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Mort d'Isao Takahata

Par Stéphane Leblanc | Publié le | Mis à jour
Mort d'Isao Takahata

C’est un jour de grande tristesse pour le monde de l’animation mondiale : le réalisateur Isao Takahata, 82 ans, a rejoint le tombeau des lucioles.

Isao Takahata
Isao Takahata

Certaines disparitions sont plus dures à accepter que d’autres, et quand l’une d’elles vient toucher des souvenirs profonds et des émotions fortes, la nouvelle est encore plus difficile à avaler.

Si sa carrière se sera étalée sur 50 ans, avec de multiples pépites dans les courts métrages, les longs ou encore les séries TV, Isao Takahata restera à jamais dans les mémoires pour son chef d’oeuvre de 1988, Le Tombeau des Lucioles. L’un des films les plus tristes qui soient, raconte la survie d’un jeune garçon et de sa petite soeur sous les bombes de la Seconde Guerre Mondiale. Un regard déchirant et doublement autobiographique sur cette période sombre de l’histoire japonaise, pendant laquelle Takahata, né en 1935, était au premières loges, et qui est adapté d’une histoire vraie.

Le Tombeau des lucioles
Le Tombeau des lucioles

Mais ce point d’orgue ne doit en aucun cas masquer la richesse d’une carrière aux inspirations et styles variées, avec un graphisme pouvant aller d’un dessin traditionnel (Horus, prince du soleil) à des aquarelles confondantes de simplicité (Le Conte de la princesse Kaguya) en passant par des croquis animés (Mes voisins les Yamada).

Le Conte de la princesse Kaguya
Le Conte de la princesse Kaguya

Celui qui n’animait ni ne dessinait (un comble pour un réalisateur de films d’animation), fut le partenaire et ami d’Hayao Miyazaki (Princesse Mononoké) avec qui il co-fonda le fameux studio Ghibli, au sein duquel le producteur Toshio Suzuki « s’amusera » souvent à mettre les deux réalisateurs en compétition.

Souvent plus ancré dans le réel que Miyazaki qui penche plus vers la fantasmagorie, Takahata se fera plusieurs fois le témoin du quotidien et des thèmes de société avec la famille dans Kié la petite peste et Mes voisins les Yamada ou l’écologie (thème partagé avec Miyazaki) pour Pompoko et ses tanukis qui se rebellent contre la déforestation.

Pompoko
Pompoko

La nostalgie de Omoide Poroporo, souvenirs goutte à goutte ou l’onirisme de Goshu le violoncelliste viennent clore cette bouffée de souvenirs envahissant les esprits à l’évocation ce matin du départ de ce géant de l’animation, dont le dernier travail aura été de participer à la production d’un ultime chef-d’oeuvre, La Tortue rouge de Michael Dudok de Wit.

Commentaires
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Ludo_88
Le 14 avril 2018 à 11:33

Le tombeau des lucioles...

Typiquement le film que l'on voit qu'une seule fois, tellement il boulverse. On était pas prévenu, on pensait voir un "Ghibli" comme un autre, et ce fut un choc ! Le plus gros de tous les films que j'ai pu voir. Et au bout de 20 ans (on l'a visionné dans les années 2000), c'est toujours le cas.

Si en plus vous êtes les parents d'une adorable petite fille...

Bon, le début du film aurait dû nous alarmer... blush

Un grand Monsieur pour un grand studio. Mais je suis toujours surpris, en parlant de Ghibli, que ces dessins animés soient ignorés ou méconnus par des adultes adorant les films d'animation !!! Mais ils pensent avoir à faire à des Mangas style de l'époque de Dorothé.

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