Mélodie en sous-sol : le test complet du Blu-ray

Édition Digibook Collector + Livret

1962. Réalisé par Henri Verneuil
Avec Jean Gabin, Alain Delon et Claude Cerval

Édité par EuropaCorp

Voir la fiche technique

Avatar Par
Le 16/12/2013
Critique

A peine sorti de prison, Charles, un truand à la retraite, refuse de s’acheter une bonne conduite. Ce dernier décide de monter un gros casse : le cambriolage du casino Palm Beach à Cannes. Pour mener à bien ce projet, Charles aura à ses côtés Francis, un jeune voyou sans scrupules et Louis, beau-frère de celui-ci. Chacun aura un rôle bien défini : Charles surveillera les salles du casino, Francis utilisera ses charmes pour visiter les coulisses du lieu et Louis sera le chauffeur des deux compères.

Monsieur Charles : Dans une situation tendue, quand tu parles fermement avec un calibre en pogne, personne ne conteste. Y’a des statistiques là-dessus.

Henri Verneuil définissait ainsi son duo d’acteurs vedettes de Mélodie en sous-sol : « D’un côté, un pachyderme. Lent. Lourd. Les yeux enfoncés sous des paupières ridées et, dans l’attitude, la force tranquille que confère le poids. Celui du corps. De l’âge. De l’expérience. Quarante ans de carrière. Soixante-dix films : Gabin. De l’autre, un félin. Un jeune fauve, toutes griffes rentrées, pas un rugissement mais des dents longues et, dans le regard bleu acier, la détermination de ceux qui seront un jour au sommet : Delon ». C’est en effet ainsi que le spectateur pourrait définir les personnages incarnés par Gabin et Delon. Le vétéran qui souhaite faire un dernier coup avant de se retirer, accompagné du jeune ambitieux. Henri Verneuil retrouve Jean Gabin après le succès d’Un Singe en Hiver et lui offre une fois de plus un rôle qui lui colle désormais à la peau, celui du cerveau en ébullition dans un corps un peu fatigué, qui souhaite passer le relais, après avoir mis au point le plus gros coup de sa carrière.

Monsieur Charles : Quand tu m’as dit que tu étais un tocard, j’t’ai pas cru, mais j’crois bien qu’c’est toi qui as raison. Faut jamais contrarier les vocations, la tienne c’est d’piquer les bicyclettes et d’baluchonner les chambres de bonnes.

Evidemment, Gabin étonne toujours autant par son naturel et sa force de caractère. Alain Delon, âgé de 27 ans, s’impose aisément face au monstre du cinéma français par son charisme animal. Ce duo fonctionne à merveille dans ce magnifique film d’Henri Verneuil. Mélodie en sous-sol mixe fabuleusement le film de casse à l’ancienne avec le renouveau du genre au début des années 1960. Le casse millimétré qui se déroule pendant près de vingt minutes, demeure avec celui du chef d’oeuvre de Jules Dassin, Du rififi chez les hommes, LA référence en la matière.

Michel Audiard signe de savoureux dialogues et transpose habilement la trame du roman original issu de la collection Série noire (The Big Grab par John Trinian) de la cote californienne à la Riviera française, Michel Magne expérimente et signe une remarquable partition qui fait étrangement écho à celle de la trilogie Fantômas, la mise en scène d’Henri Verneuil est toujours d’une suprême élégance… Quant à la fin, elle demeure dans toutes les mémoires.

Généralités - 5,0 / 5

Le superbe digibook renferme le Blu-ray du film, ainsi qu’un petit livret exclusif de 16 pages richement illustré, qui délivre quelques notes de production, tirées essentiellement des suppléments. Le menu principal est animé et musical.

Bonus - 3,0 / 5

En plus de la bande-annonce originale (en HD), nous trouvons un documentaire rétrospectif (HD - 31’) réalisé par Jérôme Wybon, ponctué de photos de tournage, ainsi que d’archives filmées sur le plateau comme les interviews d’Alain Delon et du réalisateur. Ce module croise les propos de Jacques Bar (producteur), Henri Verneuil (au son et à l’image altérés), Philippe Lombard (journaliste), Claude Pinoteau (assistant-réalisateur), Françoise Bonnot (monteuse). Ce module très bien fait passe en revue la genèse du projet (ou comment convaincre Gabin de sortir de chez lui), la transposition du roman The Big Grab par John Trinian, le casting (comment Delon a fait le forcing pour avoir le rôle), la rencontre de Jean Gabin et Alain Delon, la direction d’acteurs d’Henri Verneuil, le triomphe mondial du film, le tout marqué par de nombreuses et savoureuses anecdotes de tournage.

Image - 4,5 / 5

Force est de constater que nous n’avions jamais vu Mélodie en sous-sol dans de telles conditions. Les contrastes affichent d’emblée une densité inédite, les noirs sont profonds, la palette de gris riche et les blancs lumineux. Si les arrière-plans fourmillent quelque peu durant le générique, les fondus affichent une stabilité indéniable, le grain original est respecté, le piqué est souvent dingue et les détails regorgent sur les visages des comédiens.

Avec tout ça, on oublierait presque de parler de la restauration du film. Celle-ci se révèle extraordinaire, aucune scorie n’a survécu au scalpel numérique, l’encodage AVC consolide l’ensemble avec brio du début à la fin, y compris sur les séquences sombres et nocturnes (contrairement au Blu-ray d’Un singe en hiver), logées à la même enseigne que les lumineuses séquences diurnes. La photo du chef opérateur Louis Page (Un singe en hiver, Le Cave se rebiffe) n’a jamais été aussi resplendissante et le cadre large, ici le Dyaliscope, brille de mille feux. C’est la grande classe quoi ! Enfin, pour ceux qui auraient des idées et des goûts étranges, non, l’horrible version colorisée en 1994 de Mélodie en sous-sol n’est pas proposée sur ce Blu-ray, non mais alors !

Son - 4,0 / 5

L’éditeur est aux petits soins avec le film d’Henri Verneuil puisque la piste mono bénéficie d’un encodage en DTS HD-Master Audio. Si quelques saturations demeurent inévitables surtout sur la voix-off quand Jean Gabin expose son plan, l’écoute se révèle fluide, limpide et surtout saisissante. Le superbe thème musical signé Michel Magne est savamment restitué. Aucun craquement ou souffle intempestifs ne viennent perturber l’oreille des spectateurs, les dialogues sont clairs, même si certains échanges se révèlent parfois plus couverts et grinçants.

Les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant sont également disponibles, ainsi qu’une piste Audiodescription !

Crédits images : © Cité Films

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

3,3
5
1
4
1
3
0
2
0
1
1

Je donne mon avis !

Avatar
Franck Brissard
Le 12 décembre 2013
Pas de commentaire.
Avatar
cineberry
Le 16 septembre 2011
Pas de commentaire.
Avatar
yodvd
Le 2 septembre 2009
Je signale que cette édition DVD à un soucis technique d'encodage sur la version du film en noir et blanc : après quelques minutes de lecture et ceci jusqu'à la fin du film, l'image est saccadée dans les mouvements de la caméra et des personnages. Le système de codage est en mix entre un Pal trames entrelacées et un Pal progressif. J'ai constaté ce phénomène en lecture sur divers lecteurs de DVD de salon et informatique (5 lecteurs au total), et ceci avec 3 échanges de DVD Neufs de cette édition au magasin. Le quatrième échange à été le choix d'un autre film DVD. Dommage !

Lire les avis »

Multimédia

Proposer une bande-annonce

Du même auteur
(publicité)

(publicité)

En poursuivant votre navigation sur le site, vous acceptez l'utilisation des cookies pour vous proposer notamment des publicités ciblées en fonction de vos centres d'intérêt, l'affichage de vidéos ou encore le partage sur les réseaux sociaux.

OK En savoir plus