3H10 pour Yuma (1957) : le test complet du Blu-ray

3:10 to Yuma

Réalisé par Delmer Daves
Avec Glenn Ford, Van Heflin et Felicia Farr

Édité par Carlotta Films

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Le 25/06/2015
Critique

3h10 pour Yuma

Suite à l’attaque d’une diligence, Ben Wade, un hors-la-loi bien connu de l’Arizona, est fait prisonnier dans une petite bourgade. Le shérif décide de remettre le malfaiteur aux mains de la justice mais doit agir en toute discrétion pour ne pas croiser le gang de Wade, bien décidé à délivrer leur chef. Dan Evans, un fermier endetté, marié, père de deux enfants, se porte volontaire pour escorter le hors-la-loi jusqu’à Contention City, où les deux hommes doivent prendre le train de 3h10 pour Yuma…

C’est ce genre de film qui nous fait aimer le cinéma, qui nous passionne, nous donne chaud au coeur et nous évade loin du quotidien. 3h10 pour Yuma est un des chefs d’oeuvres réalisés par Delmer Daves (1904-1977), réalisateur souvent oublié et sous-estimé, qui a pourtant signé de nombreux classiques tels que Les Passagers de la nuit (1947) aka Dark Passage avec Humphrey Bogart, qui est resté célèbre pour son usage de la caméra subjective, La Flèche brisée (1950) le premier western pro-indien, et 3h10 pour Yuma (1957). Superbe western adapté d’une nouvelle écrite par l’immense et prolifique écrivain Elmore Leonard parue en mars 1953, ce film placé sous haute-tension malgré sa quasi-absence d’action, repose sur la confrontation psychologique entre Glenn Ford, acteur fétiche de Delmer Daves, et Van Heflin (Le Rôdeur, Airport), eux-mêmes épaulés par de savoureux seconds rôles, dont Leora Dana dans le rôle de la femme de Dan, et Felicia Farr dans celui de la barmaid solitaire qui tombe sous le charme de cette crapule de Ben. Deux sublimes et bouleversants personnages féminins.

3h10 pour Yuma

Dans un des plus beaux N&B de toute l’histoire du cinéma, signé par le directeur de la photographie Charles Lawton Jr. (La Dame de Shanghaï), sur un montage sec, une mise en scène d’une suprême élégance et son cadre léché, 3h10 pour Yuma oscille entre le western proprement dit, le mélodrame, renforcé par la composition de George Duning, et le film noir avec les ombres étirées des personnages, qui pour la petite histoire étaient capturées chaque jour au moment où le soleil déclinait sur les plaines et les montagnes de l’Arizona. 3h10 pour Yuma agit comme un étau qui resserre et enferme progressivement ses personnages au fil du récit, jusqu’au face à face, une véritable guerre des nerfs, qui se joue dans une petite chambre d’hôtel, entre le prisonnier et l’homme qui le met en joue avec son fusil, en attendant l’heure du passage du train.

Glenn Ford et Ven Heflin sont absolument parfaits. A la fois, antagonistes et pourtant en parfaite alchimie, chacun respectant l’autre. Ben Wade envie la vie de famille de Dan Evans, tient en estime le fait qu’il ait travaillé toute sa vie pour pouvoir nourrir sa femme et ses enfants, et qu’il ait accepté cette mission pour gagner l’estime de ses fils, sans doute plus que pour la prime qui lui est promise - puisqu’il refuse de se faire acheter malgré une somme alléchante - tandis que Dan Evans admire le courage et le sang-froid de son prisonnier. Jusqu’à ce final absolument remarquable, peut-être une des fins les plus marquantes du 7e art.

En 2008, 3h10 pour Yuma a fait l’objet d’un remake très réussi, réalisé par James Mangold (Copland, Walk the Line) avec Russell Crowe et Christian Bale dans les rôles principaux.

3h10 pour Yuma

Généralités - 5,0 / 5

Le Blu-ray de 3h10 pour Yuma, édité chez Carlotta Films, repose dans un boîtier classique de couleur noire, glissé dans un surétui cartonné du plus bel effet. Le visuel de la jaquette est on ne peut plus élégant et attractif. Le menu principal est fixe et musical.

Bonus - 3,5 / 5

Delmer Daves par Michael Daves, 1ère partie : 3h10 pour Yuma (23’) : Michael Daves (né en 1939), fils de Delmer Daves évoque les premiers pas de son père en tant qu’acteur, scénariste puis réalisateur, avant de revenir sur l’un de ses plus grands succès, 3h10 pour Yuma à travers son casting, la collaboration entre son père et les comédiens, les partis pris esthétiques. Michael Daves partage ses souvenirs et raconte quelques anecdotes liées à divers tournages dont Le Passager de la pluie avec Humphrey Bogart.

The Shadows of noir : Phedon Papamichael à propos de 3h10 pour Yuma (24’) : En 2007, Phedon Papamichael signe la photographie de l’excellent remake de 3h10 pour Yuma réalisé par James Mangold, avec Russell Crowe, Christian Bale, Ben Foster. Dans cet entretien exclusif, le chef opérateur - on lui doit aussi les images de Sideways, Walk the Line, The Descendants et Nebraska - analyse le style visuel du film de Delmer Daves, proche de l’esthétique du film noir, en le comparant notamment à son remake, qu’il critique sur certains points. Phedon Papamichael n’oublie pas de rendre hommage au travail de son confrère, l’illustre Charles Lawton Jr., directeur de la photographie sur plus de cent films dont La Dame de Shanghaï d’Orson Welles et Cow-Boy de Delmer Daves.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce.

3h10 pour Yuma

Image - 4,5 / 5

Le nouveau master HD (codec AVC) restauré 2K au format respecté 1.85 de 3h10 pour Yuma se révèle extrêmement pointilleux en terme de piqué sur les nombreux gros plans, de gestion de contrastes (noirs denses, blancs lumineux), de détails ciselés (la sueur sur les visages), de clarté et de relief. La propreté de la copie est souvent sidérante, la nouvelle profondeur de champ permet d’apprécier la composition des plans de Delmer Daves, la photo signée par le grand Charles Lawton Jr. (La Dame de Shanghaï) retrouve une nouvelle jeunesse doublée d’un superbe écrin, et le grain d’origine a heureusement été conservé. Si quelques points ont pu échapper au scalpel numérique, les fondus enchaînés sont fluides et ne décrochent pas, la copie est stable, et l’ensemble ravit les mirettes du début à la fin. Quelle beauté !

3h10 pour Yuma

Son - 4,0 / 5

La version originale bénéficie d’un remixage DTS-HD Master Audio 5.1. Au premier abord on pouvait craindre le pire. Il n’en est rien, bien au contraire. Cette option acoustique séduisante permet à la superbe musique de George Duning d’environner doucement le spectateur pour mieux le plonger dans l’atmosphère du film. Les effets latéraux ajoutés ne tombent jamais dans la gratuité ni dans l’artificialité. De plus, les dialogues ne sont jamais noyés et demeurent solides, la balance frontale assurant de son côté le spectacle acoustique, riche et dynamique.

Mais que les puristes se rassurent, un excellent mixage DTS-HD Master Audio 1.0 est également disponible. Cette piste se révèle d’ailleurs plus percutante et propre que son homologue, la version française disposant également d’un encodage DTS-HD Master Audio 1.0 aux dialogues sensiblement grinçants, étouffés, et dont les effets annexes se révèlent beaucoup plus discrets.

3h10 pour Yuma

Crédits images : © Carlotta Films

Configuration de test
  • Téléviseur 16/9 Sony LCD Bravia KDL-32W5710
  • Sony BDP-5350
  • Ampli Pioneer VSX-520
  • Kit enceintes/caisson Mosscade (configuration 5.1)
  • TEST EN RÉSOLUTION 1080p - Diagonale image 81 cm
Note du disque
Avis

Moyenne

4,0
5
1
4
0
3
1
2
0
1
0

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Franck Brissard
Le 18 juin 2015
Superbe western adapté d’une nouvelle écrite par l’immense et prolifique écrivain Elmore Leonard parue en mars 1953, ce film placé sous haute-tension malgré sa quasi-absence d’action, repose sur la confrontation psychologique entre Glenn Ford et Van Heflin. Un chef d'oeuvre.
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Marc
Le 25 août 2009
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