit qu'à embêter les honnêtes gens, qui ne savaient pas comment procéder pour faire sauter le zonage. Idem avec les protections anti-copie, que les éditeurs n'ont pas abandonner.

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Je vais m'abstenir de donner mon mon avis au sujet de la deuxième partie de cet article. Sinon, je vais être rébarbatif.

Sachez simplement que je ne suis définitivement plus en accord avec les autres passionnés de HD et maintenant d'UHD. J'ai l'impression à les lire, à vous lire, puisque vous êtes des passionnés, de pénétrer dans un monde qui est dépassé. Un monde qui se serait figé, alors que celui dans lequel je vis continue d'évoluer. Depuis que je donne mes avis au sujet de la vidéo physique, vous comprenez très bien ce que je veux dire.

Avec tout le respect que je dois au rédacteurs pour la qualité de leurs articles, je ne sais pas si je dois rire ou pleurer de voir qu'en ce début 2016, ils se remettent à parler de platine blu-ray... Je ne sais pas si je dois rire ou pleurer de voir que dans un salon spécialisé dans le high-tech, qui présente des produits modernes, les professionnels y présentent fièrement... des platines blu-ray, dont le grand public n'en a que faire, puisque le mode de consommation de la vidéo a changé. Je ne sais pas si je dois rire ou pleurer de voir que les éditeurs misent un maximum sur les blu-ray UHD pour se refaire une santé...

Bref... j'ai 32 ans et je vois l'avenir dans le dématérialisé, la vidéo physique devant marginal. Et rien ne me fera changer d'avis, puisque la très mauvaise santé de ce marché ne peut que conforter ce que je n'arrête pas de dire, ici ou ailleurs.

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Guillaume (DVDFr)
Le 7 janvier 2016 à 09:19

Oui l'avenir "de masse" est au dématérialisé, je crois que nous en sommes tous conscients. Ca veut dire que le "physique" va progressivement se muter en un marché de niche et pour cela il doit avoir des atouts face au dématérialisé. On peut se poser la question de ces atouts :

  • pas de problème de débit... la galette contenant l'intégralité du média on peut avoir des gros débits, plein de pistes sonores, des bonus... Le dématérialisé peut gommer cette différence en proposant des boxes qui gomment les problèmes de débit comme celle de Vidéo Futur par exemple.
  • les amateurs de "beaux objets" apprécient aussi les versions collector. Par exemple les très beaux coffrets du Seigneur des Anneaux lors de la sortie des versions longues.

Pour tenir dans un marché de niche il faut que la qualité audio et vidéo soit largement au dessus de ce que proposera le dématérialisé. Quand on compare un simple DVD avec certains DivX sortis en même temps que ce support, sur un bon diffuseur il n'y a pas photo.

Le problème - et c'est vrai aussi pour le marché de l'audio - c'est que de nombreux (la majorité ?) spectateurs se fichent de la qualité ! Oui ils achètent la dernière TV grand format UDH 4K Premium ultra-connectée mais la seule chose qu'ils regardent c'est la diagonale de l'écran et tant pis s'il y a des gros carrés. Et - n'en déplaise à mes collègues - ce n'est pas la 4K, l'HDR associé à une colorimétrie enfin étendue (la plus belle promesse du 4K) qui va y changer quoi que ce soit à moins que les éditeurs se décident enfin à éduquer le public... mais AMHA ça servira à vendre des diffuseurs 4K qui diffuseront de belles images en magasin et basta (et encore la majorité des magasins trichent sur les réglages pour que le client se dirige vers le diffuseur pour lequel ils margent le plus).

Le marché de niche sera donc - une fois de plus - pour les amateurs avertis, ceux qui ont investi dans un bon diffuseur, un bel ampli et des enceintes qui vont avec, voir l'accoustique de leur pièce. Les mêmes qui font exploser les ventes de platines vinyl ces dernières années.

Mais d'ici là (et c'est là où je voulais en venir) le marché de la vidéo physique a encore quelques années (2 à 5 selon moi) pour essayer de convaincre et ramasser des miettes. Le temps pour le dématérialisé d'améliorer ses offres, que le marché se concentre, que les débits chez les particuliers augmentent (principal facteur limitatif pour de la haute qualité dématérialisée)... En période de crise et de consommateurs surinformés ça va pas être évident du tout.

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Giuseppe Salza
Le 7 janvier 2016 à 10:40 - mis à jour le 7 janvier 2016 à 14:41

@Falastus, voici la réalité du dématérialisé en France :

Si je veux louer une nouveauté en HD, ça me coûtera 5/6 €. Sur la plupart des plates-formes je devrai choisir en amont si je veux le voir en VF ou VOST car je ne peux pas avoir les deux, et j'aurai une vidéo coupée au couteau à 6 mégas et un audio médiocre en 2.0. Si j'achète le Blu-ray et je le revend aussitôt sur une plate-forme marketplace après l'avoir vu, le delta achat/vente et le port correspondent approx. au coût de la loc. Pour ce même prix, j'aurai toutes les qualités du Blu-ray et, souvent, une piste DTS Master Audio en 5.1.

Si je veux acheter un film en dématérialisé, les limites techniques restent les mêmes et, sur la plupart des plates-formes, le droit de visionnage "permanent" se limite en réalité à 3-5 ans, et en tout cas jusqu'à l'expiration des droits concédés. Ensuite, plouf ça part en fumée.

La durée des droits vidéo hors Majors étant de 4-8 ans, nous avons 20 à 30.000 titres qui ne sont plus commercialisés. Ils sont toujours achetables en copie physique, grâce au marketplace. Mais pas en dématérialisé, car juridiquement inexploitables. La profondeur du catalogue VOD correspond de facto aux Majors et aux packages des 20/25 principales sociétés en activité en France.

Dans 10 ans, la plupart des actuelles plates-formes dématérialisées auront cessé son activité ou seront en faillite. Je suis curieux de savoir ce qui adviendra des librairies digitales de leurs abonnés, mais des larmes vont couler. 

Et, au moment où les frontières du zonage sont abattues en physique, des autres sont érigées à leur place sur la territorialité des droits numériques. Si je veux voir, le ciel me garde, des films étrangers indisponibles en France, ma "transgression" se limitera à ce qui passe sur le catalogue des autres Netflix en VPN, ou à ouvrir des comptes sur des plates-formes VOD à l'étranger. Youpi, je suis un rebelle. 

Résumons. Le dématérialisé en France aujourd'hui est : une qualité technique au rabais, 6% des titres édités en vidéo physique, une plus grande obsolescence des droits numériques au gré des fins de droits ou des cessations d'activités, un catalogue taillé pour ceux qui s'accommodent des titres des Majors et du top 20 des éditeurs, le retour de "la VF ou la VOST" de la VHS, des nouvelles frontières nationales des DRM érigées par les cabinets d'avocats des ayant droit. Super.

Avant que le dématérialisé ne devienne potable et s'affranchisse des barrières et fractures numériques, le marché de la vidéo physique a encore des années devant lui.

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Stéphane Leblanc
Le 7 janvier 2016 à 13:43

Aller, j'en rajoute une petite couche :-)

Comme dit en commentaire dans une autre news, c'est que même malade, la vidéo physique existe encore. Que même malade, elle continue d'innover. Même malade elle continue d'exciter les envies de milliers de personnes qui continuent d'acheter des supports physiques. La vidéo physique doit mourir ? Peut-être, ce n'est même pas certain. L'audio est malade lui aussi, mais il n'est toujours pas mort que je sache.

Alors moi, tant qu'on me proposera une qualité encore plus extraordinaire pour nourrir mes yeux de cinéphile, serievore et j'en passe, et bien je serai content, j'en parlerai ici et ailleurs, et même, j'avoue... j'en redemanderai :-)

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Falastus
Le 7 janvier 2016 à 18:01 - mis à jour le 7 janvier 2016 à 18:02

Par contre, pas de quiproquo : il s'agit-là d'un point de désaccord. Je n'ai aucune amertume envers qui que ce soit. Enfin si... envers les éditeurs, j'en ai une, lol !

Je préfère préciser, parce que qu'à l'écrit, et sans émoticônes, certaines phrases peuvent induire en erreur sur ce que ressent la personne.

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Stéphane Leblanc
Le 8 janvier 2016 à 08:54

Aucun problème Falastus ! Nous sommes tous de grands garçons :-)

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Guillaume (DVDFr)
Le 8 janvier 2016 à 11:06

Argz... moi qui croyais que ça marchait les émoticônes, va falloir réparer ça :-(

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jean-marc
Le 11 janvier 2016 à 09:24

Oui en effet ça fait un chti moment que le bouton ne fonctionne plus. J'ai cru que ça venait de mon PC.

Le bouton sigma ne marche pas non plus (il y avait quoi dedans déjà ? Caractères spéciaux ?)

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Guillaume (DVDFr)
Le 11 janvier 2016 à 11:08

Oui le bouton Omega c'est pour les caractères spéciaux comme les majucules accentuÉes qui ne sont pas faciles à taper avec tous les claviers smiley

et au passage c'est corrigé !

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francis moury
Le 21 janvier 2016 à 11:25 - mis à jour le 21 janvier 2016 à 11:45

Ecellente nouvelle : je suis à présent tout à fait rassuré sur la pérennité du support UDH-brd. La compatibilité avec les supports numériques précédents (et leur upgrade en lecture) assure la continuité avec le SD-dvd, le HD-brd. 20 ans d'efforts pour la préservation numérique des films chimiques aboutissent enfin à un standard universel.

 

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Guillaume (DVDFr)
Le 21 janvier 2016 à 13:12

Humm... oui et non smiley

L'archivage numérique n'est pas qu'une question de zonage. C'est aussi de savoir si dans 10 ans, 20 ans, 50 ans, plus nous seront toujours capables de relire ces archives numériques. C'est donc tant une question de support physique (sauront nous toujours les lire) que de codec (sauront nous comprendre ce que nous lisons). Les technologies de DRM embarquées sur ces supports font que le DVD et ses successeurs ne sont pas adaptés à de l'archivage numérique. Les algorithmes de compression n'aident pas non plus à la bonne "compréhension" du contenu du support.

Il existe bien entendu des solutions, l'une d'entre elle consistant à réécrire les oeuvres régulièrement dans des formats "actuels" pour conserver le côté lisible mais c'est coûteux et prends du temps.

Malgré tous ses défauts, le support qui reste le plus adapté pour l'archivage reste la pellicule (car analogique) ! Bien entendu ça impose de les conserver dans d'excellentes conditions mais c'est vrai aussi pour les supports numériques.

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francis moury
Le 21 janvier 2016 à 15:49

Universalité et pérennité iront forcément de pair : les anciens standards zonés n'étaient pas pérennes parce qu'il était sans intérêt qu'ils le fussent, ne couvrant qu'une parcelle de l'espace commercial des droits. Le nouveau UHD-brd alliera les deux. 

Regardez sur quel support les films d'Akira Kurosawa repris par Carlotta vont être projetés au cinéma : en DCP (Digital Cinema Package) au lieu de la vieille pellicule chimique argentique. A partir du moment où le numérique garantit une définition équivalente voire supérieure au chimique, on peut s'en passer sans aucun regret. Ce qui ne signifie pas qu'il ne faille pas conserver soigneusement ni qu'il ne faille pas restaurer soigneusement le matériel argentique passé, bien entendu. Pourquoi pas, aussi, une version pellicule argentique de sauvegarde additionnelle à tout film nativement numérique ? Pourquoi pas...? Je ne suis pas contre. Mais l'industrie comme le consommateur comme le cinéphile éclairé se retrouvent, grâce à l'avènement de l'UHD-brd, dans une situation dont personne ne rêvait auparavant. Les standards de TV et de vidéo se réduisent progressivement, s'unifient progressivement... pour ne faire bientôt plus qu'un, mondial, supérieur au chimique en qualité. Parfait.

J'ai connu des vidéofilms tournés en vidéo magnétique exploités sous forme de pellicule chimique au cinéma, dans les années 1990. C'était le terme d'une évolution qui avait débuté avec l'invention de la télévision : la vidéo magnétique était une alliée de la télévision contre le cinéma, à cette éqpoque. Tout cela appartient au passé.

Il reste le défi technique de la pérennité à résoudre, vous avez raison mais à partir de 2015, on saura dans l'histoire de la vidéo numérique qu'un standard universel est né, équivalent en universalité à la pellicule chimique qui n'était pas non plus zonée ni régionée en son temps. 

Vous me suivez ?

 

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Guillaume (DVDFr)
Le 21 janvier 2016 à 17:02

Je vous suis à 200% pour la qualité et l'universalité à un instant donné. Pour avoir travaillé avec des archivistes, le numérique est un vrai défi. J'ai un souvenir étant étudiant d'une entreprise venue démarcher la junior entreprise de mon école car ils n'arrivaient pas à relire des données numériques sauvegardées sur des disquettes 8" alors que le standard de l'époque était le 5"1/4 ou 3"1/2. Qui aujourd'hui d'ailleurs sait encore relire des disquettes sur son ordinateur ? Sans une politique de migration ou de suivi du support numérique, l'universalité tombe. Mais on ne peut nier le pas en avant qui a été fait bien que je pense qu'il y aura un "master numérique" et des copies bourrées d'encodage, DRM & co.

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