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BONNES FEUILLES : Anthologie des dystopies : Les mondes indésirables de la littérature et du cinéma

Par Giuseppe Salza | Publié le | Mis à jour
BONNES FEUILLES : Anthologie des dystopies : Les mondes indésirables de la littérature et du cinéma

L’écrivain de SF Jean-Pierre Andrevon nous propose un voyage hallucinant dans les dictatures et les post-apocalypses fictives. Chronique de l’ouvrage paru chez Vendémiaire.

Dans son troisième essai sur le cinéma et la littérature, l’écrivain de science-fiction Jean-Pierre Andrevon s’est attaqué à l’un des thèmes les plus nobles et les plus craints : la dystopie. C’est le sujet de « Anthologie des dystopies : Les mondes indésirables de la littérature et du cinéma », paru le 20 février 2020 chez Vendémiaire (336 pages, 26 €).

Pour parler de dystopie, Andrevon présente d’abord son opposé, l’utopie. Ce terme inventé par Thomas More en 1516 et dérivé du grec, et qui pourrait être traduit comme un « non lieu », décrit justement l’idéalisation d’un monde parfait, un monde juste et égalitaire. Au fil du temps, l’utopie a été associée à l’aboutissement de la démocratie de la Grèce ancienne, au mythe de la cité engloutie d’Atlantide ou à plusieurs courants révolutionnaires avant que les faits ne trahissent la pureté des idéaux.

La dystopie (traduisible comme un « mauvais lieu »), est le reflet perverti du miroir de l’utopie. C’est Big Brother de 1984, le pas si Meilleur des mondes d’Aldous Huxley, le monde qui brûle les livres de Fahrenheit 451 ou celui qui s’enfonce sous Terre suite à une catastrophe qu’il est interdit d’apprendre de Silo. Et dans le cinéma et les séries, elle est la république de Gilead de The Handmaid’s Tale : La Servante écarlate - Intégrale des Saisons 1 à 3, la Los Angeles de Blade Runner et bien sûr de Demolition Man, les parcs à thème de Westworld - L’intégrale des saisons 1 + 2 ou le futur dans 5 minutes de Black Mirror. On serait tentés de citer aussi « Le Maître du Haut Château » de Philip K. Dick et son adaptation en série, mais Jean-Pierre Andrevon nous prévient que celle-ci est une uchronie.

 

La littérature et le cinéma de genre ont écrit des lettres de gloire, en imaginant des dictatures oppressantes. Le terrain de jeu est vaste, et Jean-Pierre Andrevon, après la définition du terme, articule cette anthologie en 12 chapitres savants et chargés de citations.

Ce voyage inquiétant débute par les 4 piliers dystopiques de la littérature : « Le Talon de fer » de Jack London (1908), « Nous » d’Evgueni Zamiatine (1920), « Le Meilleur des mondes » d’Aldous Huxley (1932) et enfin « 1984 » de George Orwell (1948). 

 

 

Dans les chapitres suivants, on explore les premières adaptations cinématographiques, comme Metropolis (1926) ou La Vie future (1936). Andrevon survole ensuite le dictat des dictatures, la dystopie face à la lutte des classes et les dangers du monde hyperconnecté. Place aussi à des chapitres sur la robotique et les méfaits de la religion.

Dans la deuxième partie du livre, Andrevon se déplace sur le terrain fertile de la société du spectacle, des romans « La dixième victime » de Robert Sheckley (1965) et « Running Man » de Richard Bachman (alias Stephen King)(1982) à Rollerball, Battle Royale, American Nightmare et bien d’autres. Et que dire des sociétés futures face à la surpopulation, qui ont sillonné le cinéma des années 70 avec par exemple Soleil vert ou L’Âge de cristal. Le voyage continue avec les thèmes sur la manipulation des corps et les metropoles tentaculaires, et se termine avec un long chapitre qui sonne très familier en cette période de confinement, intitulé « Après la catastrophe ».

 

 

Très cultivée dans ses références et instructive, cette « Anthologie des dystopies » se termine avec des bibliographies et filmographies bien détaillées, qui permettront aux lecteurs de se constituer des bibliothèques/vidéothèques  fournies, pour mieux appréhender et repousser le pire des mondes.

 

 

Anthologie des dystopies : Les mondes indésirables de la littérature et du cinéma, de Jean-Pierre Andrevon (2020). Publié par Vendémiaire (336 pages, 26 €)

 

Lire aussi : « La dystopie est déjà là » : Interview de Jean-Pierre Andrevon (25/03/2020)

 

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