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Bonnes feuilles : Big John, Big Thrill, Big Life !

Par Elodie Bellayer | Publié le | Mis à jour
Bonnes feuilles : Big John, Big Thrill, Big Life !

En même temps que Christine en 4K chez Carlotta, l’éditeur Third Editions publie « L’oeuvre de John Carpenter », totale plongée en apnée dans l’oeuvre du cultissime réalisateur…

La rentrée cinéma fait la part belle à John Carpenter. Entre la réédition Ultra Collector 4K de Christine (1983) chez Carlotta et le UHD de Halloween - La nuit des masques (1978), prévu dans moins d’un mois chez ESC, le réalisateur américain occupe aussi la scène littéraire. L’éditeur Third Editions a publié le 12 septembre « L’Oeuvre de John Carpenter - Les masques du maître de l’horreur » (29,90 €), un nouvel essai écrit par Stéphane Bouley, journaliste chez Gamekult et producteur de l’émission 24 FPS.

De belle facture, avec un papier de très bonne qualité, cet ouvrage découpé en huit grands chapitres nous plonge dans l’univers du Maître de l’Horreur. Au fil de ses 352 pages, il aborde la biographie, le style, le technique, la musique mais aussi les influences et les thèmes de prédilection du cinéaste.

 
 

De la Côte Est à la West Coast chez USC

Issu d’une petite bourgade dans l’état de New York, John Carpenter passe le plus clair de son temps au cinéma et commence à écrire et à composer dès le lycée. Dès son plus jeune âge, il réalise des courts-métrages et poursuit donc tout naturellement à l’université, la prestigieuse USC (University of Southern California), où sont passés George Lucas, Robert Zemeckis, et même John Wayne et Neil Armstrong ! Carpenter y rencontre Dan O’Bannon, son futur partenaire de crime pour Dark Star (1974), et le reste est légende.

Ce touche-à-tout du cinéma est à la fois réalisateur, scénariste, monteur, compositeur. Il accorde donc une importance toute particulière au cadre, au positionnement dans l’espace (notamment la notion du vide) et à l’éclairage de chaque scène souvent sombre et minimaliste, usant de ces filtres de couleurs désuets (orange ou/et vert) propres au cinéma des années 50/60.

La musique est une composante essentielle de son cinéma. John Carpenter compose lui-même ses BO, ce qui lui permet de souligner l’ambiance et l’atmosphère de chacun de ses scénarios. Faute de moyens, là encore, ne pouvant user d’orchestres et de temps de studio hors de sa bourse, il fait partie des précurseurs de la musique répétitive électronique.

  

L’anti-héros selon John Carpenter

A la fois inspiré par le cinéma des années 50, le western classique mais aussi par le contexte socio-politique des années 70/80, il se tourne très vite vers le cinéma d’horreur et de science-fiction, ces derniers lui permettant de développer des thèmes peu abordables et d’autres genres plus mainstream : anti héros, présence du Mal, société en déliquescence morale…

Justement, « L’oeuvre de John Carpenter » souligne comment l’anti-héros devient alors le personnage de prédilection de la vision carpenterienne du monde. Souvent solitaire (Assaut (1976) doit beaucoup aux héros piègés de Rio Bravo (1959) de Howard Hawks, son auteur culte), il est confronté au mal et doit se battre pour sa propre survie. Ce mal est aussi bien personnifié par les extra-terrestres que par le capitalisme (comme dans Invasion Los Angeles (1988).

Ses débuts prometteurs lui ouvrent les portes des grands studios, mais après plusieurs déconvenues il revient au cinéma indépendant, puis se tournera presque exclusivement vers la musique (Lost Themes I et II).

 

Un cinéaste adulé par ses pairs

Longtemps boudé par la critique « traditionnelle », John Carpenter est aujourd’hui considéré comme un maître du genre. De nombreux cinéastes se sont inspirés et s’inspirent encore de son œuvre.

Son influence dans le monde de la pop culture, que ce soit avec les suites, les remakes (plus ou moins officiels) et les jeux vidéos ne se dément pas. Son oeuvre fait désormais office de référence.

Cet ouvrage est la somme d’un travail très documenté. Il manquait une biographie digne de ce nom à ce réalisateur, novateur et précurseur du style post-apocalyptique, bien qu’en fait hyper classique avec ses influences Fordiennes et Western. C’est désormais chose faite !

Les plus : chaque chapitre mentionne judicieusement les plus fidèles collaborateurs de John Carpenter.
Les moins : il n’y a aucune photo pour illustrer les propos de l’auteur.
Le bonus : Third Editions a sorti également une édition « First Print » de l’ouvrage, comprenant notamment une couverture alternative de l’artiste Ben Turner en jaquette réversible et un ex libris (34,90 €)

L’Oeuvre de John Carpenter - Les masques du maître de l’horreur, de Stéphane Bouley
EAN/ISBN : 9782377841042
Paru chez Third Editions (2019), 352 pages, 29,90 €

 

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