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Les chroniques de Riddick : au cinéma

Par François Chollier | Publié le
Les chroniques de Riddick : au cinéma

Film culte des fans de science-fiction, Pitch Black pouvait difficilement rester sans suite. Ce sera chose faite dans les salles le 18 août avec « Les chroniques de Riddick »… premier avis


L'affiche du film

Une lourde menace pèse sur l’univers. Planète après planète, les féroces Necrommongers étendent leur empire, ne laissant aux populations conquises qu’une alternative : se convertir ou mourir. Rares sont ceux qui osent leur résister.

Pourtant, de mythes ancestraux en obscures prophéties, l’ombre d’un improbable sauveur se dessine. Celle de Riddick (Vin Diesel), un guerrier sans pitié, sans remord ni attache. Un esprit malin tiré de son exil pour combattre le mal… par le mal.

Dans la bataille finale, il est dit que l’avenir de tous reposera sur les épaules d’un seul. Un Furyan. Et qu’aucune force au monde ne pourra plus empêcher le destin de s’accomplir. Le temps de la bataille finale est venu !

Twohy sur le plateau

Il n’a fallu que 3 films pour sortir David Twohy de l’anonymat. The Arrival, Pitch Black puis Abîmes et voici que cet obscur scénariste devenu cinéaste est propulsé subitement sous le feu des projecteurs. Pas n’importe lesquels !!! Ceux des fans absolus de Fantastique et de Science-Fiction, autrement dit les purs et durs… le genre de public qu’on ne convainc pas si facilement.

The Arrival - DVD
 
Pitch Black (Édition Spéciale) - DVD
 
Abîmes - DVD

Cependant, la méthode Twohy se révèle imparable. L’astuce : faire du neuf avec de l’ancien en sélectionnant parmi les meilleurs crûs. Pour The Arrival, Twohy se raccroche au V des Visiteurs. Tour de chauffe à la réalisation avec un Charlie Sheen prêt à toutes les fulgurances pour reprendre la main sur le gotha hollywoodien. L’expérience prometteuse fait les frais d’un scénario en demi-teinte et d’un budget très étriqué. Twohy décide de passer un moment la main et d’élever ses ambitions.

De son cerveau fertile naît Pitch Black qui engendre le héros misanthrope nyctalope qu’est Riddick. L’histoire se nourrit du sujet d’Alien et prend pour cible un groupe d’irréductibles survivants. Prenez une poignée de personnages en jambes, en muscles et en verve. Ajoutez y quelques scènes d’angoisse bien terrifiantes. Un héros pourri jusqu’à l’os et sérieusement porté sur la gifle un brin violente. Laissez infuser dans une atmosphère post-apocalyptique et vous aurez ce savoureux cocktail qu’est Pitch Black. A sa sortie, le film est un carton ! David Twohy un demi-dieu !!! Vin Diesel un acteur à la carrière florissante !!!

Riddick est de retour

Les afficionados conquis par le couple Diesel / Twohy réclament à corps et à cri une suite. Mais Diesel vaque à d’autres projets (franchisés) tandis que Twohy sur le devant de la scène avec un film que personne n’attendait. De la Science-Fiction, Twohy vire au Fantastique avec ce qu’il faut de tension et de frisson pour y apposer son style. Abîmes, coécrit par le brillantissime Darren Aronofsky (autre scénariste passé à la réalisation à qui l’on doit l’onirique Requiem for a Dream) voit le jour. Twohy ne perd cependant pas de vu Riddick. Une suite ? Pourquoi pas mais dans un style totalement différent.

Le cinéaste prend à nouveau par surprise. Pulvérisant les règles de la franchise, Twohy change de genre, de rythme et de tempo. Direction le Space Opera pour un savant mélange entre aventure et action. « Les Chroniques de Riddick » chassent ainsi à l’envie sur les terres de Roi (George) Lucas. Au menu, guerre des étoiles, aliens en tous genres, quête chevaleresque… et message politique au passage. Il était une fois dans une Galaxie lointoine comme si vous y étiez à ceci près que le héros est un anti-héros. Du moins, il nous est vendu comme tel car difficile dans ce brusque revirement de genre de ne pas y laisser des plumes. « Les Chroniques de Riddick » substitue à la brute sanguinaire un Riddick singulièrement assagi.

Le gentil Riddick

Trop gentil, trop héroïque, trop humain… à mi-chemin entre l’évocation Mad Maxienne et le cabotin Ian Solo. L’analogie n’est d’ailleurs pas un hasard tant certaines scènes empruntent à l’imagerie des originaux. (cf. la scène d’ouverture calquée sur la sauvagerie d’un Mad Max ou bien les scènes de prison rappelant la rocambolesque évasion de la Guerre de Etoiles). On l’aura noté : Twohy a changé de genre mais pas de méthode. Il pique, adapte puis rapièce, puisant son histoire dans le Best of du Fantastique et de la Science-Fiction.

Résultat : une irrépressible impression de fouillis envahit le film de sorte qu’on ne sait plus très bien où on est et ce que Twohy veut nous raconter. S’agit-il d’invasion ? D’ascension ? De rébellion ? D’humanoïdes ? D’aliens ? A trop vouloir en mettre, en ajouter et en surajouter, le cinéaste semble un moment se perdre. C’est alors qu’il recentre son histoire autour d’une scène de groupe dans un espace clos sur une planète hostile, histoire de revenir à ses fondamentaux (Pitch Black) puis il s’envole à nouveau vers une guerre stellaire qui, si elle manque de cohérence et de limpidité, a l’immense mérite de renouveler le genre. Nous voilà enfin dans l’espace pour autre chose qu’une gentille petite gueguerre tout public. Il va y avoir des larmes, des cris, de la violence et du sang. Logique puisqu’à l’image de Riddick, Twohy affectionne les personnages lunaires adeptes du combat sanglant.

Des décors impressionnants

Beaucoup, prisonniers du carcan hollywoodien qui régit (depuis La Guerre de Etoiles) le Space Opera, n’apprécieront que peu cet écart cinématographique. Les autres subiront un choc comparable à la découverte de Starship Troopers. Quel bonheur car même dans l’espace on peut encore visuellement et narrativement oser. Certes Twohy ne fait ni dans la dentelle ni dans la subtilité. (cf. statues fascisantes, pirates patibulaires, armée aux allures de croisées) mais à force de persévérance « Les Chroniques Riddick » enchaînent scènes après scènes avec une redoutable efficacité. La surrenchère d’action, d’aventures et de rebondissements palliant les incohérences d’un scénario un poil brinquebalant.

Ce fouillis efficace « Best Ofisant » capte l’attention du spectateur pour ne plus jamais la laisser retomber. Corps et bien happé par cette profusion de matière, on se laisse au gré de l’intrigue bercer par d’épiques combats, fasciner par ces différents univers, enthousiasmer par cet essai que Twohy s’est acharné à transformer. Le casting impeccable parachève l’ensemble. Thandie Newton, Keith David, Judi Dench donnent à ce puzzle saveur et couleur. Diesel cimente le tout. « Les Chronique de Riddick » sont un nouveau carburant qui boostera son atypique carrière en même temps qu’une chronique d’un succès estival annoncé !!!

M dans l'espace

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