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L'Appel des 85 : les éditeurs vidéo unis

Par Stéphane Leblanc | Publié le | Mis à jour
L'Appel des 85 : les éditeurs vidéo unis

C’était au mois de juin 2020, le 1er déconfinement avait terminé de mettre le monde de la vidéo français en état d’alerte, via la mobilisation de 50 éditeurs… ils sont aujourd’hui 85 et l’état d’alerte est plus que jamais maintenu.

Dans une tribune parue dans Le Film Français du 19 février 2021, ces 85 éditeurs, associés au Syndicat de L'Édition Vidéo Numérique (SEVN), font le point sur la situation, alertent sur les actions à mener et informent sur leurs engagements. Voici cette tribune :

L'Appel des 85

Près de 40 ans après son invention, l'édition vidéo, déclinée sur supports physiques (DVD, Blu-ray, UHD) et digitaux (location et vente EST), est loin d'avoir dit son dernier mot. En se réinventant en permanence depuis des années pour le plus grand plaisir des créateurs et du public, le marché de la vidéo s'est ancré dans l'économie de l'audiovisuel, lui apportant une qualité éditoriale unique, une diversité et une richesse d'offres mais aussi une valeur économique cruciale.

Si la profession a souvent fait preuve de discrétion, l'importance des débats de fond actuels - avenir des dispositifs de soutien publics, chronologie, lutte antipiraterie - a servi de catalyseur en 2020 pour que se mobilise comme jamais, un métier résolu à rappeler ses forces complémentaires au sein de l'économie des médias.

Un premier Appel lancé en avril réunissait 50 éditeurs… nous sommes aujourd'hui 85 éditeurs à parler d'une seule voix, associée à celle du Syndicat de l'édition vidéo numérique (SEVN), pour exprimer la mobilisation et l'engagement d'une filière importante. Moderne, garante de la diversité culturelle des oeuvres et de la qualité de leur restitution, elle participe à renforcer les liens entre tous les publics - notamment les plus jeunes - et le cinéma.

La vidéo "transactionnelle" offre des-supports modernes, qualitatifs et créatifs qui magnifient les oeuvres individuellement, valorisant l'envie de découvrir et de voir et le désir de posséder, de transmettre et de partager.

Elle permet l'exposition permanente, visible et qualitative de plusieurs dizaines de milliers d'oeuvres, et pour certaines de manières quasi exclusives : 

  • Marché physique (source GFK) : près de 75 000 références disponibles en 2020 dont près de 17 000 références cinéma.
  • Marché digital (source CNC) : plus de 50 000 programmes actifs sur la période de 2020 dont près de 19 000 films actifs.

Vu du côté des publics, l'usage des supports vidéo est vivant et très populaire avec :

  • Vidéo physique : 11 millions d'acheteurs estimés.
  • Vidéo digitale : 6 millions de clients payants estimés.

S'agissant de la vidéo physique, les résultats récents d'une étude menée durant le premier confinement du printemps 2020* confirment sa vitalité :

  • 43% des Français ont regardé des DVD ou des Blu-ray. N'oublions pas que 92% des Français disposent d'une possibilité de lecture DVD-BD.
  • La vidéo physique est la 4e source, en pénétration, pour voir des films et séries, et la 2e source payante après la SVàD.
  • Au cours de l'année écoulée, 37% des Français ont acheté des DVD ou Blu-ray.
  • Les acheteurs vidéo demeurent très attachés au format physique.
    Les arguments sont nombreux, parmi ceux-ci :
    - La possession et la disponibilité à tout moment des oeuvres.
    - La dimension de partage, pour offrir ou plus largement pour faire découvrir.
    - La certitude de trouver la meilleure qualité d'image et de son.
    - Les options de langue et sous-titres.
    - La largeur d'offre.

À l'issue de la période de confinement, les perspectives d'achat DVD-Blu-ray sont favorables auprès des gros acheteurs vidéo :
- 37% envisagent d'acheter plus de vidéo dans les prochains mois.
- 47% autant.

Malgré la Covid, les éditeurs vidéo n'ont pas baissé les bras, maintenant leurs programmes éditoriaux, en digital et en physique.
Dès la réouverture des points de vente, les consommateurs ont immédiatement retrouvé le goût des supports, limitant l'impact sur cette période de l'absence de films récemment sortis en salle.

Le marché de la vidéo physique aura même observé la croissance du support High Tech UHD 4K, en progression sur 2020 !

À côté du support physique, la VàD "transactionnelle" apporte ses atouts complémentaires :

  • 2de fenêtre exclusive, comme le physique, sur les films récemment sortis en salle.
  • Possibilité de choisir sans engagement.
  • Portabilité des oeuvres, qualité HD, bientôt UHD.
  • Prix.

Le confinement aura au moins permis aux acteurs de la VàD de rencontrer de nouveaux publics, enregistrant une hausse estimée de la valeur TTC générée à +7% par rapport à 2019.
Au total, et malgré une année très difficile pour l'édition vidéo physique (estimée à -27% en valeur TTC par rapport à 2019), l'ensemble de la vidéo transactionnelle aura généré plus de 550 M€ de valeur TTC en 2020.

Et cela en complément des autres médiums, et sans s'opposer à aucun d'entre eux, et en contribuant aussi à l'économie de toute une filière de 10 000 emplois directs ou indirects.

En débloquant une aide exceptionnelle de 800 000 €, des modalités exceptionnelles de mobilisation des fonds de soutien et la possibilité de dérogations exceptionnelles à la chronologie, le CNC a récemment agi vite et fort pour accompagner les éditeurs, confirmant son soutien à la filière et nous l'en remercions à nouveau.

Les prochaines semaines sont cruciales pour la filière.
L'Appel des 85, qui est en cours de consolidation sous la forme d'une association, participera aux débats et chantiers de réflexion, au côté du SEVN, pour défendre la place unique de l'édition vidéo, en réinvention continue, soutenue notamment par :

  • Un engagement durable de l'autorité de tutelle sur les programmes de soutien à l'édition vidéo physique.
  • Le maintien d'une fenêtre d'exploitation exclusive d'au moins quatre mois avant toute ouverture d'autres fenêtres.
  • Un plan d'action concret dans la lutte contre la piraterie qui mine l'édition vidéo et bafoue les droits des auteurs.

Comme l'écrivait fort joliment Thierry Frémaux dans ces colonnes en octobre dernier : "(défendre le DVD) n'est pas un combat d'arrière-garde… Nous sommes des défenseurs passionnés du DVD : il correspond à une gourmandise, une pratique, un désir social."

*Étude Do The Right Films pour Universal Pictures (juin 2020).

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Falastus
Le 23 février 2021 à 18:32

Défendre le support physique, c'est aussi le proposer à des prix attractifs. Or, dans les 85 éditeurs, beaucoup trop vendent leurs éditions à prix d'or. Et toujours la même explication : le travail fourni. Mais il paraît qu'un cinéphile ne compte pas son argent quand il s'agit de profiter d'une belle œuvre sur une belle édition. Rarement j'ai lu une telle foutaise.

Maintenant, je mets les pieds dans le plat. La progression des ventes de blu-ray 4K ne peut pas masquer un marché de la vidéo physique qui se replit d'année en année, plombée par les stratégies commerciales foireuses des éditeurs et la prédominance de la VOD et la SVOD. Je continue à penser que réclamer, notamment au Ministère de la Culture, donc à Madame Bachelot, d'être perfuser lorsque l'on est un secteur qui en est là pour diverses erreurs, c'est une vaste blague. Penser que mes impôts serviraient à aider un secteur qui n'a pas su voir le digital qui arrivait à grande vitesse et n'a donc pas su se remettre en question me révulse allégrement. Les 800 000 euros du CNC, c'est déjà beaucoup trop...

Je continue et continuerais à acheter des DVD et des blu-rays mais je ne défendrais pas ce secteur. Vous avez votre analyse et j'ai la mienne. J'ai d'ailleurs déjà bien réduis mes achats en DVD et en blu-ray. Impensable il y a quelques années, mais c'est le signe que je ne suis plus en raccord avec les pratiques de ce secteur.

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Ludo_88
Le 25 février 2021 à 18:52

Un des problème vient que les Blu-Ray (je n'achète plus de DVD, je ne supporte plus l'image trop compressée et les couleurs fânées) sont de plus en plus basiques. Plus de sérigraphie sur les disques, plus de bonus ou pas sous-titrés, des menus basiques faits d'icones, des pistes son HD absentes quand ce n'est pas carrément la VF qui passe à la trappe. Et je passe sur les pistes son qui étaient en 5.1 et repassent en stéréo, voir des stéréos qui se retrouvent en mono sur les nouvelles éditions.

Le pire, c'est quand les ré-éditions sont plus pauvres, ou le Blu-Ray plus pauvre que le DVD !

Pas tous (j'applaudis Gaumont), mais certains éditeurs font de moins en moins d'efforts et vendent leurs disques toujours aussi cher ! Et les revendeurs étant de plus en plus rares, trouver de bons prix...

Et il ne faudra plus demander d'efforts à Disney. On comprend mieux les dernières éditions en Blu-Ray...

Il ne faut pas que les éditeurs n'oublient pas que tout le monde n'a pas un bon débit internet pour de la VOD de qualité... voir de la VOD tout court...

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