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Douglas Slocombe (1913-2016) : in memoriam

Par Francis Moury | Publié le | Mis à jour
Douglas Slocombe (1913-2016) : in memoriam

Mort à 103 ans le lundi 22 février, il fut l’un des grands directeurs de la photo du cinéma britannique. DVDFR lui rend hommage…

The Servant
Un plan particulièrement sophistiqué, signé Douglas Slocombe, pour The Servant (1963)

Nous aimons les directeurs de la photo et le cinéma fantastique britannique à DVDFR. Et Douglas Slocombe fut un géant parmi les deux…

Formé par le documentaire (il filme en 1939 un discours de Joseph Goebbels à Danzig / Gdansk, juste avant l'invasion de la Pologne) durant la Seconde guerre mondiale, il collabore dès 1945 au cinéma de fiction comme directeur de la photographie. Sa première signature notable dans le format standard « académique » parlant 1.37, est sa collaboration au film fantastique collectif à sketches Au coeur de la nuit (Dead of Night) en 1945. Il photographie ensuite certains classiques de la comédie anglaise (Noblesse oblige, L’Homme au complet blanc). 

En 1960-1961, c'est le début de son âge d'or, pour l'essentiel tourné en écrans larges 1.66, 1.85 et 2.35 : Il signe coup sur coup les images de deux classiques du cinéma fantastique : Le Cirque des horreurs (en Eastmancolor, inédit en vidéo) de Sidney Hayers et Hurler de peur (en N&B) de Seth Holt. Puis celles des remarquables Freud passions secrètes (1962) de John Huston et du The Servant (1963) de Joseph Losey où il expérimente, dans le cadre d'un classicisme rigoureux, un certain nombre de recherches sophistiquées (effets optiques de grand angle, variations de profondeur de champ, composition du cadre). Le Crépuscule des aigles (1966) de John Guillermin et L’Or se barre (1969) de Peter Collinson, parmi d'autres productions à gros budget auxquelles il apporte ses compétences entre 1960 et 1970, prouvent qu'il est également à l'aise avec le format 2.35 CinemaScope.

Rollerball
Rollerball (1975)

A partir de la fin des années 1960, sa réputation est faite et il est demandé par une nouvelle génération de cinéastes (Le Bal des vampires de Polanski, The Music Lovers (La symphonie pathétique) de Ken Russell) mais il persiste à collaborer parallèlement au cinéma de genre  réglés par des vieux routiers au sommet de leur art. Il travaille également sur le remarquable film policier Marseille contrat (1974) de Robert Parrish et le curieux film de science-fiction / politique-fiction Rollerball (1975) de Norman Jewison. 

Entre 1980 et 1990, on trouve sa signature plutôt de l'autre côté de l'océan Atlantique, aux génériques des superproductions hollywoodiennes enfantines de Steven Spielberg (Indiana Jones et les Aventuriers de l’Arche Perdue, Indiana Jones et le Temple Maudit, Indiana Jones et la dernière Croisade) sans oublier, consécration professionnelle encore plus évidente, un James Bond (Jamais plus jamais). 

Il a obtenu trois BAFTA (équivalent anglais des Oscars américains) pour The Servant (1963), Gatsby le magnifique (1974) de Jack Clayton, Julia (1977) de Fred Zinnemann.

NB : l'écrivain et photographe français Romain Slocombe (qui fut aussi le traducteur du Cinéma japonais de Donald Richie) lui est apparenté.

Les aventuriers de l'Arche Perdue
Douglas Slocombe sur le set des Aventuriers de l'Arche Perdue (1981)

 

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