ACTUALITÉ

À la découverte du Chat qui Fume

Par Giuseppe Salza | Publié le | Mis à jour
À la découverte du Chat qui Fume

Le spécialiste du Cinéma d’exploitation italien sort 4 Blu-ray combo et affirme un modèle d’édition à circuit court, qui produit des sorties de qualité qui s’épuisent vite. Reportage et unboxing :

L’un des labels rares du marché vidéo français sort cette semaine, en digipack Blu-ray combo, deux gialli (Chats rouges dans un labyrinthe de verre et Les Rendez-vous de Satan), un policier violent (Comme des chiens enragés) et un thriller sadique signé Joe D’Amato (Emmanuelle et Françoise). Officiellement consacré au Cinéma d’exploitation italien et à quelques OVNI français et américains de genre triés sur le volet, l’éditeur est peu visible sur le marché car il lui préfère la vente directe et les circuits spécialisés. Ses titres sont caractérisés par la qualité des masters vidéo, le grand intérêt des bonus et la finition. Leurs éditions s’épuisent en quelques mois et ne sont pas répressées ! Aujourd’hui, nous partons à la découverte d’un artisan d’objets rares, Le Chat qui Fume.

 

 

Les deux vies du Chat

L’éditeur a fait ses débuts vidéo en 2006 avec le série B de SciFi Horror The Deadly Spawn. Au fil des saisons suivantes, et au rythme d’une dizaine de sorties par an, Le Chat a marqué son territoire : des OVNI (Forbidden Zone de Richard Elfman (1980) ou Le Sadique de James Landis (1963)), une sélection de films de Blaxploitation avec la Soul Cat Collection, plusieurs films du spécialiste de l’érotisme et porno-soft à la française Jean-Marie Pallardy en copies remasterisées et bonus dédiés, et même du cinéma underground, (Richard Kern - Hardcore Extended ou Llik Your Idols). Dans la filmo de l’éditeur, on retrouve aussi La Brune et moi, un film français de Philippe Puicouyoul (1981) avec des images rares des bands parisiens de rock indé du début des années 80 (Astroflash, Taxi Girl, Edith Nylon, Go-Go Pigalles…).

Le premier Blu-ray combo de l’éditeur, Una Lucertola con la pelle di donna (Le venin de la peur) de Lucio Fulci, édité en octobre 2015 et aujourd’hui en marketplace à 70 €, marque la deuxième vie du Chat qui Fume. L’année suivante, il rompt les liens avec son distributeur historique Arcadès et établit les principes fondateurs de sa philosophie actuelle :

Depuis le 1er janvier 2017, le Chat qui Fume passe à un circuit court et s’autodistribue. Grâce à une présence percutante sur sa page Facebook, il établit un lien direct avec le public du cinéma de genre. Ses titres disparaissent de la FNAC et du circuit traditionnel ; ils sont vendus en direct sur le site de l’éditeur, en librairies spécialisées (Metaluna…) ou à la Cinémathèque, chez Amazon et en Suisse auprès de Lugeon. Ses sorties sont fabriquées avec un tirage de 1 000 à 2 000 exemplaires. Seul handicap : ils s’épuisent vite ! Ses hits 2017, Opera de Dario Argento (1987) et Le Retour des Morts vivants de Dan O’Bannon (1985), s’évaporent rapidement. Parus au printemps 2018, Sanctuaire de Michele Soavi (1989), et Le Maître des illusions (Lord of Illusions) (1995), avec la rare version intégrale du film de Clive Barker, ne devraient pas faire long feu. Le catalogue « actif » du Chat est très réduit et ne comprend qu’une douzaine de Blu-ray combo encore en stock.

  

Anatomie d’un Chat

Le Chat qui Fume récupère principalement des masters 2K des ayants-droits, mais il réceptionne des éléments bruts qu’il doit scanner et étalonner par ses propres moyens. Les bonus sont réalisés soit par Freak-O-Rama, une factory italienne spécialisée dans le tournage d’interviews de qualité avec les grands intervenants du cinéma de genre italien, ou ils sont tournés par l’éditeur.

Les combos édités par Le Chat qui Fume ont des finitions soignées. Pour vous les présenter, nous avons tourné une vidéo d’Unboxing des 4 nouveautés de novembre :

Quatre Chats de velour gris

Voici les 4 films d’exploitation italienne parus cette semaine :

Chats rouges dans un labyrinthe de verre, d’Umberto Lenzi (1975). Grand habitué du genre, Lenzi concocte un whodunit sadique (des jeunes filles à Barcelone sont sauvagement assassinées avec l’oeil gauche énucléé) avec Martine Brochard, qui exploite les techniques du giallo argentien, où il faut prêter attention à un détail qui échappe aux héros pour découvrir l’identité du maniaque. Chats rouges transporte ses victimes dans un univers solaire et sous les yeux de tous, comme le fera Ténèbres des années plus tard.

Chats rouges dans un labyrinthe de verre Chats rouges dans un labyrinthe de verre
 

Les Rendez-vous de Satan (1972), seul giallo dans la carrière de Giuliano Carnimeo, mêle meurtres à répétition et secrets enfouis dans un gratte-ciel à Gênes. Le titre italien, Perché quelle strane gocce di sangue sul corpo di Jennifer? (littéralement D’où viennent ces étranges gouttes de sang sur le corps de Jennifer ?), est plus à son avantage. Le film est ébloui par la présence d’Edwige Fenech, l’actrice algérienne au corps de rêve qui devint la star des films de genre transalpins des années 70 et qui marqua des générations d’italiens, ici en duo avec George Hilton, avec qui elle tournera d’autres oeuvres.

Les Rendez-vous de Satan Les Rendez-vous de Satan
 

Comme des chiens enragés, de Mario Imperoli (1976). Moins connu que le giallo à l’étranger, le poliziesco est un genre populaire qui fit ses preuves dans les années 70 et connut à la fois des oeuvres politiques, comme San Babila : Un crime inutile, édité aussi par le Chat, ou des opus teintés d’ultraviolence comme celui-ci. Pour adapter son histoire, le réalisateur s’inspira d’un fait divers sordide, le massacre du Circeo, qui avait déchiré l’Italie. Un an plus tard, Un bourgeois tout petit petit de Mario Monicelli (1977, inédit en vidéo), explosa comme une bombe atomique et balaya les genres du poliziesco et de la comédie à l’italienne.

Comme des chiens enragés Comme des chiens enragés
 

Emmanuelle et Françoise (1975), de Joe D’Amato et avec son acteur fétiche George Eastman, est le film culte du lot. Cet OVNI pervers, est à l’image de son réalisateur, qui multiplie les casquettes sur le tournage et prend des directions inattendues. Emmanuelle veut venger la mort de sa soeur, humiliée et abandonnée par son fiancé. Elle le séduit, le drogue, l’enchaîne dans une pièce secrète insonorisée dotée d’un miroir caché. Et là le récit devient un film de Joe D’Amato, avec des humiliations en tout genre, de l’exhibitionnisme, des scènes de sexe crues et même une grande bouffe qui flirte avec le cannibalisme. Comme le dit la jaquette à l’arrière, cette dérivation du thème rape and revenge teintée de féminisme, est un film pour un public très averti…

Emmanuelle et Françoise Emmanuelle et Françoise


Édités à 1 000 exemplaires par titre, Chats rouges dans un labyrinthe de verre, Les Rendez-vous de Satan et Emmanuelle et Françoise sont des combos Blu-ray + DVD, et Emmanuelle et Françoise comprend un Blu-ray et 2 DVD. Ils sont vendus à 20 ou 25 € € sur le site de l’éditeur selon le titre.

Le Chat qui Fume a déjà lancé les précommandes pour son prochain film prévu pour entrer dans la hotte du Père Noël, Massacre à la tronçonneuse 2 de Tobe Hooper.

 

Credits images : © Le Chat qui Fume

 

Commentaires

Personne n'a encore réagi à cet article. Soyez le premier !

Ajouter un commentaire

Pour commenter, connectez-vous à l'aide de votre compte DVDFr ou Facebook

En poursuivant votre navigation sur le site, vous acceptez l'utilisation des cookies pour vous proposer notamment des publicités ciblées en fonction de vos centres d'intérêt, l'affichage de vidéos ou encore le partage sur les réseaux sociaux.

OK En savoir plus