Et les Mistrals Gagnants : le test complet du Blu-ray

2017. Réalisé par Anne-Dauphine Julliand

Édité par TF1 Vidéo

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Le 01/02/2018
Critique

Et les Mistrals Gagnants

Ambre, Camille, Charles, Imad et Tugdual ont entre 6 et 9 ans. Malgré la maladie, ils continuent à rire, jouer, se disputer, rêver. A aimer la vie. Ambre, qui souffre d’hypertension artérielle pulmonaire, se passionne pour le théâtre et les garçons affrontent leur mal avec courage et humour…

Exceptionnel documentaire réalisé par Anne-Dauphine Julliand (auteure de Deux petits pas dans le sable mouillé en 2011 et Une journée particulière en 2013), probablement le plus beau de cette année 2017 et qui nous l’espérons se verra remettre le César en 2018, Et les mistrals gagnants est bouleversant, mais aussi drôle, animé par une immense sensibilité, solaire, positif, durant lequel le spectateur est invité à suivre le quotidien d’une poignée d’enfants atteints de neuroblastome, d’épidermolyse bulleuse, d’insuffisance rénale sévère… Des mots qui font aussi peur que la maladie qu’ils désignent, et pourtant, ces bouts de choux gardent un sourire extraordinaire, s’expriment sur la vie qu’ils croquent à pleines dents, car « être malade, ça n’empêche pas d’être heureux, rien n’empêche d’être heureux » comme le dit l’un des héros (car c’est ce qu’ils sont) de ce film chaudement recommandé.

Ambre souffre d’hypertension artérielle pulmonaire, mais joue du badminton et adore le théâtre. Malgré son neuroblastome, un cancer, Camille (aujourd’hui décédé) a une personnalité énergique et animé par un appétit de vivre très contagieuse. Charles est atteint d’une douloureuse épidermolyse bulleuse, une maladie génétique qui met à vif la moindre parcelle de son épiderme s’il n’est pas protégé. « Ma peau est aussi fragile que les ailes d’un papillon, comme du papier crépon » dit-il. Venu d’Algérie où sa vie était condamnée par la médecine, Imad, atteint de situs inversus (les organes inversés) et d’insuffisance rénale, attend une greffe de rein depuis deux ans. Tugdual, également atteint de neuroblastome, est un peu plus réservé que les autres héros de cette histoire, mais se livre doucement quand il s’épanouit dans son jardin, dont il prend soin avec délicatesse. Ils ont tous entre six et neuf ans et par-dessus tout, vivent dans l’instant, sans se soucier du lendemain.

Et les Mistrals Gagnants

Avec humour et surtout l’énergie de l’enfance, ils nous prennent par la main, nous invitent à entrer dans leur monde où ils nous font partager leurs jeux, leurs joies, leurs rires, leurs rêves, leurs soins. Sans utiliser de voix-off superflue et envahissante, Anne-Dauphine Julliand, qui a connu la perte de deux de ses enfants des suites d’une maladie orpheline, place la caméra à hauteur de ses gigantesques héros et leur donne la parole. Ce sont eux qui mènent la danse, qui imposent leur rythme aux prises de vues. Et les mistrals gagnants (titre en référence à la chanson Mistral gagnant de Renaud, que l’on entend dans le film) capture ces instants de vies, qui malgré l’adversité, continuent d’éclore. Les pathologies sont diverses, chacun réside dans un endroit différent en France, mais les portraits croisés témoignent de leur envie commune de s’amuser, de jouer, de rire avec leurs copains et leurs familles. Ces moments sont là, précieux. Et quand Anne-Dauphine Julliand filme ensuite ces enfants durant leurs soins intensifs, ils en ressortent grandis, donnant ainsi une vraie leçon de courage aux spectateurs adultes que nous sommes.

On les regarde, on les écoute, fascinés par autant de maturité et de lucidité face à leur maladie. D’une certaine façon, tous nous conseillent de retrouver cette innocence liée à l’enfance, afin de pouvoir vivre intensément l’instant présent. Si les parents et le personnel médical apparaissent parfois dans le cadre, la caméra ne quitte jamais nos protagonistes et reste focalisée sur eux, en s’attachant à de petits détails sensibles, un petit pied qui se balance, une main serrée, en se laissant guider par leur spontanéité. Il aura fallu un an de tournage, chaque enfant ayant été filmé séparément et pendant une dizaine de jours (non consécutifs) au total, à l’aide d’une seule caméra afin de ne pas perturber leur environnement. Sur 110 heures de rushes, Anne-Dauphine Julliand n’en a gardé qu’1h20. Mais ces 80 minutes sont précieuses et s’inscrivent parmi les plus belles vues au cinéma en 2017.

Et les Mistrals Gagnants

Généralités - 3,5 / 5

Le test du Blu-ray d’Et les mistrals gagnants, disponible chez TF1 Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé sur la musique du film.

Bonus - 3,5 / 5

Si vous avez aimé le film, nous vous conseillons de prolonger cette expérience en visionnant les suppléments présents sur ce Blu-ray.

Commencez par la formidable interview d’Anne-Dauphine Julliand (32’). Lumineuse et élégante, la réalisatrice aborde chaque étape qui l’ont mené à son premier documentaire, mais aussi et surtout sur les conditions de tournage. Avec des mots percutants et une immense sensibilité, Anne-Dauphine Julliand évoque les thèmes d’Et les mistrals gagnants, son propre vécu (elle a malheureusement perdu deux enfants atteints d’une maladie orpheline), la rencontre avec le producteur Edouard de Vésinne, le financement du film (un budget en grande partie couvert par près de 1 800 donateurs dans le cadre d’un financement participatif sur internet), les partis pris et ses intentions. Elle aborde également la rencontre avec les jeunes protagonistes, ses doutes (la peur de filmer frontalement certaines scènes du quotidien, comme le bain spécial du petit Charles), le rapport de confiance qui s’est instauré immédiatement avec les enfants et leur naturel face à la caméra. Enfin, Anne-Dauphine Julliand parle du titre, extrait des paroles de la chanson de Renaud, Mistral gagnant. Contactés, l’interprète et sa maison de disques ont alors tout fait pour lui faciliter l’utilisation du titre et de la chanson. Très émue, la réalisatrice clôt cet entretien en revenant sur l’accueil chaleureux des spectateurs.

Et les Mistrals Gagnants

C’est ensuite au tour du producteur Edouard de Vésinne de revenir sur Et les mistrals gagnants (16’). Si quelques propos font inévitablement redondance avec ce qui a été entendu précédemment, cette interview parvient malgré tout à la compléter. Nous retiendrons également la délicatesse du producteur, qui se souvient de sa rencontre avec Anne-Dauphine Julliand et comment cette dernière a su le convaincre de plonger avec elle dans cette aventure, alors qu’il n’avait jamais produit de documentaire. Les conditions de production et des prises de vue, les thèmes, les intentions de la réalisatrice, Edouard de Vésinne revient posément sur ces sujets, en indiquant qu’il s’agit d’une des expériences les plus intenses de sa carrière.

Sept à Huit, diffusée le 22 janvier 2017. Une introduction rappelle qu’Imad était en phase terminale en Algérie, avant que le petit garçon soit sauvé grâce à une campagne participative, qui a permis de recueillir des fonds, afin de l’envoyer se faire soigner en France. Drôle, franc, spontané, Imad répond aux questions du journaliste avec un naturel aussi éclatant que dans Et les mistrals gagnants. Une nouvelle leçon de sagesse, d’optimisme et de courage (« Dans la vie faut jamais se plaindre !  Vous pouvez quand même pleurer parfois car ça fait du bien ! »), durant laquelle Imad explique quelle est sa maladie.

L’interactivité se clôt sur trois modules vidéo (5’ au total) qui compilent les réactions de spectateurs à la sortie du cinéma (à Paris, Nîmes et des lycéens), la bande-annonce et un montage de projets d’affiches.

Image - 4,5 / 5

Tourné en numérique, Et les mistrals gagnants bénéficie d’une édition HD, qui parvient à restituer les volontés artistiques, un tournage vif à hauteur d’enfant afin de capter leur spontanéité, avec une belle précision. Le cadre est beau, la colorimétrie scintillante et le relief omniprésent.

L’encodage AVC consolide l’ensemble avec fermeté, le piqué est acéré, les ambiances chaudes et les contrastes denses.

Son - 4,0 / 5

La piste 5.1. est anecdotique et le soutien des latérales n’est palpable que sur les rares séquences tournées en extérieur, ainsi que lors de l’utilisation de la chanson de Renaud. Les scènes demeurent essentiellement axées sur les frontales, les latérales se contentant d’un écho très lointain. Pour cause de tournage brut, l’enregistrement sonore varie selon les conditions des prises de vue. Pour une meilleure homogénéité, la stéréo se révèle parfaite, percutante à souhait, cette piste donne finalement plus de corps à l’ensemble. Les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant sont au programme.

Et les Mistrals Gagnants

Crédits images : © TF1 Droits Audiovisuels

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm

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