Le Gang : le test complet du Blu-ray

Combo Collector Blu-ray + DVD

1977. Réalisé par Jacques Deray
Avec Alain Delon, Nicole Calfan et Xavier Depraz

Édité par Pathé

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Le 16/07/2014
Critique

Le gang des Tractions Avant commence à opérer tout juste après la Libération de la France en 1944. A sa tête, Robert dit « le Dingue » organise de nombreux casses qui ont la particularité de ne jamais faire de victime. Les cinq amis mènent la belle vie avec les sommes amassées et le Dingue entame une idylle avec la belle Marinette sans craindre la riposte des forces de l’ordre complètement dépassées.

« Et la police, qu’est-ce qu’elle fait pendant ce temps-là ? »
« Elle se réorganise, madame ! »

Avec Flic Story en 1975, adapté du livre-mémoire de Roger Borniche, Jacques Deray et Alain Delon ont connu un de leurs plus grands succès avec près de deux millions d’entrées dans les salles. Deux ans après, le comédien et le réalisateur font à nouveau équipe pour Le Gang, également adapté d’un livre autobiographique de l’ancien inspecteur de police ayant participé à la répression du grand banditisme, qui raconte ici sa lutte contre le gang des Tractions Avant, mené par Pierre Loutrel, plus connu sous le nom de « Pierrot le fou », le premier ennemi public français.

Si Le Gang prend souvent ses distances avec la véritable histoire, notamment sur le sort réservé à Robert (inspiré par Pierrot le fou donc), presque victime ici de son romantisme, le film de Jacques Deray demeure plaisant à plus d’un titre. Il offre à Alain Delon, affublé d’une perruque bouclée imposée par l’acteur-producteur afin d’appuyer la folie de son personnage, l’opportunité de se renouveler et de s’essayer à un autre registre, à l’opposé de Flic Story. Car même si le personnage est visiblement atteint et violent, le comédien s’amuse et se révèle souvent léger dans sa prestation, presque bondissant. Le charme de Nicole Calfan, l’élégance d’Adalberto Maria Merli (loin du Minos de Peur sur la ville), la violence de Maurice Barrier et la gouaille de Raymond Bussière participent également à la grande réussite du film.

Il règne comme une insouciance dans Le Gang, celle de l’après-guerre, « au moment où l’Europe se remettait à vivre en paix » indique un carton en ouverture, où l’on retrouve ce plaisir simple d’être entre potes dans le jardin à boire un bon verre de rosé, même les gangsters. Co-écrit avec Alphonse Boudard, c’est pourtant la plume de Jean-Claude Carrière, qui avait déjà signé les scénarios de Borsalino et Un peu de soleil dans l’eau froide qui est palpable tout du long dans cette oeuvre méconnue. De son côté, Jacques Deray emballe soigneusement et efficacement le tout, épaulé par la photo de Silvano Ippoliti (À l’aube du cinquième jour, Sacco et Vanzetti) et la musique entraînante de Carlo Rustichelli. Cette sixième collaboration Deray/Delon tient une fois de plus toutes ses promesses.

Généralités - 3,5 / 5

Le test a été réalisé sur check-disc. Le menu principal est animé et musical. Cette édition contient le Blu-ray et le DVD du film. L’interactivité est la même sur les deux disques.

Bonus - 3,0 / 5

En plus de la bande-annonce, Pathé joint un petit documentaire rétrospectif de 20 minutes, intitulé Le Gang, variations sur un même thème, réalisé par l’indispensable Jérôme Wybon. Ce module croise les propos d’Agnès Vincent-Deray (femme de Jacques Deray), Olivier Rajchman (auteur de Delon/Belmondo : l’étoffe des héros), Henri Lanoë (monteur) et Thierry Chabert (assistant-réalisateur), ainsi que Jacques Deray et Alain Delon (qui parle de lui à la troisième personne) qui apparaissent à travers des images d’archives. Les anecdotes de tournage s’enchaînent sur un rythme soutenu et le retour sur ce film méconnu du duo Deray/Delon est très complet. Le cinéaste évoque la mise en route du Gang, du désir de Delon d’incarner un autre personnage pour se renouveler, d’où le port de cette perruque bouclée dont personne n’était fan. Mais bon, comme Alain Delon était le producteur…

Image - 4,5 / 5

Même si l’image de Borsalino & Co. était superbe, l’élévation HD est encore plus frappante pour Le Gang. Fort d’un master au format respecté et d’une compression AVC qui consolide l’ensemble avec brio, ce Blu-ray en met plein les yeux dès les premiers plans. La restauration des Laboratoires Eclair est étincelante, les contrastes d’une indéniable densité, la copie est propre et lumineuse. Les détails étonnent souvent par leur précision, les gros plans sont détaillés à souhait, les couleurs retrouvent un éclat inespéré, le relief des séquences diurnes est inédit et le piqué demeure acéré.

La définition flanche légèrement sur les scènes sombres, mais cela reste anecdotique. Un superbe lifting qui rend caduc le master SD édité il y a plus de dix ans.

Son - 4,5 / 5

Le mixage DTS-HD Master Audio Mono instaure un confort acoustique total. Les dialogues sont ici délivrés avec ardeur et clarté, la propreté est de mise, les effets riches et les silences denses, sans aucun souffle. La composition du mythique Carlo Rustichelli (Divorce à l’italienne, Séduite et abandonnée) jouit également d’un écrin phonique somptueux.

L’éditeur joint une piste Audiovision, ainsi que les sous-titres anglais et français destinés au public sourd et malentendant.

Crédits images : © Pathé

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm

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