Joyeuses Pâques : le test complet du Blu-ray

1984. Réalisé par Georges Lautner
Avec Jean-Paul Belmondo, Marie Laforêt et Michel Beaune

Édité par Studiocanal

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Le 16/10/2017
Critique

Joyeuses Pâques

La cinquantaine florissante, Stéphane Margelle héberge, en l’absence de sa femme, une jolie jeune femme. Mais l’épouse rentre à l’improviste. Pour sauver la face, Margelle est obligé de faire passer son hôte pour sa fille.

Jean-Paul Belmondo démarre les années 1980 comme il vient de terminer la décennieprécédente, avec le réalisateur Georges Lautner (1926-2013). Si Flic ou voyou (1979) et Le Guignolo (1980) ont été de très grands succès populaires avec 3,9 et 2,9 millions d’entrées, Bebel va alors connaître trois des plus grands triomphes de sa carrière avec Le Professionnel (5,2 millions), L’As des as (5,5 millions) et Le Marginal (4,9 millions), qui se placent respectivement à la troisième, seconde et quatrième place dans son top 5, derrière Le Cerveau (5,6 millions). Des chiffres qui font rêver. Jean-Paul Belmondo tourne ensuite Les Morfalous (3,6 millions), pour la dernière fois sous la direction d’Henri Verneuil. Conforté une fois de plus par l’adhésion du public et même s’il se lasse de la comédie, Bebel retrouve Georges Lautner avec « l’envie de s’éclater » (selon les mots du cinéaste) après la noirceur du Le Professionnel. Ils jettent alors leur dévolu sur la pièce à succès Joyeuses Pâques de Jean Poiret, alors que le théâtre commence sérieusement à manquer à Belmondo. Comme l’enchaînement des tournages l’empêche de remonter sur les planches, c’est donc le théâtre qui s’invite au cinéma !

Joyeuses Pâques

Georges Lautner et Jean Poiret lui-même adaptent le vaudeville original qu’ils reformatent pour permettre à Bebel d’en faire ce qu’il veut. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il y a tellement tout et n’importe quoi dans Joyeuses Pâques, que le film ne ressemble à rien et demeure aujourd’hui l’un des pires films du comédien et du réalisateur. Belmondo est Stéphane Margelle, un riche industriel et surtout un séducteur âgé d’une cinquantaine d’années qui collectionne les conquêtes dès que son épouse Sophie a le dos tourné. Persuadé que cette dernière a pris l’avion dans la journée, il ramène chez lui Julie, 16 ans, qui ne sait pas où dormir. Mais une grève surprise empêche Sophie de partir et elle rentre à l’improviste en pleine nuit et les surprend. Pour s’en sortir, Stéphane fait passer Julie pour sa fille, issue d’un premier mariage dont il aurait oublié de lui parler. De ce mensonge vont en découler bien d’autres et Stéphane va s’empêtrer toujours davantage. De son côté, Sophie, peu dupe et qui ferme habituellement les yeux sur les frasques de son mari, s’amuse à le voir s’embourber et se prend d’affection pour la jeune fille qui se demande dans quel pétrin elle s’est fourrée.

Dès le pré-générique, tout part en sucette. Les cascades improbables s’enchaînent avec Bebel accompagné de Rémy Julienne (pour une fois à l’écran) qui défoncent un cabanon avec leur bateau, puis Bebel qui passe de femme en femme, Bebel qui nous refait la cascade du Guignolo avec l’hélicoptère, le titre apparaît et la musique de Philippe Sarde démarre. Si l’acteur n’a jamais tari d’éloges sur Georges Lautner (« Lautner avait le don pour la comédie. Il avait le sens du rythme. C’était un grand technicien. Il savait anticiper les mouvements des acteurs. C’était un grand, grand monsieur du cinéma. Il faisait l’idiot avec moi, mais il avait son film dans la tête. Il n’improvisait pas. », L’Express, février 2014), force est de constater que Joyeuses Pâques marque un tournant dans leurs carrières respectives puisqu’il s’agit de l’avant-dernier grand succès du comédien et le dernier pour le réalisateur.

Joyeuses Pâques

Joyeuses Pâques, c’est comme qui dirait le film de trop. Rien ne fonctionne, tout y est surligné, hystérique, fatigant, exténuant même, comme la séquence du restaurant indien. Non seulement le film est très mal écrit, on se demande même s’il y a vraiment eu un scénario, mais Jean-Paul Belmondo y est extrêmement mauvais et grotesque. Pas une seule de ses répliques ne tombe juste et sa prestation outrancière (volontaire il est vrai) et franchement gênante, se résume à s’agiter dans tous les sens, totalement en roues libres, en brassant de l’air, en moulinant des bras, en courant de droite à gauche. Si la fraîcheur de Sophie Marceau fait parfois mouche, Marie Laforêt parvient à s’en sortir avec élégance et son ironie passe bien devant l’abattage de son partenaire qui continue de s’époumoner et de se perdre dans le plus mauvais boulevard. Quant au dernier tiers, comme la pièce originale de Jean Poiret a été réduite au minimum et qu’il faut bien livrer un long métrage, Georges Lautner et son acteur ont purement et simplement décidé d’enchaîner à nouveau les cascades burlesques et cartoonesques en Fiat Uno dans les rues de Nice. Si elles sont évidemment réussies, elles n’ont absolument aucune légitimité, si ce n’est remplir du vide.

Il fallait vraiment s’appeler Belmondo pour réunir pas loin de 3,5 millions de spectateurs avec si peu. Lautner et Bebel collaboreront une dernière fois en 1992 pour L’Inconnu dans la maison, échec critique et commercial et dernier film du réalisateur.

Joyeuses Pâques

Technique - 5,75 / 10

L’édition HD de Joyeuses Pâques est disponible chez Studiocanal. Le DVD du film remasterisé était d’ailleurs déjà disponible chez le même éditeur depuis 2000 et avait été réédité avec une jaquette différente en 2007. Le menu principal est fixe et muet, triste, ne proposant que le lancement du film.

Aucun supplément. Pourtant, l’édition DVD comprenait un entretien avec Georges Lautner de 12 minutes, une galerie d’affiches/photos, des filmographies et des bandes-annonces.

L’élévation HD pour Joyeuses Pâques est frappante. Fort d’un master au format respecté et d’une compression AVC qui consolide l’ensemble avec brio, ce Blu-ray en met plein les yeux dès les premiers plans. La restauration est étincelante, les contrastes d’une indéniable densité, la copie est propre et lumineuse. Les détails étonnent souvent par leur précision, les gros plans sont détaillés à souhait, les couleurs retrouvent un éclat inespéré, le relief des séquences diurnes est inédit et le piqué demeure acéré du début à la fin, même si la définition flanche très légèrement sur les séquences se déroulant dans l’appartement, mais cela reste anecdotique. Un superbe lifting.

Le mixage DTS-HD Master Audio Mono instaure un bon confort acoustique. Les dialogues sont clairs, la propreté est de mise, les effets suffisamment riches, sans aucun souffle. La composition de Philippe Sarde bénéficie en plus d’un très bel écrin. Pas de sous-titres français destinés au public sourd et malentendant, ni de piste Audiodescription.

Joyeuses Pâques

Crédits images : © Photographe Vincent Rossell

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm

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