La Vallée maudite (1947) - DVD

Édition Spéciale

Gunfighters

Pays : USA

La Vallée maudite (Édition Spéciale) - DVD

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Synopsis : Brazos Kane est une fine gâchette, célèbre dans tout l’Ouest. Tous les jeunes veulent se mesurer à lui ; un jour il blesse grièvement un de ses amis qui l’a provoqué et décide de ne plus porter d’armes et de quitter la ville pour refaire sa vie. Il part rejoindre son ami Bob Tyrol qui lui a proposé de venir travailler à son ranch. A son arrivée il trouve Bob mort. Les cowboys du ranch voisin essayent de lui mettre le crime sur le dos et de le lyncher. Il va donc devoir reprendre les armes…

Réalisation

Histoire originale

  • Zane Grey
  • d'après son roman "Twin Sombreros"

Scénario

Musique

Durée

Éditeur

Sidonis Calysta

Distributeur

Seven7

EAN

3512392706219

Sortie vidéo

Disponibilité

Disponible

Date de sortie en salle :

Studios

Columbia Pictures Corporation
Producers-Actors Corporation

Contenu et Goodies
Couleurs et pists audio restaurées
Boîtier DVD avec fourreau
Bonus vidéo
Présentation du film par Patrick Brion
Pépins

- Aucun connu à ce jour.

Avis et critiques

Il y a 1 avis sur cette œuvre  :

Les Avis des Lecteurs

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pak
Le 9 décembre 2017
Ce western fait un peu partie de la période que je qualifierai d'intermédiaire dans la carrière de Randolph Scott, alors que, vers la fin des années 1940, après avoir joué pour de grands réalisateurs tels que Fritz Lang (Les Pionniers de la Western Union, 1941), Michael Curtiz (La Caravane héroïque, 1940), Henry King (Le Brigand bien aimé, 1939) ou Charles Vidor (Les Desperados, 1943), il s’apprête à prendre son destin en main pour devenir producteur de ses films pour ne plus tourner que des westerns.

La Vallée maudite est un film assez déconcertant, à l’image de son début qui en quelques secondes souffle le chaud et le froid. Le chaud pour la couleur, alors que nombre de productions de l’époque utilisaient encore le noir et blanc, qui plus est si le budget était modeste. Ce n’est pas du Technicolor (du Cinecolor en fait, le concurrent, procédé déjà en fin de vie au moment du tournage puisque quasiment plus utilisé dès le début des années 1950), mais le chef opérateur Fred Jackman Jr. , vieil habitué des séries B et dont c’était l’un des premiers travaux en couleur, s’en tirant très bien, même si sur certains plans, les teintes sont parfois ternes ou bavent un peu (mais c'est sûrement lié à l'âge du film). Le froid parce que les premières secondes, la musique du générique se superpose aux notes d’un pianiste de bar pour former une espèce de brouhaha musical au point qu’on se surprend à saisir la télécommande de la télévision pour vérifier s’il n’y a pas un mélange de canaux audio du genre sons de la VO et de la VF : choix étrange en tous cas, et peu esthétique à l'oreille. Ce générique est représentatif de la suite. Une bonne idée, bâclée par son traitement. Par exemple cette introduction, tout en faisant défiler classiquement les noms du casting et des techniciens, raconte une histoire, montrant à travers une vitre de saloon une femme cacher une arme que son propriétaire furibond récupère. Puis un traveling suit ce dernier qui d’un pas décidé sort, traverse la rue, puis entre dans un bâtiment. La caméra reste alors sur la porte ouverte de ce dernier. On s’attend à des cris, des coups de feu, mais non, rien ne se passe durant quelques secondes. Finalement Randolph Scott sort du bâtiment, d’un pas tranquille, et après quelques mètres, le furieux sort à son tour, et l’apostrophe pour un duel : cette courte séquence résume la mise en scène de Waggner, des idées (ici traveling associé à un plan séquence, sans dialogues, mais avec des attitudes de personnages significatives) gâchées par un manque de rythme (le blanc de quelques secondes suffit à faire retomber une tension pourtant bien amenée) et de dynamisme alors que l’action filmée en demande. Cela est particulièrement visible et flagrant lors du morceau de bravoure du film, une agression à cheval particulièrement vicieuse suivie d’un pugilat. Lorsqu’un bad guy lance son cheval sur celui de Scott qui, surprit se voit désarçonné, tandis que le premier tente ensuite de le piétiner avec sa monture, la violence de la situation est très bien rendue. Mais lorsque les deux hommes sont à terre et en viennent aux mains, encore une fois la tension retombe car la bagarre est molle et mal réglée, les coups mal simulés, au point de voir l’hésitation des combattants. C’est à ce genre de moment qu’on perçoit la faiblesse du réalisateur, qui semble se contenter de l’à peu près, comme si une seule prise avait été tournée. Pour rester dans les productions à petit budget mettant en vedette Randolph Scott, lors de la sauvage bagarre à coups de pelles dans Les Aventuriers du désert sorti peu après, John Sturges montra une efficacité bien plus probante et impressionnante.

Mais le principal reproche qu’on puisse faire au film, c’est l’absence de véritable dimension dramatique malgré les évènements décrits. Randolph Scott n’y est pas pour rien, car pas tellement expressif. Lorsqu’il est censé découvrir son ami Tyrell assassiné, il ne montre aucune émotion, ayant comme premier réflexe de relever son chapeau pour réfléchir. Étrange attitude alors qu’on a compris que la victime était son seul proche. On retrouve cette absence d'émotion dans le traitement des relations entre les personnages. Mal exploitée, celle qui se tisse entre le personnage de Scott et les deux sœurs patine un peu dans la semoule. On sent l'auteur tenter d'apposer une certaine ambiguïté, notamment entre le héros et la sœur amoureuse de son bad boy de cowboy, le tout sous le regard assez impassible de l'autre sœur alors qu'elle est manifestement très attirée par cet étranger. Mais ça ne fonctionne pas vraiment, car sans aucune tension dramatique encore une fois, alors qu'on tenait là un jeu amoureux triangulaire au potentiel dramatique certain, où la confusion et la manipulation des sentiments auraient tiré qualitativement vers le haut ce western qui ne fait qu'effleurer le potentiel de ses idées d'écriture. Dans le même ordre, l'émotion aurait pu naitre des désaccords et déchirements entre ces deux sœurs et leur rancher de paternel omnibulé par son patrimoine terrien : avec un peu plus d'ambition, on frôlait là le drame shakespearien à la mode californienne (la Californie étant le principal lieu du tournage), d'ailleurs c'était assez orignal de composer cette riche famille de deux héritières alors que généralement, ce sont plus des fils qui se disputent (ou qui défendent) leur héritage. Une bonne idée moyenne exploitée.

Le scénario est en fait à l'image de la réalisation. Des intentions, mais qui tournent relativement court. Scénario pourtant signé Alan Le May (Les Tuniques écarlates, L'Odyssée du docteur Wassell) d'après le roman Twin sombreros (1940) de Zane Grey (certains nostalgiques de la collection Western des éditions du Masque / Librairie des Champs-Élysées se rappelleront avoir lu quelques-unes de ses histoires : L'Esclave rouge, La Dernière horde, La Piste des Cherokees), ce qui implique une certaine qualité de plume... Il y a d'autre part des bizarreries. Par exemple Scott découvre son ami tué au début, on le voit alors porter la victime pour l'emmener dans sa cabane. Puis la scène suivante nous le montre dans le ranch voisin pour annoncer le meurtre en exhibant la balle qui a tué. Ce n'est pas évoqué dans le film, mais pour récupérer cette balle, il a bien fallu qu'il charcute son ami. Il indique même à un moment que ce dernier fut tué d'une balle dans la poitrine. On image bien alors le découpage au couteau pour retrouver le projectile, qui, s'il a tué, devait avoir profondément pénétré le torse (on image jusqu'au cœur)... Comme dit plus haut, étrange réflexe... Balle qui va être au centre d'une autre bizarrerie : l'auteur tricote autour d'elle un imbroglio sur le fait qu'il faut la cacher (pour innocenter) et donc aussi la voler (pour accuser à la place de), qui n'aboutit finalement à rien, l'action et les revolvers prenant finalement la place d'une pseudo enquête avec une preuve bien aléatoire (je doute qu'à époque du récit, on puisse confondre un tueur grâce à une balle retrouvée dans un corps... ).

Enfin, l'idée que le personnage central soit un ancien pistolero qui dépose les armes car dégouté par les conséquences que sa réputation engendre était en soi un bon point de départ. Assez éculé désormais, c'était en 1947 assez peu évoqué dans les westerns. Hélas, c'est vite anecdotique. Si on excepte l'introduction, bien peu d'éléments le relient à son passé. Il semble bien trop aisément abandonner ses colts, alors que s'il a atteint une telle réputation au point que même son meilleur ami cherche à se mesurer à lui, c'est qu'il a eu un vécu de tireur qui la justifiait. Et on sait ce que cela signifiait à l'époque : des participations à des fusillades et donc un passé d'aventureux plus ou moins du bon (ou du mauvais) côté de la loi, un peu à la Wild Bill Hicock. Bref, le renoncement à ce mode de vie dangereux montré ici est trop simpliste. Seule une scène, très bien faite et sobre, décrit les doutes du héros, hésitant à prendre une arme posée devant lui, comme si la toucher provoquerait la crainte du souvenir de vieux démons, et le retour vers un passé hasardeux. Ceci dit, quelques minutes avant, on le voit apprendre à un jeune homme comment dégainer et tirer, démonstration à l'appui, ce qui retire un peu de crédibilité à ces doutes... Pourtant, c'est tout de même une belle idée de le faire apparaître la plupart du temps désarmé, face à des hommes plus ou moins belliqueux bien ennuyés de ne pouvoir le provoquer et qui tentent de le faire partir de la région.

Car le film a aussi ses qualités. Les décors naturels en premier lieu, évitant ainsi l'effet artificiel d'un tournage en studio trop voyant. Une bonne partie des scènes a été tournée dans le ranch Andy Jauregui, haut lieu de tournages westerniens entre les années 1930 et 1950 (enfin surtout dans les années 1930-40). Pour la petite histoire, le ranch était loué à Andy Jauregui, véritable cowboy assez connu en son temps aux États-Unis, qui fut aussi champion et producteur de rodéos. Le terrain appartenait à la compagnie pétrolifère Standard Oil créée par John D. Rockefeller, puis à la Chevron Corporation, l'un des compagnies créées lors du démantèlement de la Standard en application de la loi antitrust, en 1914. Suite au décès de Jauregui, en 1990, son épouse déménagea et la Chevron rasa la plupart des bâtiments hormis l'habitation principale. En 1996, la compagnie vendit le terrain au ranch voisin, le Golden Oak Ranch, appartenant à Disney, qui poursuivait alors une politique d'agrandissement de celui-ci, pour des besoins de tournage. C'est d'ailleurs l'un des derniers « studios-ranchs » existant, la plupart des majors américaines ayant vendus les leurs...

Puis il faut signaler les bonnes intentions des auteurs. Côté réalisation, celle de Waggner est rarement statique. De plus il fait régulièrement monter l'adrénaline de manière surprenante. Lors de la déjà citée agression à cheval que rien ne permet d'anticiper, même si sa conclusion est moins convaincante. Une efficace poursuite à cheval est aussi filmée avec punch. Bref l'action est assez rare mais bien menée. Le scénario n'en est pas avare non plus d'idées : le pistolero qui dépose les armes, le rancher et ses jumelles... La plupart des personnages s'écartent des archétypes habituels. Le propriétaire terrien ne ressemble pas à un vautour perfide et sanguinaire. Ses filles ne sont pas les énamourées placides ou des garces, elles sont mêmes, chacune dans leur genre, assez généreuses. La plus intéressante est Jane, prête à partir avec l'ex-pistolero pour éviter à son amoureux, employé et contremaitre du ranch, de se confronter avec lui. Cet employé, qui cherche avant tout à éloigner le gêneur plutôt qu'à le tuer, déjà embarrassé d'un meurtre : c'est à souligner car il est rare que dans le western de série B, le dialogue soit privilégié à l'action violente. Cet homme n'est d'ailleurs pas antipathique, ce qui nous évite un personnage caricatural, du genre tueur calculateur et froid : on le sent de plus vraiment attiré par cette Jane, mais pas par intérêt économique, ce qui élimine un éventuel cliché. Mais le protagoniste le plus intéressant est le rondouillard shérif, toujours jovial, qui n'a pas le physique de son emploi, très peu actif devant les évènements même si pas dupe, non pas parce qu'il est corrompu (et encore un cliché de moins), mais parce que c'est un malin qui préfère compter les points tout en étant clair sur la frontière légale à ne pas franchir, même si les actes paraissent légitimes, pour ensuite recueillir les éventuels lauriers... Quant au héros, comme on l'a vu, il a des réactions surprenantes. On le voit même torturer pour obtenir des renseignements : c'est dans ce genre de moment où Randolph Scott donne son meilleur, mâchoires crispées et regard assuré, dès lors où il son personnage a décidé d'agir, il est la détermination même. Un bloc de roc alors que quelques scènes auparavant, c'était un brave type. On aurait aimé d'ailleurs que cette ambivalence soit plus creusée et exploitée.

Alors certes il y a des faiblesses, pourtant si on est fan de westerns, ce film est agréable à regarder. C'est bien interprété, même si quelque émotion de la part de Randolph Scott aurait été bienvenue (mais ce n'est pas son genre), le réalisateur évitant à sa star un jeu trop compliqué en utilisant la voix off qu'on entend épisodiquement, sensée traduire les états d'âmes et tourments de son personnage, procédé assez nouveau pour un western. Cette voix-off rejoint les autres qualités ou tentatives techniques déjà citées qui font de ce long-métrage une œuvre un peu moins anecdotique que prévue, comme si le réalisateur et le scénaristes s'étaient amusés à tester des choses dans un genre cinématographique assez calibré à l'époque.

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