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First Man : interview de Justin Hurwitz (compositeur)

Par Stéphane Leblanc | Publié le | Mis à jour
First Man : interview de Justin Hurwitz (compositeur)

Très présent sur Whiplash et La La Land, le compositeur attitré de Damien Chazelle, Justin Hurwitz, est évidemment de retour sur First Man…

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Jazz avec Guy and Madeline on a Park Bench (inédit en France), batterie entêtante sur Whiplash, comédie musicale avec La La Land, Justin Hurwitz propose une toute autre facette de son talent de compositeur avec First Man - Le Premier Homme sur la Lune dans lequel il explore des thèmes plus sobres où se mêlent orchestre, sons synthétiques et même un authentique Theremin.
Nous avons eu l’occasion de lui poser quelques questions :

Justin Hurwitz - Photo : Suzanne Hanover © Universal Pictures

DVDFR.COM - Dès vos tout premiers projets de films avec Damien Chazelle, vous avez pu utiliser votre goût du jazz et des comédies musicales à travers trois films. Mais votre composition pour First Man vous présente sous un jour nouveau, puisqu’il ne s’agit pas d’un film musical, dans un mélange d’orchestre et de sons électroniques. Comment avez-vous abordé ce film ?  Et d’où avez-vous tiré votre inspiration ?

Justin Hurwitz - Déjà, je veux préciser que je ne viens pas du jazz ou de la comédie musicale en particulier. Ce n’est vraiment pas ma base en tant que compositeur. J’ai travaillé dans ces directions en fonction des films que nous avons faits avec Damien, mais ce n’est pas ce que j’ai appris spécifiquement lors de mes études. J’étais vraiment prêt et impatient à l’idée de composer un score qui ne soit pas du jazz. Quant à l’inspiration, c’est vraiment juste le film, en lisant son script, en regardant les images et en essayant de trouver un son qui colle aux sentiments suggérés par le film.

D - On entend du Theremin dans votre composition, est-il vrai que Neil Armstrong aimait cet instrument ? Et comment l’avez-vous abordée ?

J.H. - Oui en effet, je crois qu’il aimait cet instrument. Quand j’ai démarré sur ce projet, j’ai acheté un Theremin et j’ai appris à en jouer. Quand j’ai développé l’un des thèmes du film, le Theremin s’est avéré un instrument parfait pour le jouer en y insufflant beaucoup d’émotion.

D - Le morceau « Docking Waltz » sonne comme un hommage au Danube Bleu de 2001, est-ce intentionnel ?

J.H. - Oui, c’est absolument un clin d’oeil à 2001 : l’odyssée de l’espace. Damien me l’a demandé, il voulait un clin d’oeil à 2001 et à d’autres morceaux classiques que nous apprécions, de Tchaïkovski à Offenbach. Il voulait que ça évoque un ballet entre les deux modules, le Agena et le Gemini, comme un hommage à la séquence de 2001.

D - Êtes-vous influencé par d’autres compositeurs de musique de film ? Lesquels aimez-vous écouter ? Permettez-moi au passage de vous dire que le morceau « The Landing » sonne assurément comme du John Barry…

J.H. - Oh ! Merci ! Je suis influencé par un grand nombre d’entre eux, c’est difficile de dire lesquels. Pour First Man je n’ai pas écouté de John Barry, mais je comprends bien pourquoi on peut penser ça.

D - Oui, ce morceau fait vraiment penser à Moonraker ou au Trou Noir.

J.H. - Je ne connais pas ces scores, mais je vais aller les écouter.

D - Comme John Williams et Steven Spielberg, ou Bernard Hermann et Alfred Hitchcock… vous formez un duo créatif très efficace avec Damien, mais avez-vous reçu des propositions ou souhaitez-vous travailler avec d’autres réalisateurs ?

J.H. - J’y suis tout à fait ouvert. J’ai justement un créneau actuellement pour la première fois. Je vais travailler sur le prochain film de Damien, mais ça ne commencera que plus tard dans l’année, j’ai donc un créneau où je peux travailler avec un autre réalisateur, mais je n’ai pas encore trouvé la bonne personne et le bon projet, donc je cherche tranquillement, mais j’y suis ouvert et en même temps, je pense que ce sera difficile de trouver quelqu’un comme Damien, mais j’aimerai trouver peut-être au moins un autre collaborateur.

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D - Y a-t-il d’autres genres que vous aimeriez explorer ou rêveriez d’explorer avec vos compositions, avec ou sans Damien ? 

J.H. - Non, pas spécialement. Je veux pouvoir aborder beaucoup de genres, beaucoup de choses différentes. J’aimerai par exemple aborder un film familial, ou un film d’action/aventure, ça serait fun. Ou encore un film d’animation.

D - Votre deuxième collaboration avec Damien Chazelle, Whiplash, avait déjà été très remarquée, mais à partir de la troisième, La La Land, ce fut un énorme succès et une reconnaissance validée par de nombreux prix dont deux Oscars. Qu’est-ce que ça a changé ? Y a-t-il plus de pression ou de confort dans votre travail ?

J.H. - Ça n’a rien changé à mon quotidien, je m’attache à ce que ça ne modifie pas ma façon de travailler, je travaille toujours aussi intensément qu’avant. Mais je pense en effet que ça ajoute une certaine dose de pression, car j’ai toujours envie de faire mieux, je n’ai pas envie qu’on dise que mon meilleur travail est déjà derrière moi.

D - Pouvez-vous nous parler de vos prochains projets ? Êtes-vous attaché à la mini-série « The Eddy » de Damien Chazelle ?

J.H. - Non, je ne travaille pas sur « The Eddy ».
Mon prochain travail sera sûrement sur le nouveau film que Damien est en train d’écrire. J’y pense déjà, mais je ne m’y pencherai vraisemblablement pas avant cet été.

D - On vous a également vu aux génériques de « Curb Your Enthusiasm », « The League » ou encore Les Simpson, mais, comme scéariste. Que pouvez-vous nous dire sur ce travail ? Y a-t-il une différence fondamentale entre l’écriture de dialogues et l’écriture musicale ?

J.H. - Oui, une grosse différence. Mais, je ne suis plus dans l’écriture. J’ai commencé par là quand je suis arrivé à Los Angeles, avant que Damien fasse des films et que je puisse écrire de la musique pour ses films. Mais c’est vraiment à la musique que je veux me consacrer désormais.

D - Êtes-vous équipé en home-cinéma ?

J.H. - Je regarde des Blu-ray et mon installation pourrait certainement être améliorée.

D - Cet interview touche à sa fin, félicitations pour vos compositions et merci beaucoup pour votre temps.

J.H. - Merci, pour cette chouette conversation. J’étais en France à Paris pendant les dernières vacances et j’adore cet endroit. Vous êtes de très grands supporters de nos films et je vous en remercie.


Propos recueillis et traduits par Stéphane Leblanc pour DVDFR.COM.
Merci à Universal Pictures Vidéo France.

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