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Au revoir Michel Legrand !

Par Philippe Gautreau | Publié le | Mis à jour
Au revoir Michel Legrand !

Michel Legrand nous a quittés un samedi 26 janvier : il allait fêter ses 87 ans le 24 février. La fin d’une vie de compositeur, orchestrateur, arrangeur, chef d’orchestre, pianiste et chanteur, indissociable du Cinéma…

Bon sang ne saurait mentir… Fils de Marcelle Der Mikaëlian, sœur du chef d’orchestre Jacques Hélian, et de Raymond Legrand, qui prit la succession de Ray Ventura et composa la musique d’une bonne trentaine de films, dont celle de Nous sommes tous des assassins (André Cayatte, 1952), Michel Legrand étudie la composition et le piano avec Nadia Boulanger, au Conservatoire de Paris, en compagnie de sa sœur Christiane qui fera partie du groupe de jazz a capella The Swingle Singers.

Michel Legrand au Festival International de Jazz de San Javier en 2017
Michel Legrand au Festival International de Jazz de San Javier en 2017 (Tsaorin/CC BY-SA 4.0)

Sa formation classique cohabite avec une passion pour le jazz qu’il assouvira en enregistrant en 1954 l’album I Love Paris, l’arrangement jazzy de chansons populaires, puis plusieurs disques avec Miles Davis, Bill Evans, Paul Chambers, John Coltrane, Guy Pedersen, Stan Getz, Gerry Mulligan… une inclination pour un genre musical qui marquera toute son œuvre.

Michel Legrand a composé la musique de plus de 200 films, téléfilms et séries, d’abord en France avec Le Triporteur de Jacques Pinoteau (1957), Terrain vague de Marcel Carné (1960). Lola, en 1961, marquera le début d’une collaboration avec Jacques Demy qui se poursuivra avec neuf autres films, dont la fameuse trilogie musicale Les Parapluies de Cherbourg en 1964, Les Demoiselles de Rochefort en 1967 et Peau d’Âne] en 1970. Il a travaillé avec nos meilleurs cinéastes, avec Agnès Varda pour Cléo de 5 à 7 en 1962, avec Jean-Luc Godard pour Une femme est une femme en 1961 et Bande à part en 1964, avec Jean-Paul Rappeneau pour La Vie de château en 1966, Le Sauvage et Les Mariés de l’an Deux, en 1975, avec Jacques Deray pour La Piscine en 1968…

On le retrouve aussi sur d’autres créneaux, par exemple sur les sept séries animées d’Albert Barillé, Il était une fois… l’homme - Intégrale en 1978, jusqu’à Il était une fois… notre Terre - L’intégrale en 2009 et même dans une autobiographie qu’il a lui-même réalisée en 1989, Cinq jours en juin.

La réputation de Michel Legrand a vite franchi nos frontières. Il composera en 1971 l’accompagnement du magnifique film de Joseph Losey Le Messager (The Go-Between), de Breezy (Clint Eastwood, 1973), de Les Trois Mousquetaires (Richard Lester, 1973), d’Atlantic City (Louis Malle, 1980) et de trois films qui lui ont valu chacun un Oscar du Meilleur compositeur, L’Affaire Thomas Crown (The Thomas Crown Affair, Norman Jewison, 1968), Un été 42 (Summer of ‘42, Robert Mulligan, 1971) et Yentl (Barbra Streisand, 1983). Il reçut aussi un César, partagé avec Francis Lai, pour Les Uns et les Autres (Claude Lelouch, 1981) et un Grammy Award pour Brian’s Song (John Gray, 2001).

Michel Legrand disait en 2017, à l’occasion de la promotion de l’album de ses chansons interprétées par Natalie Dessay qu’il accompagnait au piano (disponible sur CD et, en Italie, dans une édition Blu-ray sous le titre Entre elle & lui : Live au Château de Versailles), qu’il lui faudrait beaucoup de temps pour exprimer tout ce qu’il avait encore envie de dire.

Il aura, en un peu plus de 60 ans, légué au Septième Art une œuvre riche et originale qui laissera une marque ineffaçable dans la mémoire des cinéphiles.

 

 

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