Le Toboggan de la mort (1977) - Blu-ray

Version intégrale restaurée - Blu-ray + DVD

Rollercoaster

Pays : USA

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Le Toboggan de la mort
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Synopsis : Lorsqu’un accident mortel se produit sur des montagnes russes dans un parc d’attractions à Norfolk, Henry Calder, responsable de la sécurité, est chargé de l’enquête. Peu après, Calder apprend que le parc de Pittsburgh a été ravagé par un incendie. Il se rend alors à Chicago, où les directeurs des principaux parcs d’attractions tiennent une réunion d’urgence : l’un d’eux a reçu une cassette, sur laquelle un terroriste exige de recevoir 1 million de dollars, sans quoi d’autres parcs seront visés…

Durée

118' ()

Éditeur

Elephant Films

Distributeur

Arcadès

EAN

3700146552599

Sortie vidéo

Disponibilité

Disponible

Date de sortie en salle :

Studio

Universal Pictures

Contenu et Goodies
Version intégrale restaurée
Contient :
  • le Blu-ray du film (118’)
  • le DVD du film (113’)
Jaquette réversible avec affiche originale
Bonus vidéo
« Quand Harry rencontre Colombo… » : documentaire de Julien Comelli, journaliste en culture pop (23’)
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Avis et critiques

Il y a 1 avis sur cette œuvre  :

Les Avis des Lecteurs

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pak
Le 9 décembre 2017
Les années 1970 furent ce qu'on appelle un âge d'or du film catastrophe à l'américaine, avant de péricliter la décennie suivante, puis de revenir en force dans les années 1990 grâce aux progrès des effets numériques. La mécanique étant toujours un peu la même : une situation exceptionnellement dramatique vécue par quelques personnages parmi lesquels quelques-uns interprétés par de vieilles gloires d'Hollywood. Le concept du film catastrophe fut dérivé sous bien des aspects, souvent par le biais d'un moyen de transport, comme l'avion (la série Airport), le bateau (L'Aventure du Poséidon et sa suite, Le Dernier secret du Poséidon), en passant par le train (Le Pont de Cassandra) ou le dirigeable (L'Odyssée du Hindenburg). Évidemment les catastrophes naturelles ou cosmiques ne seront pas en reste.

Le Toboggan de la mort a pour originalité d'employer un moyen de transport aussi vain que ludique, puisque en quelques minutes, il vous ramène au point de départ, tout en vous ayant transporté, justement, dans des sensations où l'adrénaline le dispute à la peur et l'excitation, les montagnes russes donc, ou le roller coaster aux États-Unis (les américains n'allaient pas appeler ça russian mountains en pleine guerre froide ! ), pays qui possède les exemplaires les plus spectaculaires. De fait, ce film en profite pour nous montrer les parcs les plus représentatifs de l'époque, qui ont depuis encore grossi, tels le Kings Dominion en Virginie ou le Six Flags Magic Mountain qui compte aujourd'hui pas moins de 17 montagnes russes dont certaines battirent à leur ouverture des records de taille et de vitesse, tandis que d'autres proposaient des innovations comme les loopings. Ces parcs étaient alors très populaires et nouveaux : le Kings Dominion ouvrit en 1975, le Six Flags en 1971, et le premier Space Mountain de Disney fut opérationnel en 1974. Autan dire que ce film glissait sur des rails balisés vers le succès...

D'ailleurs, pour motiver le chaland, la réalisation du film fut pensée comme une attraction justement, avec l'intégration du procédé Sensurround, sorte d'équivalent sonore à l'image 3D sensé attirer foule en salles, déjà utilisé pour des films spectaculaires comme Tremblement de terre (1974) de Mark Robson et La Bataille de Midway (1975) de Jack Smight, et qu'on n'entendra plus après que dans Galactica - La Bataille de l'espace (1978 ) de Richard A. Colla, l'exploitation cinématographique du pilote de la fameuse série télévisée de science-fiction. Procédé qui fera donc long feu, car nécessitant de puissants amplificateurs, des enceintes spécifiques sous l'écran et à l'arrière de la salle, encombrantes au point d'obliger certaines salles à démonter les derniers rangs de sièges. Le Sensourround était sensé renforcer les effets liés aux vibrations, explosions, bruits sourds en tout genre, et plonger le spectateur dans l'action filmée, principe repris depuis avec d'autres technologies pour les cinémas dynamiques de certains parcs d'attractions. Cela nous vaut des scènes récurrentes de descente de grand huit tournées en caméra subjective, et diverses autres où les basses sont exploitées au maximum (hélicoptère, concert... ).

A la technologie s'ajoutent quelques noms connus à l'affiche. Henry Fonda, dans un rôle très anecdotique et qui disparaît vite de l'écran. Richard Widmark, autoritaire flic du FBI, mais finalement aussi accessoire que le précédent, puisque très peu influent sur le déroulement du récit, car c'est par le personnage de George Segal que le suspense et les rebondissements surviennent. Les deux premiers sont surtout là pour satisfaire le cota d'anciennes stars que tout film catastrophe se doit de respecter. Mais c'est George Segal l'atout majeur du film, en anti-héros bordélique à grande gueule, complètement à l'opposé du jeu de Timothy Bottoms, froid et calculateur qui, dans son rôle de terroriste, offre une subtile composition où transparait une certaine autosatisfaction, plus concerné par les réussites de ses plans que par les victimes qu'elles génèrent ou l'argent qu'il demande.

Sujet à la mode, argument technologique, acteurs connus... Le film avait a priori les atouts pour faire un carton au box-office. Sauf que le succès fut plus que mitigé. Le genre catastrophe, malgré le succès critique et publique de La Tour infernale de John Guillermin en 1974, commence déjà à décliner à partir de la seconde moitié des années 1970. Désintérêt aggravé par la sortie, deux semaines avant celle du Toboggan de la mort, d'un certain Star Wars, donnant au public américain l'envie de regarder vers les étoiles, plutôt que vers des frissons aisés à obtenir de visu dans un des nombreux parcs d'attraction.

Il faut dire que le résultat n'est pas bien passionnant. Le réalisateur James Goldstone, qui a principalement œuvré pour la télévision, a un indéniable sens du suspense, bien entretenu ponctuellement par un montage aussi malin que manipulateur. Ainsi la scène d'ouverture est porteuse d'une vraie tension durant laquelle on s'attend au pire à chaque seconde via un découpage presque sadique jouant sur nos nerfs, car on sait, on le devine, le drame n'est pas loin. Hélas, hormis ce genre de séquence (qu'on retrouve partiellement à la fin), et le moment du versement de la rançon demandée par le maitre-chanteur en plein jour au beau milieu d'un parc bondé et surveillé de toute part, le reste du film est d'une platitude bien déplacée pour une histoire sensée tenir en haleine.

Car le scénario tourne rapidement à vide, se concentrant sur son argument principal (et unique) : un terroriste sabote des attractions et exige une rançon aux propriétaires des parcs visés en l'échange de l'abandon de ses plasticages. Au-delà de ce postulat, le film ne propose rien d'autre. Pourtant, à l'écriture, on note les noms de Richard Levinson et William Link, qui ne sont autres que les créateurs de deux séries d'enquêtes qui vont longtemps perdurer : Arabesque et Columbo. D'ailleurs la trame du scénario démarre comme un épisode de Columbo : d'entrée on nous dévoile les circonstances du crime et son auteur, puis l'arrivée d'un enquêteur pour le moins fouineur. Mais la comparaison s'arrête là car, autant dans la série policière on nous montre les motivations (parfois limites) des meurtriers et les déductions (parfois tirées par les cheveux) de l'inspecteur, autant dans ce film on ne nous raconte pas grand chose. Il y a bien une tentative de poser le contexte familial du héros fureteur, père divorcé qui récupère sa fille le temps d'un week-end (Helen Hunt, qui du haut de ses 14 ans tenait son premier rôle au cinéma, après quelques apparitions télévisuelles, dont principalement la série Les Robinson Suisses en 1975-76), qu'il confie à sa nouvelle amie pendant qu'il recherche le terroriste, sauf que c'est très effleuré, et on ne comprend pas très bien pourquoi les scénaristes se sont échinés à faire apparaître et la fille et la petite amie dans le parc où le récit trouvera son dénouement puisque, à l'instar d'Henry Fonda au début du film, elles ne servent strictement à rien à l'intrigue, n'ayant aucun rapport avec le drame en route, comme si les auteurs avaient pensé à une autre fin qu'ils auraient abandonné en route...

Du coup on repense au personnage du terroriste, développé de manière très basique. On ne sait rien de ses motivations si l'on excepte la demande de rançon, peu satisfaisante vu l'acharnement qu'il met à concrétiser ses menaces. Pourquoi s'attaque-t-il à des parcs d'attraction ? Où et comment a-t-il appris à élaborer des bombes déclenchées à distance ? D'où sort-il tout son arsenal (plastic, électronique, micros... ) ? Tout au plus pouvons-nous deviner, via une scène où il dégomme les cibles d'un stand de tir de carabine à plomb, qu'il a un passé de militaire, mais c'est là plus extrapolation que véritable piste narrative. D'ailleurs la production a tout fait pour éviter que le public trouve un élément avec lequel s'identifier au terroriste (les années 1970 sont marquées par divers attentats, notamment en Europe et ses tristement célèbres années de plomb), il n'a même pas de nom, puisqu'au générique, il apparait seulement comme étant "Young Man", soit le "Jeune Homme"...

Mais le film se prend surtout les pieds dans le tapis avec son sujet car on sent les auteurs et les producteurs frileux, de peur d'aller trop loin dans les attaques des parcs. Car si les parcs d'attraction étaient alors à la mode et qu'il était donc tentant de faire de l'argent en montant un film à sensation en les choisissant comme décor principal, il ne fallait pas non plus effrayer la clientèle de ceux-ci, en étant trop réaliste ou en multipliant les accidents de manèges, mêmes provoqués intentionnellement (il est en ce sens rappelé constamment dans le film que les installations sont irréprochables et régulièrement inspectées). On se rappellera du traumatisme qu'avait provoqué la sortie en 1975 du film de Steven Spielberg, Les Dents de la mer (1975), pour éventuellement comprendre cette prudence...

Du coup, après une introduction sanglante (ou plutôt mortelle, car l'accident montré est assez édulcoré, et on est loin de la boucherie montrée dans l'introduction de Destination finale 3 qui en 2006 proposait un début similaire), le film de Goldstone est chiche en action, le second attentat étant évoqué hors champs (un incendie dont on voit fugacement quelques fumées), le troisième étant la scène finale dont je ne dévoilerai rien, ce qui est peu pour un film de quasi deux heures. Il est clair qu'après le début spectaculaire, tout est fait par la suite pour minimiser les scènes chocs, éviter de dégrader l'image des parcs d'attraction, ou du moins pour minimiser l'éventuelle dangerosité suggérée des montagnes russes. Mais en même temps, il faut faire frémir, inquiéter et entretenir le suspense. Une équation impossible à résoudre. Ce film catastrophe en perd beaucoup de sa raison d'être, et se transforme en thriller très basique avec pas mal d'incohérences : l'agent du FBI ne demande jamais de lancer une recherche sur des poseurs de bombes fichés, pas un instant il ne pense au lien militaire (voire policier) du rançonneur alors que fabriquer des bombes est une spécialité qui ne s'apprend pas vraiment sur les bancs de l'école ou aux cours du soir...

Le Toboggan de la mort est donc un film pas aussi spectaculaire qu'il le voudrait, affaibli par un scénario n'arrivant pas à compenser le manque d'action et de tension dramatique, dont la conclusion, aussi sèche qu'improbable, laisse le spectateur sur une impression mitigée, puisque de vrais moments de suspense alternent avec une consternante platitude, voire parfois un certain embarras du réalisateur : il n'a visiblement pas su comment gérer la prestation des Sparks, dont l'apparition est autant hors de propos qu'incongrue, filmés péniblement, eux-mêmes semble-t-il partagés entre la prestation sage et la folie (faut voir Ron Meal l'air hagard, figé devant son clavier qui, brusquement, détruit son tabouret sur la scène). Cette présence du groupe de rock est symptomatique du film : comme pour les roller coasters alors à la mode, les Sparks sont en pleine bourre et on espère sûrement attirer les jeunes en salles, et motiver des ventes de disques de la bande originale en sus au passage, mal leur en aura pris si tel était le cas puisque les chansons du groupe ne sont pas sur le disque de la bande originale, et on ne peut pas dire que Lalo Schifrin se soit foulé sur la partition qui ne se démarque pas du tout-venant disco de l'époque. Un film construit non pas pour durer, mais pour divertir sur le moment, celui de son exploitation au cinéma.

C''est peut-être l'une des raisons qui font que l'histoire est purement fonctionnelle, et il ne faut pas attendre le moindre regard critique, notamment sur la société du loisir comme dans son quasi contemporain Mondwest (1973) de Michael Crichton ou plus récemment la saga Jurassic Park. De plus le film est desservi par la technologie sensée le rendre attrayant, les moments spécifiquement tournés pour exploiter le Surround devenant inutiles dès lors que la diffusion est télévisuelle, à moins de posséder le matériel apte à reproduire plus ou moins bien ses effets sonores, ce qui est peu probable puisque seule une salle équipée le peut. Ces scènes se dévoilant du coup telles qu'elles ont été pensées, en gadgets, un peu comme leurs homologues visuelles en 3D ramenées en 2D : de l'inutile spectaculaire, confirmant qu'un film reposant uniquement sur un aspect technologique est une coquille vide. Là encore on est dans le divertissement de l'immédiat, ce qui donne au film, du moins au plaisir généré par sa vision, une sorte de date de péremption à très court terme.

Budgétisé à environ 9 millions de dollars, le film va tout juste rentrer dans ses frais aux États-Unis avec un peu moins de 9,5 millions de dollars de recettes. Il faut dire que deux semaines avant sa sortie new-yorkaise arrive dans les salles Star Wars premier du nom (m'enfin l'épisode IV désormais) et qu'il monopolise les entrées salles. En France, même punition : Star Wars sort le 19 octobre 1977, et Le Toboggan de la mort la semaine d'après. Erreur fatale, le film ne tiendra que quatre semaines à Paris, totalisant dans les 780 000 entrées hexagonales, dont à peine plus de 161 000 dans la capitale. Le Pont de Cassandra, sorti la même année, fera encore moins bien. Est-ce l'influence de Star Wars qui a biaisé les réflexions de certains studios au point de s'obstiner à continuer dans le cinéma catastrophe ? Toujours est-il que James Goldstone remettra le couvert avec Le Jour de la fin du Monde (When time ran out... ) produit par la Warner et qui sortira en 1980. Le film sera un tel four qu'il mettra un terme à la carrière cinématographique de Goldstone, et au genre à Hollywood pour une bonne quinzaine d'années...

Restent quelques moments forts (trop rares), et la curiosité de voir très brièvement quelques acteurs faire leurs premiers pas, comme Helen Hunt, Steve Guttenberg ou Craig Wasson, ou la prestation étrange des Sparks. Mais contrairement aux attractions montrées dans le film, une fois le film visualisé, on n'a pas tellement envie de refaire un tour...

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Images : Couleurs

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» Format, Boîtier
BD-25, DVD-9
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Zones du DVD : A, B, C
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