Lutte sans merci : le test complet du DVD

13 West Street

1962. Réalisé par Philip Leacock
Avec Alan Ladd, Rod Steiger et Dolores Dorn

Édité par Sidonis Calysta

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Le 18/07/2016
Critique

Lutte sans merci

Agressé et blessé par cinq loubards, l’ingénieur Walt Sherill exige justice. L’enquête de la police étant trop lente à son goût, il prend lui-même les choses en main, de plus en plus aveuglé par une soif de vengeance qui lui fait perdre son emploi et met ses proches en danger.

En 1962, Alan Ladd a 49 ans. Pourtant, il en paraît dix voire quinze de plus. À la fin des années 1950, le comédien sombre dans l’alcool et les médicaments. Ridiculisé par la presse, enchaînant les films sans intérêt, Alan Ladd sombre petit à petit. Devenu producteur sur L’Aigle solitaire de Delmer Daves, il souhaite produire et interpréter le rôle principal dans Lutte sans merci (13th West Street), d’après la nouvelle The Tiger Among Us de Leigh Brackett, très connue pour avoir collaboré avec Howard Hawks sur Le Grand sommeil et Rio Bravo. Bien avant Un Justicier dans la ville (1974) de Michael Winner, Lutte sans merci engage le cinéma américain sur la voie de l’autodéfense. L’ancienne star de L’Homme des vallées perdues et L’Or du Hollandais, tire comme qui dirait sa révérence avec ce film réalisé par le britannique Philip Leacock, puisqu’il allait décéder prématurément en janvier 1964 à l’âge de 50 ans, suite à un mélange d’alcool et de somnifères.

Lutte sans merci

Lutte sans merci est un des premiers Vigilante du cinéma. Voir un homme d’une cinquantaine d’années, marié à une belle jeune femme, ayant une excellente situation (ingénieur en aérospatial) et vivant dans un confort petit bourgeois, mener sa propre enquête afin de retrouver les jeunes qui l’ont sauvagement agressé détonne dans le cinéma hollywoodien du début des années 1960. Fritz Lang avait déjà abordé ce thème dans reglement_de_comptes (The Big Heat) en 1953. Sans atteindre la grande réussite de ce film, le cinéaste britannique Philip Leacock (L’Homme qui aimait la guerre avec Steve McQueen) s’empare de cette histoire et livre un film singulier, loin des clichés. En effet, la bande de jeunes qui agresse le personnage principal sont des fils de bonne famille, bien instruits et éduqués, qui roulent dans de belles voitures décapotables. Si l’on pourra reprocher au film de manquer de rythme malgré sa durée de 75 minutes ou sa course-poursuite étrangement filmée en accéléré, Lutte sans merci étonne par sa violence brutale, notamment les deux fois où Walt se fait agresser, mais aussi quand sa femme est sur le point de se faire violer par le chef de la bande.

Egalement au casting, Rod Steiger, dont la carrière oscille encore entre le cinéma et la télévision, est génial dans le rôle de l’inspecteur de la division des mineurs qui mène l’enquête, dont les résultats ne sont cependant pas aussi rapides que le souhaiterait Walt. C’est en raison de cette lenteur administrative que Walt décide de prendre les choses en main, même s’il commet des erreurs comme poursuivre une voiture qu’il croit être celle de son agresseur, et dont le chauffeur s’avère en réalité une jeune fille innocente de 16 ans. Walt bascule et fonce tête baissée. Alan Ladd excelle et restitue formidablement la descente aux enfers de son personnage, qui devient implacable et sourd aux avertissements de sa femme, dont il met la vie en danger, et de l’inspecteur.

Lutte sans merci est une très bonne série B, superbement photographiée par le mythique chef opérateur Charles Lawton Jr. (3H10 pour Yuma, La Dame de Shanghaï), que l’on a plaisir à redécouvrir.

Lutte sans merci

Généralités - 4,5 / 5

Disponible chez Sidonis Calysta, Lutte sans merci intègre la collection Film Noir. Le visuel de la jaquette est très attractif et soigné, tout comme la sérigraphie du DVD. Le boîtier est glissé dans un surétui cartonné. Le menu principal est quant à lui animé et musical.

Bonus - 2,0 / 5

Patrick Brion reste fidèle à Sidonis et réalise une intéressante présentation de Lutte sans merci (8’). Notre critique de cinéma préféré se souvient avoir vu le film de Philip Leacock à sa sortie en 1962 et indique que la violence et le ton du film l’avaient redoutablement surpris à l’époque. Ensuite, Patrick Brion défend le film en le replaçant notamment dans la carrière d’Alan Ladd, en évoquant le casting et les thèmes abordés.

C’est ensuite au tour de François Guérif, critique de cinéma, éditeur et directeur de la collection Rivages/Noir, de revenir sur Lutte sans merci. Plus critique que Patrick Brion, Guérif déclare qu’il s’agit d’un film « un peu mou, avec une absence de rigueur et de punch, pas mauvais mais raté et qui manque de rythme ». Notre interlocuteur évoque la nouvelle dont est tiré Lutte sans merci, les thèmes, la carrière et l’homme tragique et blessé qu’était Alan Ladd. Les propos complètent parfaitement ceux de Patrick Brion, sans aucune redondance.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce (vo) et une galerie de photos.

Image - 4,0 / 5

Hormis un générique quelque peu vacillant et marqué par divers points, rayures verticales et tâches, Lutte sans merci se voit affubler d’un beau master restauré au format 1.33, qui fait la part belle à la superbe photo contrastée et aux magnifiques clairs-obscurs signés Charles Lawton Jr. La définition ne déçoit jamais, quasiment toutes les scories ont échappé au lifting, les scènes sombres et nocturnes (aux noirs intenses) sont logées à la même enseigne que les séquences diurnes, le grain cinéma est conservé sans lissage excessif, et le piqué demeure ciselé tout du long. Lumineuse, nette, précise, stable, l’image de Lutte sans merci tient toutes ses promesses et permet de revoir ce film méconnu dans des conditions techniques très soignées.

Son - 4,0 / 5

L’éditeur nous propose les version anglaise et française de Lutte sans merci. Passons rapidement sur cette dernière, étouffée et sourde, qui a toutefois bénéficié d’un nettoyage aussi complet que son homologue. Evidemment, notre préférence va pour la version originale, plus homogène et naturelle, tout aussi propre, sans souffle parasite. Le confort acoustique est largement assuré. Les sous-titres français sont imposés sur la version originale et le changement de langue verrouillé.

Lutte sans merci

Crédits images : © Sidonis Calysta

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm
Note du disque
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Franck Brissard
Le 26 juillet 2016
Lutte sans merci est un des premiers Vigilante du cinéma. Une très bonne série B, superbement photographiée par le mythique chef opérateur Charles Lawton Jr. (3H10 pour Yuma, La Dame de Shanghaï), que l’on a plaisir à redécouvrir.

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